“Au Président du Faso”

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Ceci est une lettre ouverte d’un citoyen adressée au Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré.

À son Excellence Monsieur le Président du Faso,

Avec tout le respect que je dois à votre fonction de président de tous les Burkinabè,

Je vous envoie cette lettre en espérant qu’elle vous parviendra. Mon souhait n’est point de vous déplaire à travers mes mots mais juste attirer votre attention sur des sujets et des faits qui concernent votre gouvernance et la vie de notre nation.

Monsieur le Président, je commence par citer cet artiste burkinabè Jumas Sandwidi qui interpellait:  « Monsieur le Président, faites attention car tout retombera sur vous ». En tant que citoyen burkinabè, je n’ai aucun intérêt que tout retombe sur vous, Monsieur le Président.

L’on cherche le pouvoir pour apporter quelque chose à l’humanité. Pour le président Thomas Sankara: « On ne décide pas de devenir chef de l’Etat ; on décide d’en finir avec telle ou telle forme de brimade, d’exploitation, de domination. C’est tout ».

Être à la tête d’une nation est une lourde responsabilité. L’on peut ne pas tout voir mais l’on ne doit pas refuser de tout entendre.

En démocratie, un président n’est pas forcément l’espoir d’un peuple. Le peuple peut demeurer l’espoir d’un président. Si ce peuple est désespéré alors le président reste déboussolé. Tout pouvoir doit être orienté vers la satisfaction des préoccupations de son peuple. Le président est au service du peuple et jamais le contraire.

Monsieur le Président, votre gouvernance est faite de velléités politiques et  d’intentions flatteuses car non pérennes. Vous ne serez peut-être pas cité parmi les présidents dictateurs mais vous risquez de ne pas non plus être cité comme exemple parmi les présidents qui se sont sacrifiés pour leur peuple et pour toute l’humanité.

Vous êtes, peut-être, l’espoir de votre clan politique mais beaucoup de Burkinabè voient en vous un homme sans ambition pour sa nation. Au lieu de servir votre nation toute entière, vous avez préféré servir votre famille politique. Le placement est bien judicieux car vos hommes sont bien heureux à la tête des différentes institutions républicaines. Vous avez même eu l’ingéniosité de fabriquer d’autres institutions à la taille de vos serviteurs loyaux.

 Mais le peuple n’est pas dupe car tout est vu et tout est su. Vous oubliez peut-être une chose, votre vision politique est tombée en désuétude. Le Burkinabè, aujourd’hui, est en avance sur son temps et l’éveil des consciences n’est pas général certes mais est toujours en veille. C’est bien possible que la politique soit salvatrice pour des nations au lieu qu’elle soit utilisée contre les peuples et transformée en art d’ignominie et de subterfuge dégradant pour toute l’humanité.

 Monsieur le Président,  à propos de la liberté d’expression et le vœu de monopole de la pensée, je ne connais aucune nation au monde qui a sombré à cause de l’excès de la liberté d’expression. Mais, je connais assez de régimes politiques qui ont chuté à cause de leur entêtement à vouloir confiner la liberté d’expression des masses laborieuses. Mieux vaut au roi qu’il sache ce que son peuple pense de lui que de se contenter des mensonges de son entourage.

Le défi du Burkina Faso post-insurrectionnel est incommensurable et vous seul ne pourrez pas, quel que soit votre engagement car votre passif du passé est un véritable obstacle.

Si je pouvais vous rencontrer en tête à tête, Monsieur le Président, j’allais vous suggérer d’éviter de servir d’escalier à des prédateurs politiques aux ambitions voraces et démesurées. Ne soyez point une marionnette des temps modernes car téléguidée de toute part et ne saura nulle part où aller.

Vous pourrez surprendre vos disciples et même le Burkina Faso tout entier en empruntant le chemin de l’ancien Président français François Hollande qui est honorablement sorti d’une gouvernance si difficile. Ce n’est point une faiblesse de reconnaître ses insuffisances. C’est plutôt une grandeur d’esprit dont l’humanité se souviendra éternellement.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de toute ma gratitude.

Le citoyen Traoré Abdoulaye Fundjé



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