Burkina: Débats sur l’impact du budget alloué à l’éducation

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Dans le cadre du Projet de gouvernance économique et de participation citoyenne (PGEPC), l’Association des journalistes du Burkina (AJB) a organisé une 3e conférence publique ce 17 août 2018 à Ouagadougou. Cette fois, les panelistes et les Hommes des médias ont analysé les budgets alloués à l’éducation et leur impact sur l’accès, le maintien à l’école et la réussite scolaire.

C’est le Directeur général des études et des statistiques sectorielles (DGESS), Dr François Sawadogo, qui a ouvert le bal des communications ce 17 août 2018. Par rapport aux données budgétaires allouées au secteur de l’éducation, le technicien note une évolution significative sur les cinq dernières années au Burkina Faso.

19,36 % du budget de l’Etat ont été alloués à l’éducation en 2017. Spécifiquement, de 209 milliards de FCFA en 2014, il fait comprendre que le budget alloué à l’éducation est passé à 432 milliards en 2017 et à 415 milliards en 2018. « Mais, ce budget reste toujours en deçà des attentes budgétaires », a reconnu le Dr Sawadogo.

En dépit des efforts du gouvernement et de ses partenaires, plusieurs goulots d’étranglement subsistent. Le DGESS a en effet soulevé des préoccupations majeures dans le secteur de l’éducation, à commencer par celle des infrastructures.

Il est ressorti dans sa communication que plus de 4.500 salles de classes sous paillotes ont été répertoriées en 2015 sur le territoire burkinabè dont plus de 1.200 ont été résorbées sous le régime Kaboré. Toujours est-il qu’il existe des localités qui ont besoin d’écoles, tandis que dans d’autres notamment au Nord, il existe des écoles non praticables ou tout simplement fermées.

Le CEP toujours attendu dans certaines localités du Nord…

En comptant sur la bonne volonté des autorités et de leurs partenaires, il espère que le pays viendra à bout des insuffisances de ressources qui persistent et de l’insécurité qui sévit les populations. Le représentant du monde syndical, Abdoul Karim Bikienga, a estimé le niveau d’exécution global des activités du MENA à environ 71,2% en 2017.

Nonobstant quelques résultats salutaires, le Secrétaire général adjoint du Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB) note une faible déconcentration de l’exécution budgétaire, un manque de rigueur, plusieurs difficultés dans la livraison des manuels scolaires, une mauvaise qualité des infrastructures, de mauvaises conditions de vie et de travail des enseignants.

« Malgré des performances enregistrées, les indicateurs sont en deçà des cibles visées par le PDSEB », a déclaré pour sa part Tahirou Traoré, représentant des organisations de la société civile. Pour ce dernier, il urge de mettre l’accent sur le management, le suivi-évaluation, le devoir de redevabilité et une meilleure répartition des ressources.

Le Coordonnateur de la Coalition nationale pour l’éducation pour tous pense également qu’il faudrait accélérer la réforme des curricula, lutter contre les disparités entre les régions en matière d’accès, d’équité et d’achèvement, développer l’enseignement et la formation techniques et professionnels, renforcer la sécurité notamment dans le Nord et développer l’éducation non formelle.

« Nous espérons que les enfants qui n’ont pas encore pu composer le CEP (Certificat d’études primaires) cette année dans le Nord pourront le faire en septembre prochain », a-t-il formulé.

Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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