« La danse des flammes » ou le suicide en question

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« La danse des flammes », pièce de théâtre de Boubacar Dao, primé en 2014 au grand prix national des arts et des lettres à Bobo-Dioulasso, est en diffusion du 25 au 27 octobre 2018 à Ouagadougou à Athéna Grâce Théâtre.

Financé par le BBDA et mis en scène par Lucien Yerbanga et Oumar Ouédraogo de la compagnie Athena Théâtre, « La danse des flammes », c’est l’histoire de deux jeunes, un garçon et une fille, au passé douloureux, aux rêves brisés, qui veulent partir de là où ils sont. Les raisons, on les découvre au fil de la pièce. La volonté de partir revient de bout en bout. Ils veulent partir, tout au long de la pièce parce qu’ils estiment que le bonheur peut être ailleurs. Mais partir de quelle manière ?

Le drame à la fin de la pièce laisse une ouverture à chaque spectateur d’apprécier le rendu. Et pour Nana Estelle, spectatrice, bien que n’ayant pas apprécié le suicide du couple, elle voit en cet acte un amour inséparable. La langue soutenue, les thèmes abordés sont entre autres faits qui l’auront marquée.

“Le suicide, une lâcheté ou force au courage ?”, s’interroge Boubacar Dao, l’auteur. Pour lui, le fait de se taire face aux problèmes qu’on rencontre, baisser les bras, c’est comme si on se tuait, alors que s’engager dans la vie, dans n’importe quel domaine, est une vie.

Le texte a été écrit en 2013. Dans celui-ci, l’auteur dit se poser beaucoup de questions sur le devenir politique du Burkina.

« Je me disais si le Burkina explosait en ce moment je vais où ? Parce qu’il y avait ceux qui étaient pour une modification de l’article 37 et d’autres contre. Ce sont des interrogations, la vie n’était pas rose en ce moment », explique Boubacar Dao, auteur et directeur artistique de Athena Théâtre.

La pièce est un concentré des maux socio-politiques. La religion, le viol, l’excision, la politique, le terrorisme le mariage forcé, la précarité, la misère, la guerre, sont autant de problèmes réels qui ont été abordés au gré de l’inspiration de l’auteur.

Selon lui,  l’objectif était d’avoir une pièce hors du temps. « On ne vise pas que l’actualité, il faut que la pièce soit historiquement correcte ». Cependant il faut déplorer l’insuffisance de moyens techniques dans la mise en scène.

La pièce sera jouée à Koubri le 10 novembre 2018 dans le cadre de l’ouverture du centre Boamani Africa, une autre programmation est prévue à l’espace Gambidi, puis à Ouahigouya, Koudougou et Bobo-Dioulasso.

Revelyn SOME

Burkina24

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