Ouaga 2000 : Les parcelles non mises en valeur menacées de retrait

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En 2017, une étude conduite par le ministère de l’habitat sur un échantillon de parcelles du site A de Ouaga 2000 montre que sur sur 4 281 parcelles d’habitation, il y avait 1 403 non mises en valeur, soit 32,77%. Sur 431 parcelles commerciales, seulement 195 sont mises en valeur soit 45,24%. Pour une politique d’aménagement cohérente, la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) a pris des dispositions pour le retrait des parcelles non mises en valeur du site A d’ici le 31 décembre 2018.

La loi donne 5 ans pour la mise en valeur d’une parcelle à usage d’habitation, selon le Directeur général de la SONATUR, Soabou Diallo, lors d’un point de presse ce 6 septembre 2018 à Ouagadougou. Les parcelles du quartier Ouaga 2000 ont été vendues en 1997 à des personnes qui ont des ressources nécessaires pour lui donner une belle allure.

Cependant, selon les conférenciers, de nombreuses parcelles ne sont pas mises encore en valeur, 21 ans après, dans le site A. Dans un communiqué, la SONATUR  a informé les attributaires de parcelles concernés qu’ils ont jusqu’au 31 décembre 2018 pour s’exécuter, au risque de se voir retirer leurs terrains.

Selon le Secrétaire Général du ministère de l’habitat et de l’urbanisme, Léon Paul Toé, « il faut donc amener les gens à respecter leurs engagements en fonction des cahiers de charge. L’objectif de ce communiqué n’est pas de retirer mais de pousser les gens à investir ».

A Ouaga 2000, selon une étude menée en 2017 sur une partie du site A,  sur 4 281 parcelles d’habitation, il y avait 1 403 non mises en valeur,  soit 32,77%. Sur 431 parcelles commerciales,  seulement 195 sont mises en valeur, soit 45,24%. Pour Soabou Diallo, « ces chiffres sont révélateurs qu’il est important que nous puissions avoir une politique d’aménagement assez cohérente pour permettre aux populations de vivre en quiétude ».

« La mission de la SONATUR, c’est d’acquérir des parcelles, les commercialiser mais aussi les mettre en valeur. Elle ne peut pas se positionner comme une société qui est juste là pour commercialiser les parcelles mais elle doit aussi prendre des dispositions à son niveau pour qu’il y ait un fort lien entre la commercialisation et la mise en valeur. C’est ce qui sera une valeur ajoutée que la SONATUR pourra faire à l’avenir », explique-t-il.

Ouaga 2000 était ouvert à ceux qui ont des ressources

Du reste, les arguments liés au manque de moyens des propriétaires ne passent pas aux yeux de la SONATUR. Cela d’abord au regard de la nature de la société. “Les règles de commercialisation de la SONATUR sont connues, rappelle le secrétaire général du ministère en charge de l’habitat. A la SONATUR, on vend la parcelle, on ne donne pas (…)”.

Ensuite, la zone de Ouaga 2000 n’a pas les mêmes types d’aménagements que les autres quartiers, explique Léon Paul Toé. C’est un aménagement “de qualité” réalisé par la SONATUR et ouvert à ceux qui étaient censés avoir des ressources. “Même dans l’esprit des Ouagalais, Ouaga 2000, c’est considéré pour ceux qui ont de la ressource pour construire (…). Personne n’est obligée d’aller à la SONATUR chercher une parcelle. On n’a obligé personne. (…)”, continue  le SG.

Pour lui, ces règles étaient connues dès le départ par les acheteurs de ces parcelles. « Ce n’est pas à l’arrivée qu’il faut dire que je n’ai pas les moyens pour construire. Vous n’avez pas les moyens,  vous n’avez pas obligation d’aller chercher une parcelle à la SONATUR», termine  Léon Paul Toé. Et pour le directeur général, après un certain temps, si les parcelles ne sont pas mises en valeur, il est tout à fait normal que conformément aux textes, des dispositions soient prises.

« Après le délai du 31 décembre 2018, conformément aux textes en vigueur qui encadrent les questions de logement, la SONATUR va prendre des mesures idoines», prévient-il.

 Saly OUATTARA

Burkina 24



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