Ministère de la famille : Le SYNTAS « s’insurge contre l’offensive répressive »

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Le Syndicat des travailleurs de l’action sociale (SYNTAS) et le comité de la confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) « s’insurgent contre l’offensive répressive » de la ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille à l’encontre des libertés syndicales et invitent les techniciens à faire valoir leur compétence. A défaut, qu’ils rendent le tablier.   

Sur arrêté de la ministre Hélène Marie Laurence Ilboudo/Marchal,  247 agents dont des militants du syndicat dudit ministère, ont été suspendus. Motif ils «n’ont pas déféré à des réquisitions lors de notre grève de 96 heures » d’avril 2018. Les chiffres avancés par Abdoulaye Ouédraogo, secrétaire chargé des questions professionnelles et culturelles, il ressort qu’à Yako, ils sont 9 sur 18 dont 7 chefs de services à être visés par l’arrêté.

Le syndicat parle d’« offensive répressive ». « Dans ces arrêtés de suspension, il y a un certain nombre de responsables syndicaux de provinces ou de régions qui sont concernés (…). Ce qui pour nous n’est pas logique parce qu’il y a des dispositions qui protègent certain nombre de responsables syndicaux ». Une disposition que « l’autorité a foulé au pied », s’insurge le syndicaliste. Mais promet Jean Baptiste Badolo, secrétaire chargé de l’éducation et de la formation syndicale, « elle ne pourra jamais mettre le SYNTAS et le comité CGT-B sous ses pieds ».

Invoquant des dispositions de la loi 45-60 portant règlementation du droit de grève des fonctionnaires et agents de l’Etat et de l’article 161 de la loi 2015-081/CNT portant statut général de la fonction publique, le syndicat prévoit recourir au tribunal administratif pour invalider « les réquisitions manifestement illégales » qui fondent le recours de la ministre, qui « fait non seulement preuve d’abus d’autorité mais également de détournement de pouvoir ».

« En clair, dénonce Juste Logobana, Hélène Marie Laurence Ilboudo/Marchal est la tête de proue dans la mise en œuvre de la logique implacable du pouvoir MPP qui marque une offensive répressive pour étouffer l’esprit de lutte du peuple qui a conduit à l’insurrection populaire et la résistance au putsch de type fasciste du général Gilbert Diendéré en vue de briser et de détruire les organisations syndicales ».

De l’opération retrait des personnes en situation de rue

L’« opération a véritablement été montée dans la clandestinité », s’étonnent encore les responsables du SYNTAS selon lesquels jusqu’à la dernière rencontre où les informations substantielles devraient être livrées aux travailleurs, rien n’était encore clair. En effet le jeudi dernier lors de la rencontre face aux « volontaires » désireux de prendre part à l’opération, le ton était monté d’un cran entre un éducateur spécialisé qui disait n’être au courant de rien alors qu’il est agent du ministère.    

La manière de procéder au retrait est d’« un théâtralisme assez inquiétant » observe d’un côté le secrétaire chargé de l’éducation et de la formation syndicale. Elle est « mystificatrice et charlatanesque » qualifie le secrétaire général du syndicat alors que poursuit-il, « le travail social est une science » qui ne relève pas de la compétence de charlatans. « On veut faire de l’action sociale spectacle » finira par dire Juste Logobana qui dit être de «  ceux qui rêvent qu’un jour ces centres d’accueil pour personnes en détresse, on va les transformer en centres d’apprentissage ».

Sortir de sa zone de confort

Il n’y a pas que l’attitude de la cheffe de département qui a été dépeinte par les conférenciers. Celle de ses proches collaborateurs qui sont à l’origine de la prise de certaines décisions a été passée à la loupe. Ce qu’il y a de reprochable à l’activité de retrait des personnes en situation de rue, « c’est qu’elle a littéralement foulé au pied toute la technicité, toutes les compétences et tous les outils » avance Juste Logobana. Pour le syndicaliste, « la ministre fait du professionnalisme un problème parce que les avis techniques ne sont pas acceptés à son niveau ».

Chargé de l’éducation et de la formation syndicale, Jean Baptiste Badolo n’en revient toujours pas. L’arrêté du ministre qui a conduit à la suspension d’agents dont des secrétaires généraux de sections provinciales et des coordonnateurs régionaux lui pose problème.

Le syndicaliste ne cache pas son étonnement face à la situation. Les « techniciens à côté d’elle qui ne peuvent pas lui dire la vérité, qui mettent leur esprit au cachot » auraient dû la dissuader de prendre l’arrêté. Visiblement peiné, estimant que « c’est dommage » ce qui se passe, il pose : « je peux être d’un bord ou d’un autre mais assumer ma technicité, assumer ma charge de cadre. Si on n’a pas besoin que je puisse assurer ma charge technique, je me retire ».

Oui Koueta                                                     

Burkina24

Oui Koueta

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