Burkina : La gestion des produits chimiques en débat

Des lacunes existent dans la gestion des  produits chimiques et les déchets dangereux au Burkina Faso.  Pour pallier à cela, des acteurs du Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique (MEEVCC), des ministères en charge de l’agriculture, de la santé, des ressources animales et de la société civile, ont initié un atelier de sensibilisation des parties prenantes sur les textes législatifs et réglementaires de gestion des produits chimiques et des déchets dangereux, qui se tient à Ouagadougou du 04 au 05 octobre 2018.

Bien que n’étant pas un grand producteur de produits chimiques, le Burkina Faso les utilise dans plusieurs domaines d’activité comme les mines, la santé, l’agriculture, le transport pour son développement socio-économique. Mais selon les organisateurs de l’atelier, cette utilisation de produits chimiques n’est pas sans danger sur la santé et l’environnement particulièrement ceux contenant des polluants organiques persistants (POP).

Qu’entend-t-on par POP ? Selon le directeur général de la préservation de l’environnement, Désiré Ouédraogo, président de l’atelier de sensibilisation des parties prenantes sur les textes législatifs et réglementaires de gestion des produits chimiques et de déchets dangereux, les Polluants Organiques Persistants (POP), sont des substances chimiques incorporées dans des produits à l’exemple des pesticides, lubrifiants, huile de coupe, plastiques, peintures, imperméables, revêtements, produits de nettoyage domestiques et industriels, habillements, équipements. Ils proviennent également de nos modes de gestion de déchets tels les brûlages, les décharges incontrôlées, etc.

Cette utilisation de produits chimiques n’est pas sans danger sur la santé et l’environnement particulièrement ceux contenant des polluants organiques persistants (POP).

« Ces substances méritent une attention particulière du fait de leur toxicité, leur persistance, leur pouvoir bio cumulatif et leur mobilité sur de très longues distances. Il est évident que ces substances aient des conséquences graves sur la santé humaine et l’environnement », ajoute, Désiré Ouédraogo.  Pour montrer les conséquences graves de ces substances, le Directeur général de la préservation de l’environnement a expliqué que la Guadeloupe et la Martinique ont un taux de contamination de 90% de la population adulte par la « chlordecome », responsable de l’explosion des cancers en Iles de France.

Conscient des menaces des POP, le Burkina Faso a ratifié la convention de Stockholm par décret en 2014. Ainsi, « ce présent atelier s’inscrit dans la continuité du processus et permettra de passer en revue les textes juridiques en matière d’environnement et s’est engagé dans le renforcement du cadre législatif et réglementaire en vigueur au Burkina Faso et de pré-valider le document de processus d’élaboration des textes en matière d’environnement», a souligné Désiré Ouédraogo.

A la fin de l’atelier, les acteurs du MEEVCC, des ministères en charge de l’agriculture, de la santé, des ressources animales, et de la société civile auront passé en revue les textes réglementaires en vigueur au Burkina Faso et présenté des initiatives pour leur  renforcement.

Irmine KINDA

Burkina24



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