Procès putsch: « Désolé, notre armée est moderne et exemplaire »

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Au Tribunal militaire, chacun a son tour devant le Juge Seydou Ouédraogo. C’est un parachutiste-commando spécialisé en pilotage moto qui s’est présenté à la barre ce mercredi 22 août 2018. Le Sergent Ouédraogo Zoubélé Jean-Martial a nié les griefs à lui reprochés.

Dans le cadre du procès du putsch fomenté notamment par l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), chaque accusé se défend comme il peut. « Evènements », « crise au RSP », « attaque à Kossyam », « problèmes entre les chefs militaires »,… sont autant de termes choisis par les mis en cause pour exprimer le coup d’Etat.

Le Sergent Ouédraogo Zoubélé Jean-Martial a évoqué ce 22 août 2018 une rumeur d’attaque à Kossyam le jour du coup de force. Né en 1988, il est célibataire, père de deux enfants. Il se dit jamais condamné, mais décoré de la médaille commémorative avec agrafe Soudan.

Il est poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires. Le Sergent n’a reconnu aucun des griefs portés contre lui. Il explique que dans la soirée du 16 septembre 2015, il a assisté au rassemblement. Et qu’il a été désigné par l’Adjudant Kini pour une mission d’escorte et de sécurisation du poste de garde.

« Il présente l’armée burkinabè comme une armée archaïque, moyenâgeuse »…

Le 17 septembre matin, sur ordre du Lieutenant Gorgo, le pilote-moto a encore assisté à une mission à la Place de la Nation. « On est allé se renseigner si effectivement des éléments du RSP y étaient. Je me suis calé un peu de temps avant de rentrer au Camp Naaba Koom II, toujours à moto. Je suis resté au camp jusqu’au 25 septembre. Je n’ai vu ni entendu quelqu’un tirer », se défend le Sous-officier.

Le Caporal Lankoandé Seydou, entendu hier, était avec le parachutiste-commando qui ajoute n’avoir pas vu ce dernier « fouetter » un manifestant. « J’ai vu Lankoandé descendre du véhicule. Je croyais qu’il voulait se dégourdir les jambes », se rappelle le Sergent Ouédraogo Zoubélé.

Pour le Ministère public, l’accusé agit à hue et à dia. Selon l’un des magistrats du Parquet, citant la pièce i153 du dossier, la mission sur moto à la Place de la Nation consistait plutôt à « ouvrir la voie » à d’autres éléments du RSP qui étaient à véhicule. « N’est-ce pas un point stratégique, la Place de la Nation ? », demande le Procureur qui promet de revenir avec des preuves palpables. Le prévenu préfère se retenir de répondre.

Pour Maître Séraphin Somé, avocat des Parties civiles, « l’accusé Zoubélé est de mauvaise foi et il présente l’armée burkinabè comme une armée archaïque, moyenâgeuse, mais je suis désolé, notre armée est moderne et exemplaire ». Le conseil du prévenu n’entend pas laisser ses confrères charger son client qui serait « blanc comme neige » dans cette affaire. « Mon client a été bref, simple et concis dans sa narration des faits », estime Maître Lassané Daboné dans son mot de fin, en prélude aux séances de plaidoiries.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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