Un pas pour la sécurité : 6,3 km de marche à Ouaga pour la cause des réfugiés africains

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Des stars, des représentantes d’organisations onusiennes et de parfaits inconnus se sont mis dans la peau de 24,2 millions de réfugiés africains. Ils ont marché sur 6,3 km à Ouagadougou  en guise de soutien.   

Le 10 novembre 2017, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) lançait la campagne LuQuLuQu directement inspirée de la philosophie africaine de “Ubuntu“, “Ujamaa“, ou “yi bi ma“, un esprit du partage des ressources et d’entraide.

Ce samedi 24 novembre 2018, les Ouagalais ne se sont pas faits prier pour parcourir 6,3 kilomètres à l’intérieur de la capitale à pied en guise de soutien à toutes ces familles forcées de fuir leur de chez elles.

« C’est une marche qu’on a appelée un pas vers la sécurité pour la seule raison qu’on voulait que la population se rende compte des difficultés que tous les gens qui ont fui leur maison, qui ont fui leur foyer, et qui ont marché des kilomètres et des kilomètres en arrivant par exemple au Burkina ou d’autres pays en Afrique qui les ont accueillis », a expliqué Ioli Kimyaci, représentante du HCR au Burkina.

« On voit déjà ce qu’ils vivent pour échapper à la mort »

Metsi Makhetha, la coordinatrice résidente du système des Nations unies au Burkina Faso, ne se fera pas raconter l’événement. Vêtue du t-shirt jaune et portant des chaussures que les participants se sont procurés contre la somme de 3 000 F CFA,  elle a aussi parcouru les 6,3 km.  

« Cela dénote de la solidarité que nous devons tous porter à l’endroit de toutes les personnes qui sont contraintes de quitter leur famille pour qu’elles soient en sécurité et aussi qu’elles puissent trouver la quiétude », dit-elle.  

Ouédraogo Yasmine est étudiante à l’Institut supérieur de sécurité humaine (ISSH). Avec d’autres camarades, elle a fait le trajet pour marquer sa solidarité d’avec les réfugiés. « On a marché ces six kilomètres. On voit déjà ce qu’ils vivent quand ils marchent plus de 50 kilomètres pour échapper à la mort », commente-t-elle.  

Avant le départ de la place de la Nation.

En plus de « faire prendre conscience des trajets périlleux que les personnes forcées de fuir prennent à la recherche de la sécurité au-delà des frontières, ainsi que de l’incroyable résilience de ces familles africaines », les participants à la marche ont été invités à participer à la collecte de fonds et à acheter des articles d’artisanat produits par des réfugiés.

« On a de moins de moins de fonds et on voudrait dire à tout le monde qu’on ne doit pas être riche pour contribuer, pour aider les gens. On peut les aider en ouvrant notre maison, notre école, nos hôpitaux, nos maisons communautaires », plaide la représentante du HCR. Tous les fonds récoltés pendant la marche, assure-t-on au HCR, seront utilisés pour le soutien des réfugiés en Afrique.   

« Pour ne pas seulement que ce soit un truc qui est fait en chanson », Smarty, artiste musicien, auteur compositeur du single « Bienvenue chez moi » qui défend la cause des réfugiés, a lui aussi quitté le studio pour être présent physiquement.

« C’est vrai qu’on se dit, ‘c’est juste une marche. Qu’est-ce que ça peut changer ?’ Si on réfléchit comme cela, on ne pourra pas faire bouger les lignes » en faveur de toutes ces personnes qui abandonnent tout derrière elles, « par découragement parce que peut-être le pays n’a pas pu leur donner ce qu’ils attendaient ». Si celles-ci ont eu « le courage de se mettre à la mer, de prendre tous ces risques, braver même la mort pour pouvoir réussir, poursuivra-t-il, c’est le symbole que nos autorités quelque part ont failli ».

C’est même là que réside l’esprit même de la marche, explique Alphonse Boro, conseiller en sécurité pour les opérations du HCR. « Un pas pour la sécurité se passe dans un contexte où il fallait soutenir les familles des personnes qui étaient obligées de fuir l’insécurité dans leur pays d’origine pour retrouver la sécurité au Burkina ».

Avec des réfugiés aussi bien externes qu’internes dans le pays, « c’est important, dira Metsi Makhetha, en tant qu’Africains que nous participons à lever les fonds qu’il faut pour accompagner nos frères et sœurs africains et africaines ».

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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