Le mérovingien dans « Matrix » à Namur

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Lambert Wilson, acteur français est le coup de cœur de la 33e édition du Festival International du Film Francophone (FIFF) de Namur en Belgique.  La salle affichait comble. Charismatique, humble, il s’est entretenu durant une heure avec le public au théâtre de Namur ce samedi 29 septembre 2018.

Alors qu’il est en tournage, Lambert Wilson a trouvé le temps de venir à la rencontre avec ses fans de Namur. Le personnage « le machiavélique  mérovingien » interprété dans les films « Matrix reloaded » et « Matrix Revolutions », films à succès international des frères Wachowski, parus dans les années 2000, le consacre sur la scène internationale.

 A 60 ans, il garde toujours son élégance. 40 ans de carrière, son expérience, sa passion pour le métier d’acteur, sa filmographie, ont été entre autres point sur lesquels il s’est entretenu avec le public.

Lambert Wilson _ © Juliette Simonet – FIFF Namur

D’où lui est venu cet amour pour le jeu d’acteur ?

Alors qu’il a passé toute son enfance (dès l’âge de 4 ans)  dans les coulisses du théâtre avec son père, c’est le cinéma qui prend le dessus.

« Le théâtre appartenait à mon père. Je voulais quelque chose qui m’appartenait », dit-il.

 C’est à la première du film «Les trois mousquetaires » qu’il eut le coup de foudre pour le jeu d’acteur.

« J’ai accompagné mon père à une première d’un film américain sur les trois mousquetaires. Cette première était très particulière, il était merveilleux. Dans un cinéma des Champs Elysées, il y avait les tapis rouges, paillettes, haie d’honneur de cavaliers rappelant ceux du film. Ce fut un choc. Le lendemain, j’ai dit à mon père que je voulais être acteur ! », explique-t-il.

A 16 ans, il s’inscrit au Drama Center de Londres où il se forme au jeu d’acteur, ainsi qu’au chant et à la musique. Il fait ses premiers pas au cinéma dans « Julia » de Fred Zinnemman (1977) avant d’apparaître dans « La Boum2 » de Claude Pinoteau (1982).

Pour incarner au mieux un personnage, il dira «on ne tire pas le personnage vers soi, on va vers le personnage, on change d’apparence, on change de rythme, on devient quelqu’un d’autre ».

Mais c’est chemin faisant qu’il a découvert le jeu d’acteur. « J’ai des amis qui sont des comédiens nés, alors que moi j’ai été timide, incapable de faire une histoire drôle parce que suis incapable de la mémoriser. Ce que j’ai essayé de développer pendant ces 40 ans, c’est la capacité de me transformer et à livrer de l’émotion, à observer les gens et à passer par le filtre de ce que je suis pour livrer un personnage ».

C’est d’ailleurs, à l’en croire, cette possibilité de transformation et de vivre d’autres époques qui a toujours été son rêve.

« La possibilité de démultiplier une vie est mon rêve. Je pensais même très jeune que ma vie ne suffirait pas, ne me suffirait pas, et qu’il fallait trouver un métier qui allait me permettre de vivre un maximum de vies, qui seraient encore plus savoureux quand on change d’époque (…). J’aime faire les films pour voyager dans le temps, j’adore les films d’époque … je suis actuellement en train de tourner un film d’époque».

Malgré ces performances, se revoir sur grand écran n’a pas toujours été satisfaisant. «Quand on est confronté à la réalité de ce qu’on a fait, on est déçu, confie-t-il. Souvent je suis déçu parce que si j’avais plus travaillé, j’aurai donné beaucoup plus. Souvent je n’aime pas me voir. L’autre chose c’est que le cinéma est un miroir assez impitoyable, c’est se voir avec une loupe ».

De la centaine de films tournés, son choix s’est porté sur « La princesse de Montpensier » ( 2010), « des hommes et des dieux, (2010)  « Au bout des doigts » ( 2018), pour se faire découvrir à l’écran pendant le FIFF.

Revelyn SOME

Burkina24



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