Mosquée de Dioulassoba : « Les accusations d’escroquerie relèvent de l’imagination »

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La pluie du 29 septembre 2018 a endommagé une partie de la toiture de la vieille Mosquée de Dioulassoba située au cœur la capitale économique du Burkina Faso. Cet « incident » a indigné l’opinion publique pour la raison que l’édifice à la conquête de la reconnaissance de l’UNESCO est en réhabilitation. Dans la foulée, le Comité de réhabilitation et de gestion de la Mosquée de Dioulassoba (CRGMD) a subi le courroux des internautes. A l’occasion d’une séance d’information périodique tenue le vendredi 12 octobre 2018 à Bobo-Dioulasso, le comité a apporté des points d’éclaircissement sur la question.

Suite à la dégradation partielle de la vieille mosquée de Dioulassoba, des accusations d’escroquerie ont été lancées contre le comité de réhabilitation. Son président Ahmad Sanogo rassure que  « cela relève plutôt de l’imagination ». Pour lui, la gestion du fonds est strictement soumise à une règle de transparence.

La 2ème étape des travaux exécutée à 90%

En rappel, c’est en août 2016 que le cabinet d’architecture « Agence perspective » a restitué les travaux d’une étude estimant à 500 millions de francs CFA, le budget nécessaire à la réhabilitation de la mosquée en vue de son inscription au patrimoine de l’UNESCO.

Au bouclage de la campagne de mobilisation de ressources pour la cause, les fonds collectés s’élevaient à 237 471 795 francs CFA dont 125 millions reçus du Ministère de la culture, des arts et du tourisme(MCAT) sur une  promesse de financement de 150 millions.

Cette enveloppe a permis de boucler la 1ère étape des travaux. Elle a consisté à la réalisation de hangars et autres commodités. La 2ème étape qui intervient dans l’aménagement de la bâtisse proprement dite est estimée à un taux d’exécution de 90%. Cependant, le comité est déjà confronté à une insuffisance de ressources. Enfin, il reste la 3ème  qui n’a pas encore démarré. Elle concerne les travaux d’assainissement, de reverdissement et autres.

La réhabilitation s’inscrit dans le cadre d’une expérimentation

Revenant à l’incident du 29 septembre, l’architecte de l’Agence Perspective Solange Guigma a expliqué que «  la technique de chaux vive avec du sable » utilisée pour les travaux de réhabilitation s’inscrit dans le cadre d’une expérimentation. « C’est un projet pilote. Nous allons revoir la dose de chaux et aussi utiliser de la terre crue à la place du sable. Cette technique permettra à l’édifice séculaire de garder toute son authenticité. Cependant, elle devra être renforcée tous les 25 ans », précise-t-elle.

L’entrepreneur tire les conséquences de la dégradation                             

Selon le CRGMD, le maitre d’ouvrage a reconnu d’autres insuffisances relevées par les experts locaux. Ces insuffisances portent notamment sur le non-respect de certaines techniques anciennes relatives par exemple à l’utilisation des chevrons de rôniers. L’entrepreneur a donc signé un protocole à travers lequel il promet de prendre en charge les coûts liés aux travaux de réparation de la toiture partiellement effondrée après la pluie du 29 septembre dernier.

L’incident n’entrave pas la conquête de l’UNESCO

Le président du comité se réjouit du renforcement de l’adhésion de la communauté locale. Ce qui constitue aux dires du Directeur des sites classés dans le patrimoine mondial Léonce Ky, « un avantage » pour sa conquête de l’UNESCO.

Le Directeur général du patrimoine culturel du Ministère de la culture, des arts et du tourisme Vincent Sedogo a rappelé que la vieille mosquée de Dioulassoba figure déjà sur la liste du patrimoine national depuis 2014.

Aminata SANOU

Correspondante de Burkina 24 à Bobo-Dioulasso

 



Rédaction B24

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