Procès du putsch : « Je ne peux pas dire que je regrette quelque chose »

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L’interrogatoire de l’accusé Soulama Seydou s’est poursuivi le mercredi 18 juillet 2018. L’accusé qui purge déjà une peine d’emprisonnement ferme de 10 ans pour son implication dans l’attaque de la poudrière de Yimdi affirme n’avoir pas de regrets pour les infractions qui lui sont imputées. « Je ne peux pas dire que je regrette quelque chose » parce que, dit-il, « je pense que c’est dans le cadre du service que je suis ici ».

Durant les deux jours d’interrogatoire de l’inculpé Soulama Seydou, soldat de 2e classe, son avocat, Me Mohamadi Sawadogo n’a exposé aucun mot allant dans le sens de la disculpation de son client. A chaque interjection du président du tribunal pour lui accorder la parole afin d’apposer ses commentaires ou poser des questions, Me Mohamadi Sawadogo a toujours répondu par la négative.

«…chiens de Blaise (Compaoré) et de (Gilbert) Diendéré »

Mais son client, très éloquent, s’est assez défendu en niant les griefs qui lui sont imputés. « Moi Soulama en tant que soldat formé et affecté au RSP, j’étais au service des chefs. C’est des ordres on m’a donnés et j’ai exécutés. On ne refuse pas les ordres de son chef. C’est ce qu’on m’a appris (…). Je trouve que je ne devrais pas être ici pour répondre à ces questions [parce que] j’ai exécuté des ordres », argue le soldat de 2e classe.

A la suite du soldat de 2e classe Soulama Seydou, un autre accusé, le caporal Drabo Hamidou, poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires et complicités de dégradation volontaires aggravées de biens, a été appelé pour s’expliquer. Assisté de Me Nyamba Seydou Roger, l’accusé a, en sus de réfuter les infractions faites à lui, affirmé ne pas se reconnaitre dans les déclarations contenues dans les procès-verbaux lus par le parquet militaire.  

Selon ses dires, c’est le 17 septembre 2015 qu’il est venu au Camp Naaba Koom II après un appel du Sergent-chef Koussoubé Roger. Arrivé il aurait vu son nom sur le tableau de garde, dans l’équipe du sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo et « j’ai embarqué dans son véhicule », dit-il. Pour missions, l’accusé Drabo reconnait avoir été de la mission du Studio Abazon. « Arrivé, on m’a donné un secteur à surveiller. Je n’ai pas vu que quelque chose se passait là-bas ».  

Ses allégations tranchent avec les procès-verbaux. Selon le parquet militaire, l’appel de Koussoubé daterait du 16 septembre 2015 et le caporal Drabo aurait participé à l’enlèvement des autorités de la Transition et au saccage du studio Abazon. Toute chose que l’accusé nie, arguant des méthodes d’interrogatoires illicites. « J’ai été torturé à la gendarmerie, attaché par les pieds et la tête en bas. On nous traitait de chiens de Blaise (Compaoré) et de (Gilbert) Diendéré », explique l’accusé Drabo qui purge une peine de 10 ans ferme à la suite du procès de l’attaque de Yimdi.

Après le passage du caporal Drabo Hamidou, un autre accusé s’est présenté juste pour être notifié des charges qui pèsent sur lui. Il s’agit de l’adjudant Michel Birba poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires. Il ne reconnait pas les infractions pour lesquelles il est poursuivi.

Lire 👉 Procès du putsch de septembre 2015 au Burkina : L’intégralité

Avant de clore la séance, le président du tribunal a livré deux listes de cinq noms chacune, correspondant à l’ordre de passage des accusés. Par ailleurs, il a informé qu’une pause sera faite du 28 juillet au 15 août 2018. Mais pour l’heure, rendez-vous est donné pour poursuivre les débats le vendredi 20 juillet 2018.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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