Putsch RSP : Un policier bastonné accable le Caporal Diessongo

1419 0

Le Caporal Soumaïla Diessongo, 26 ans, et le Soldat de 1re classe Harouna Ouédraogo, 32 ans, ont comparu ce 31 août 2018 devant le Tribunal militaire. Ils ne reconnaissent pas les griefs retenus contre eux. Mais, ils font face à des coïncidences et des témoignages quelque peu accablants.

Né en 1992, le Caporal Soumaïla Diessongo est célibataire, père d’un enfant. Il purge une peine de 10 ans d’emprisonnement ferme dans l’affaire Madi Ouédraogo. « Monsieur le Président, je rappelle que c’est vous-même qui m’avez condamné », balance l’accusé au Juge Seydou Ouédraogo (Rires dans la salle).

« Monsieur Diessongo, ce n’est pas moi qui vous ai condamné. Vous avez été jugé et condamné par le Tribunal militaire à la majorité absolue », lui répond le Juge avant de poursuivre son audition. Dans cette affaire de coup d’Etat manqué, le Caporal Diessongo est poursuivi pour coups et blessures volontaires et dégradation de biens. Il nie les faits.

Trahi par sa taille…

« Moi-même, je me demande comment mon nom est cité dans ce dossier », s’indigne-t-il. Mais, le 17 septembre 2015, il a reconnu avoir été au domicile du défunt Salifou Diallo. Il ajoute qu’ils ont même ramené un individu au camp ce jour. Son récit ne permet pas de mieux comprendre cette histoire. Le Parquet confronte ses dires au témoignage de l’individu « bastonné » qui n’est autre que l’Assistant de Police Manli Yacouba.

 « Le 17 septembre, le Sergent Zougnoma Issouf, moi et deux autres éléments, nous sommes allés pour chercher des vivres. Au rond-point des martyrs, deux jeunes habillés en civil ont arrêté notre véhicule. Après des échanges, nous avons repris la route. Et c’est un peu devant que nous nous sommes arrêtés. Mais, je ne savais pas que c’était le domicile de Salifou Diallo. Le Sergent Zougnoma a alors demandé ‘’Qui a tiré ici ?‘’. Quelqu’un a dit que c’est lui. Nous avons retiré son arme. On a ramené le monsieur au camp. On ne l’a pas frappé », relate l’inculpé.

Le Caporal surnommé « Mortier 80 »

L’Assistant de Police Manli Yacouba assurait la sécurité au domicile de Salifou Diallo. Son témoignage vient accabler le Caporal Diessongo qu’il a surnommé « Mortier 80 ». « Les assaillants sont revenus beaucoup plus déterminés. Ils fonçaient en tirant en l’air. J’ai alors répliqué en effectuant des tirs en l’air. Arrivés, ils ont demandé ‘’qui a tiré ?‘’. J’ai dit que c’était moi. Je me suis présenté.

Le Caporal Diessongo, le plus court de taille, a dit ‘’On s’en  fout‘’. Ils m’ont ensuite dit d’amener mon arme. Ils m’ont bastonné. C’est le nommé Diessongo qui était très violent. Tellement violent que je lui ai donné le surnom ‘’Mortier 80‘’ », retient-on des déclarations du Policier lues par le Parquet. Pour l’avocate du prévenu, Maître Martine Tologho, son client n’a pas été formellement identifié. Elle y voit une accusation sans preuve, en attendant les plaidoiries.

Un électricien à la barre…

Le Soldat de 1re classe, Ouédraogo Harouna est appelé à la barre. Il est spécialisé en électricité. Il est poursuivi pour complicité d’attentat, coups et blessures volontaires. Il ne reconnait pas les faits et « n’était au courant de rien ». « Ma mission, c’était l’électricité seulement », dit-il. Mais, suite aux questions pressantes du Parquet, l’accusé finit par avouer qu’il était effectivement au domicile de Salifou Diallo le 17 septembre 2015.

« Je n’ai pas frappé quelqu’un. Le Policier Manli Yacouba n’a pas embarqué dans notre véhicule. J’ai même demandé aux autres de ne pas le frapper », se défend-il. Son avocat, Maître Ignace Tougma, note qu’il est resté constant dans sa narration. Les auditions suspendues peu avant 17h ont repris ce samedi 1er septembre 2018 à la Salle des Banquets de Ouaga 2000.

Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *