Orpaillage: Le Burkina engagé à éliminer les émissions de mercure

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Le Burkina Faso vient de lancer officiellement le projet « Plan d’action national » (NAP) pour la réduction, voire l’élimination des rejets et émissions du mercure dans le secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

Conscient des menaces que le mercure peut présenter notamment pour la santé humaine et l’environnement, le Burkina Faso participe aux programmes et accords internationaux traitant des rejets et utilisations de cette substance chimique qu’est le mercure.

L’inventaire des sources de rejets et d’émissions du mercure réalisé en 2017 dans le cadre des évaluations initiales de Minamata (MIA) avait révélé quatre secteurs prioritaires à savoir  l’exploitation artisanale et industrielle de l’or,  la gestion des déchets et le secteur des produits contenant du mercure.

Des résultats de cet inventaire, l’extraction de l’or par amalgamation au mercure, donc de façon artisanale, représentait la première source intentionnelle de rejet et d’émissions de mercure au Burkina avec environ 32 tonnes de mercure rejetées par an. Une autre étude réalisée par COMI Danemark faisait état d’environ 40 tonnes de mercure utilisées au Burkina.

Le mercure utilisé certes dans beaucoup de domaines…

Or, la Convention de Minamata sur le mercure impose aux Etats parties ayant une utilisation importante de mercure dans l’exploitation minière artisanale d’élaborer un plan d’action national (NAP) afin de réduire considérablement l’utilisation du mercure et des composés de cette substance chimique dans les trois années qui suivent l’entrée en vigueur de ladite Convention.

Pour accompagner les pays à respecter cette disposition, le Fonds pour l’environnement mondial a initié les projets NAP. Le Burkina Faso bénéficie de l’assistance technique de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et de l’Artisanal Gold Council (AGC) pour le développement de son projet NAP lancé officiellement ce mercredi 19 septembre 2018 à Ouagadougou.

« Le mercure provient de diverses sources et est utilisé dans beaucoup de domaines, entre autres,  dans la cosmétique, la fabrication de certains vaccins, la tension électrique, etc. Mais, son utilisation dans le secteur minier artisanal comporte plusieurs risques sanitaires et environnementaux. L’atelier de lancement officiel du NAP de ce matin a pour objectif principal d’informer les parties prenantes clés sur les objectifs et enjeux du projet afin de favoriser leur plein engagement à l’aboutissement du processus de développement du NAP », a expliqué le Directeur général de la préservation de l’environnement, Désiré Ouédraogo.

Une substance chimique préoccupante à l’échelle mondiale…

Selon la représentante pays de l’ONUDI, Safiatou Ba, la durée du projet est de deux ans et s’élève à 500.000 Dollars US. Elle a exprimé sa reconnaissance envers les autorités burkinabè. Elle a également rassuré que l’organe onusien continuera d’accompagner le Burkina dans cette lancée.

« Malgré ses multiples usages, le mercure demeure une substance chimique préoccupante à l’échelle mondiale au regard de sa propagation atmosphérique à longue distance, sa persistance dans l’environnement dès lors qu’il a été introduit par l’homme, son potentiel de bioaccumulation dans les écosystèmes et ses effets néfastes sur la santé humaine, notamment ses effets neurotoxiques », a indiqué pour sa part le Représentant du Secrétaire général du ministère en charge de l’environnement, Tidiani Zougouri.

Citant une étude, il a fait savoir que pour produire 1g d’or, il faudrait utiliser 1,3g de mercure. Des effets sanitaires, notamment des malformations génétiques, des tremblements corporels imputables à l’exposition au mercure sont déjà observés au sein de certaines communautés d’orpailleurs au Burkina, foi de M. Zougouri, par ailleurs Directeur général du Bureau national des évaluations environnementales.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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