Lieutenant Koné Daouda : « Le RSP était la bête à tuer »

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Le réseau social Facebook a été évoqué lors de l’audition du lieutenant Koné Daouda Beyon 2 le vendredi 17 août 2018. Pendant la période du coup de force de l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP) en septembre 2015, le lieutenant Koné Daouda Beyon 2, accusé, a sollicité l’aide d’un de ses amis pour une publication sur ce réseau social qui a été également l’un des terrains de lutte entre anti et pro putsch.

« J’ai demandé un service à un ami. Je lui ai dit de faire une publication (sur Facebook) pour dire que quatre véhicules de type 4×4 étaient en direction de Bobo-Dioulasso », a expliqué le prévenu Koné Daouda Beyon 2. Le but de cette manœuvre, « dissuader » les militaires des autres garnisons en provenance de l’intérieur du pays pour contrer le coup de force.

« Dans l’armée, on dit qu’il ne faut pas rentrer dans la tête du chef. Le chef donne des ordres et le subalterne exécute. C’est tout. Pour moi, tous les ordres que mes chefs donnaient étaient bien pensés »

Lieutenant Koné Daouda Beyon 2, le 17 août 2018

Les enquêteurs se sont appuyés sur l’expertise des téléphones portables de l’accusé pour ressortir les messages qu’il a échangés avec son ami. Et selon le rapport, l’ami en question a refusé le service demandé par l’officier de l’ex RSP. Partant, la publication n’a jamais été faite, mais les traces de la demande demeurent via les SMS échangés.

« Pour tout dire, je craignais de les rencontrer sur mon chemin. J’avais peur pour ma vie. Je ne voulais pas rencontrer ces militaires sur mon chemin », relate l’accusé parce qu’il devrait effectuer une mission « pour aller alimenter des éléments (du RSP en poste) à Yimdi. Mais la mission a été avortée ». Du pourquoi de sa « peur », l’accusé indique « le RSP à l’époque était la bête à tuer ». Mais le Parquet militaire avait un autre entendement à propos de la publication sur le réseau social. S’appuyant sur les PV, selon le parquet, l’accusé voulait s’adonner à une « campagne médiatique » pour faire de « la diversion et de la dissuasion ».

« On me demandait de tuer le général »

L’inculpé nie les faits. « J’ai peut-être utilisé des mauvais termes pour me faire comprendre », se défend le lieutenant avant d’affirmer qu’il a reçu des menaces par les mêmes canaux. « Il y a des menaces où on me demandait de tuer le général sinon au cas contraire, ils vont balancer des roquettes sur Naaba Koom », soutient Koné Daouda Beyon 2.

Celui qui concevait le coup d’Etat de septembre 2015 « comme les autres crises au RSP » a indiqué n’avoir appris l’existence du coup de force que « vers le 20 – 21 septembre (2015) » via une publication sur Facebook faite par un membre du Balai citoyen. Aussi, il déclare n’avoir jamais écouté ni à la radio ni à la télévision, la déclaration de proclamation du Conseil national pour la démocratie (CND) actant le putsch.

Lire 👉 L’intégralité du procès du putsch de septembre 2015 au Burkina

Ces déclarations ont induit un commentaire de Me Yanogo, avocat des parties civiles : « je ne crois pas que ce soit un civil qui va montrer à un militaire, de surcroît un officier du RSP qu’il y avait un coup d’Etat ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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