Procès putsch: « En octobre 2014, il y a eu coup d’Etat » (Léonce Koné)

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Ce mardi 16 octobre 2018, à la suite de Minata Guelwaré, le 2e Vice-Président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Léonce Koné, a comparu devant le Tribunal militaire de Ouagadougou. Poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, coups et blessures volontaires, l’ancien ministre et proche de Blaise Compaoré plaide non coupable dans cette affaire de coup d’Etat de septembre 2015.

Pour son deuxième jour d’audition, la militante du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Minata Guelwaré, est restée sur sa position : « Je n’ai jamais mis pieds à Zorgho pendant les évènements. Je n’ai jamais incendié une radio ».

Mais, le Parquet semble détenir des éléments à charge contre la Chargée de communication du Mouvement pour la rectification de la démocratie (MRD). Le ministère public balance ainsi une partie de la transcription d’un appel téléphonique qui a tendance à confondre l’accusée qui nie tout en bloc.

Le Procureur fait observer que dame Guelwaré était au courant du putsch bien avant la proclamation du Conseil national pour la démocratie (CND). Se basant sur des déclarations d’autres accusés, il ajoute que Minata Guelwaré serait à l’origine de l’incendie de la radio Laafi de Zorgho. Après l’audition de sa cliente, Maître Silvère Kiemtarboumbou a porté à la connaissance de l’auditoire une demande de mise en liberté provisoire de dame Guelwaré.

Léonce Koné et le sac contenant 50 millions de FCFA

La demande pour raisons de détention arbitraire et de motifs ordinaires a été introduite le 9 octobre 2018. Pour le Parquet militaire, cette requête au fond est mal fondée en droit et en opportunité. Le Tribunal tranchera sur cette question le vendredi 19 octobre 2018.

Minata Guelwaré cède ainsi sa place à un de ses “camarades” politiques, Léonce Koné, 2e Vice-Président du CDP. Il est poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, coups et blessures volontaires. Avec pour conseils Maître Antoinette Ouédraogo, Maître Paul Kéré et Maître Yérim Thiam, le cadre de banque à la retraite comparaît assis sur une chaise.

Du haut de ses 70 ans, l’Officier de l’Ordre national se dit jamais condamné. Il nie les griefs à charge contre sa personne. C’est dans l’après-midi du 16 septembre 2015 qu’il apprend qu’il y a des troubles à Kossyam. La confirmation du coup d’Etat est tombée le 17 septembre. Mais, vers 18h, ce jour, des responsables politiques dont lui ont tenu une rencontre d’une heure à Kossyam avec le Général Diendéré qui, dit-il, était seul.

Léonce Koné affirme qu’une seconde rencontre, mais très brève, a été également initiée entre le 18 et le 19 septembre 2015 toujours avec le Général Diendéré pour s’imprégner de l’évolution des événements. « C’est peu de temps après que le Général Diendéré m’a contacté pour un sac contenant la somme de 50 millions de FCFA », explique le prévenu.

Un coup d’Etat avant même que Blaise Compaoré ne démissionne ?

Cette somme a été rassemblée, selon lui, grâce à une campagne de récolte de fonds auprès de partenaires « privés » notamment pour le financement de leurs activités politiques. Les questions du Parquet ne tardent pas. « La Transition connaissait une dérive antidémocratique. Les médiateurs de la CEDEAO voulaient que le Burkina Faso revienne à la démocratie et que la Transition soit corrigée », poursuit Léonce Koné.

Le Procureur est convaincu que l’accusé a soutenu le putsch avant qu’il ne soit avorté. « En octobre 2014, il y a eu coup d’Etat. Le Général de Division Honoré Nabéré Traoré a fait un coup d’Etat avant même que Blaise Compaoré ne démissionne du pouvoir. Ensuite, Zida est venu faire autre un coup d’Etat. Même, la venue de Michel Kafando à la tête de la Transition ne s’est pas faite dans les règles de l’art. Mais, est-ce que le Parquet a engagé des poursuites judiciaires ? Non ! », déplore le mis en cause.

Le Ministère public ramène l’accusé sur le terrain de l’expertise électronique afin de le confondre. Selon certains messages, si le RSP réussissait le volet militaire, il revenait à l’ex-parti au pouvoir, le CDP, d’assurer le côté civil en envahissant les réseaux sociaux et en organisant des campagnes de communication.

L’accusé préfère craindre pour la protection de ses données à caractère personnel contenues dans le rapport d’expertise. « J’ai effacé des SMS parce que c’est mon téléphone. Sinon, nous savions tous que nous étions surveillés et placés sous écoute téléphonique », affirme-t-il. Les débats contradictoires se poursuivent demain 17 octobre 2018 avec ce responsable du CDP à la barre.

Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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