Lt-Colonel Bamba: « Je ne pense pas que Diendéré soit l’instigateur du Putsch »

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Le procès du putsch manqué de septembre 2015 se poursuit au tribunal militaire. Vendredi 28 septembre 2018 ! C’était le jour n°2 et dernier jour d’audition du Médecin Lieutenant-Colonel Mamadou Bamba. Ce dernier incarne, selon plusieurs avocats, le visage du coup de force, à l’image des nombreux communiqués qu’il a lus à la télévision nationale. Mais, l’ancien médecin de Roch Marc Christian Kaboré se sentait étranger au Corps d’élite. Ce qui pousse certains à ne pas écarter la thèse d’une relation « incestueuse ».

Le spécialiste en médecine de guerre, le Lieutenant-Colonel Mamadou Bamba, a été Médecin aux côtés des anciens Présidents de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré et de Soungalo Appolinaire Ouattara. Pendant les évènements de septembre 2015, l’Officier militaire qui se dit étranger au RSP était en service au Ministère de la communication en qualité de Conseiller technique. Il ignore le nombre de communiqués qu’il a lus sur les antennes de la RTB.

« J’étais étranger au RSP. Je peux compter du bout des doigts le nombre d’éléments que je connaissais au RSP. Il y a militaire et puis militaire. Les gens ont donné ici leurs attributions et spécialités. Moi, je sais soigner. Je n’ai aucun souci avec le rapport d’expertise. Je reconnais les SMS qu’on m’attribue », a avancé l’accusé qui dit avoir peur du RSP avant sa dissolution.

« Donc, vous voulez dire qu’on vous a réveillé à 4h du matin le 17 septembre 2015 pour vous foutre dans des problèmes », a voulu savoir un avocat des Parties civiles, Maître Yanogo. Au prévenu d’acquiescer que c’est une interpellation que l’on pourrait faire. Pour Maître Somé, la « franchise » de l’accusé soulage les parties civiles. Il a supplié le mis en cause de poursuivre dans cette lancée.

« La femme du voleur doit toujours dormir avec un seul œil »

Cependant, les dires du Lieutenant-Colonel ne collent pas trop avec ceux du Capitaine Dao concernant notamment la désignation du liseur des communiqués. « Entre vous deux, qui ne dit pas la vérité ? », s’est interrogé Maître Yanogo. « Aux temps de nos ancêtres, il y avait une potion qui, lorsque tu bois et puis tu mens, tu mourais. Mais, aujourd’hui, on ne peut pas faire recours à cette pratique », a coupé court l’accusé.

Le Capitaine Abdoulaye Dao l’aurait appelé au moment où le muezzin faisait l’appel à la prière. « Pendant les évènements, j’avais pris un nouveau numéro que j’ai donné à seulement deux personnes, le Capitaine Dao et l’Ambassadeur des Etats-Unis, Tulinabo Mushingi. Je limitais vraiment mes appels. Parce que la femme du voleur doit toujours dormir avec un seul œil. Sinon, on risque de la prendre au lieu de son mari », s’est défendu le prévenu.

Le Médecin Lieutenant-Colonel Bamba, selon les PV d’auditions, attribuait la paternité du putsch manqué au Général Diendéré et sa suite. Mais, ce 28 septembre, il est revenu sur ses pas. « Je ne pense pas que le Général Diendéré soit l’instigateur du putsch », a-t-il reconnu sans tergiverser sur la question. Pour son dernier mot, l’accusé s’est excusé pour les conséquences du coup de force. Il a aussi demandé pardon au peuple burkinabè.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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