Procès du putsch : Le « retour » du général Zida

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L’adjudant Jean Florent Nion est le second accusé, après Poda Ollo Stanislas Silvère, à faire cas de présumés faits de « corruptions » et de « tentative d’assassinat » sur les personnalités politiques et militaires. Ces faits seraient l’œuvre du général Isaac Zida, actuellement au Canada depuis la fin de la Transition politique au Burkina. Le mardi 3 juillet 2018, à la barre pour répondre de ses chefs d’accusation, le prévenu Jean Florent Nion a largement fait des révélations sur le Premier ministre sous la Transition.

Avant le coup d’Etat du 16 septembre 2015, l’adjudant Jean Florent Nion a informé qu’il y a eu des précédents. Des faits qui auraient contribué à détériorer le climat au sein de l’ex régiment de sécurité présidentielle (ex RSP) pour rendre le Coup d’Etat propice.

« Il y a eu des antécédents. Je voudrais que les chefs militaires qui sont là viennent pour discuter », relate l’accusé qui précise que le militaire qu’il est, tout en s’excusant, ne pouvait pas organiser une conférence de presse comme une Organisation de la société civile (OSC) pour étaler les « problèmes » au sein du corps.

« Ce Zida a tout simplement voulu empoisonner la troupe »

« Il y a eu des infiltrés entre nous au RSP. Les chefs militaires en savent quelque chose », a martelé l’accusé. En substance, voici ce que l’adjudant Jean Florent Nion pense du général Isaac Zida : « Ce Premier ministre Zida n’a pas cherché la cohésion au sein du RSP. Il nous a fait pleurer profondément à telle enseigne qu’on était obligés d’aller vers les sages (Collège des sages, ndlr). Ce Zida a tout simplement voulu empoisonner la troupe en donnant 25 millions à un cuisinier pour accomplir la mission », a poursuivi l’accusé avant d’être interpelé par le président du Tribunal qui lui recommande d’utiliser, entre autres, le terme « monsieur » et non « ce » pour désigner l’ancien Premier ministre.

Tout comme lors du procès Madi Ouédraogo (Plan d’évasion de la MACA, ndlr), des accusés dans le procès du Coup d’Etat de septembre 2015, font cas de présumées tentatives d’assassinats orchestrées par le général Isaac Zida. C’est le cas de l’adjudant Jean Florent Nion qui semble être formel quand il est passé à la barre, le mardi 3 juillet 2018. « Des ex (soldats du) RSP, parce que le corps est actuellement dissout, proches de Zida ont attenté à la vie des généraux. Ces jeunes qu’on a appréhendés avaient des armes individuelles et collectives qui ne portaient aucun numéro du RSP », indique l’adjudant Nion.

Pire, selon l’accusé qui semble ne pas tenir le général Zida en haute estime, « on a trouvé de la drogue, des véhicules qui démarrent avec des cartes magnétiques, tout ça donné par (Isaac) Zida ». Ces problèmes, à en croire l’adjudant, ont amené le Président Michel Kafando à faire recours aux sages et il cite des représentants de la communauté catholique, protestante, musulmane, l’ex Chef d’Etat-major général des armées, le général Pingrénoma Zagré et l’ancien Président du Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo.

« Nous savons qu’il y a des problèmes. Mais ça nous dépasse », aurait affirmé le général Zagré lors d’une réunion selon l’adjudant Jean Florent Nion. Le lundi 2 juillet 2018, lors de l’interrogatoire de Poda Ollo Stanislas Silvère, celui-ci avait entonné les mêmes accusations à l’endroit du général Zida sans trop faire de liens avec le coup d’Etat.

« … des prétendues intentions du général Zida »

En commentaire, Me Yanogo, avocat de la partie civile avait alors fait remarquer que « le procès actuel est celui du putsch et non des prétendues intentions du général Zida ». Me Farama, aussi de la partie civile, après les révélations de l’adjudant Nion le mardi 3 juillet 2018, a mainte fois répété que tous présents dans la salle n’aspirent qu’à la recherche de la vérité.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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