Procès putsch : « Diendéré n’avait pas de fonction officielle au RSP »

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Le 17 septembre 2015, la première déclaration du CND (Conseil national pour la démocratie) était lue à la télé par le Médecin colonel Bamba. Simple coïncidence ou pas, ce 17 septembre 2018, le communiqué en question est revenu sur la table des débats au Tribunal militaire. Et c’est avec un ancien aide de camp de Blaise Compaoré, le Capitaine Oussène Zoumbri, que la question a été débattue de long en large dans le cadre du procès du putsch manqué.

Le Capitaine Oussène Zoumbri était à la barre ce 17 septembre 2018. Il lui est reproché cinq faits à savoir complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, dégradation de biens, incitation à commettre des actes contraires à la discipline.

Niant les griefs retenus contre sa personne, il explique que même s’il n’a pas pu empêcher le putsch, il a néanmoins travaillé à amoindrir le choc causé par le coup de force. L’accusé commence par la rencontre avec les Officiers de l’ex-RSP convoquée par le Général Diendéré le 16 septembre 2015, juste après l’arrestation des autorités. « Le Général s’est excusé de nous avoir pas prévenus au préalable », dit-il.

Dans la soirée du même jour, l’Officier d’intervention dit avoir aperçu le journaliste Ouédraogo Adama dit Damiss ainsi que plusieurs autres personnes au Camp Naaba Koom 2 notamment dans le bureau du Chef de corps, le Commandant adjoint Korhogo.

« Le Général Diendéré n’était pas un Chef de corps au RSP. Il était même dans un groupement que moi je commandais. Il n’avait pas de fonction officielle au RSP. Il était juste un Officier Général. D’ailleurs, il n’était pas le seul Général au RSP »

« Il n’y avait pas de comité spécial mis en place pour rédiger le communiqué lu par le Colonel Bamba. Mais, je crois que c’est un civil qui l’a fait. J’ai vu le document déposé parmi tant d’autres dossiers, et il n’était pas intitulé genre « Déclaration du CND ». J’ai pu jeter un coup d’œil sur les premières pages et j’ai vu quelque part le nom du Président Blaise Compaoré. J’ai proposé à ce qu’ils enlèvent son nom », relate l’artilleur de formation.

Pour le Parquet, il y a anguille sous roche. « Le communiqué lu à la télé ne faisant pas mention du nom de Blaise Compaoré, pensez-vous que vos amendements ont été pris en compte ? », veut savoir le ministère public. « Je ne sais pas. Il se peut que ce ne soit pas le même communiqué que j’ai vu », réagit l’Officier militaire autrefois à la tête de 400 éléments du RSP.

Le Parquet revient avec une pile de SMS qui ont aptitude à accabler le prévenu. Mais, l’accusé nie avoir échangé avec le Lieutenant Limon K. Jacques via SMS pendant plusieurs heures. Selon son avocat, Maître Adrien Nion, rien n’établit la complicité de son client dans cette affaire. « Si les actes viennent après la commission de l’infraction, il n’y a plus de complicité », argumente-t-il.

Pour l’avocat et son client, la dissolution du RSP s’apparente à jeter le bébé avec l’eau du bain, car ce régiment regorgeait, selon eux, de nombre de militaires professionnels, malgré quelques têtes réfractaires qui empruntaient une autre voie. L’audition du Capitaine Zoumbri se poursuit demain 18 septembre 2018.

Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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