Composition de la CENI : « Il faut avoir le courage de la repenser »

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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été récemment secouée par une crise interne du fait des commissaires qui ont prêté serment avant de l’intégrer et qui au finish, se retrouveront à laver le linge salle hors des murs de l’institution républicaine. De l’avis de l’ancien conseiller juridique et commissaire Soahanla Mathias Tankoano, le format actuel de composition de l’organe chargé de l’organisation des élections a montré ses limites. Et il faut à présent penser à la réformer.

Eu égard de la crise qui n’a pas encore connu d’épilogue – l’opposition politique continue de jeter des pierres sur l’institution et son président – l’ancien commissaire à la CENI est catégorique. « Il faut avoir le courage de reposer et de repenser cette forme de la CENI. Quand on parle d’une Commission électorale nationale indépendante mais où vous avez des représentants de partis politiques, ça n’a plus de sens », a déclaré Mathias Tankoano récemment élu président du Conseil supérieur de la communication.

Avec auparavant « un supra-parti, presqu’un parti-Etat qui réglait sous coupe toutes ces questions que nous ne savions pas où que nous ne voulions pas admettre que le fonctionnement de cette CENI posait problème », le déclenchement de la crise relève, selon lui, d’« un aboutissement logique ». Nanti d’un certificat en administration des élections, le juriste de formation qui est passé par la CENI voit d’un mauvais œil la désignation des commissaires par des partis politiques.

« Le parti politique, argumente-il, c’est d’abord l’intérêt partisan ». A cela s’ajoute le revirement ou le retournement des militant(e)s désigné(e)s avec pour résultante : « vous n’allez jamais voir un commissaire qui est revenu deux fois parce que les partis trouvaient qu’ils ne rendaient pas suffisamment compte ou qu’ils ne reversaient pas leur revenu de la CENI à leur parti ».

Mais la forme actuelle est l’aboutissement d’un consensus ?

Le format actuel est inhérent, consécutif à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. La Commission nationale d’organisation des élections alors « entièrement noyauté par l’administration » a été reformée pour aboutir au format actuel de quinze membres représentatifs de l’ensemble de la société sur proposition du collège des Sages. Estimant que cette formule retenue « a montré ses limites à la pratique », pour l’ancien commissaire « ce qui est important aujourd’hui, c’est que les quinze commissaires comprennent qu’ils doivent trouver un point d’encrage, une unité intérieure ».

A ces quinze membres qui « d’ailleurs ont prêté serment », le juge devenu avocat au barreau les invitent à se souvenir « toujours que quand on est assermenté, il y a des choses qu’on ne peut pas faire » même pas au nom de la « la pression de leur parti politique ». Pour finir, il les interpelle sur « leur responsabilité individuelle qui est engagée » en recourant au dialogue pour trouver les voies et moyens de taire les divergences pour enfin se focaliser sur la préparation des échéances à venir dans la sérénité.

Oui KOETA

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