Justice au Burkina : Grand chantier d’interconnectivité des services en cours

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Conformément à sa politique d’informatisation et de dématérialisation du service administratif, le département de la justice et des droits humains se dote d’un schéma directeur informatique dont la présentation officielle a eu lieu ce mardi 4 décembre 2018 à Ouagadougou. 131 ordinateurs ont été remis à cet effet par l’Union Européenne, partenaire technique et financier pour l’inter-connectivité des services de la justice.

Débuté en 2016, le schéma directeur informatique, plan stratégique destiné à piloter le développement informatique du ministère de la justice, entame sa phase d’opérationnalisation.

Il s’agit désormais d’informatiser le système judiciaire burkinabè et d’interconnecter les services intervenant dans la sécurité et la justice.

La phase pilote concerne 7 sites,  le commissariat central de police de Ouagadougou, la section de recherche de la gendarmerie, le tribunal de grande instance de Ouagadougou et le tribunal pour enfant, la cour d’appel de Ouagadougou, la maison d’arrêt et de  correction de Ouagadougou, la prison de haute sécurité et le siège du ministère de la justice.

Cette chaîne pénale et de casier judiciaire vise non seulement à moderniser le fonctionnement des services publics de la justice, de sécuriser l’information judiciaire, de rapprocher  les citoyens, mais aussi offrira bien d’autres avantages, selon le ministre de la justice, René Bagoro, la célérité dans le traitement des dossiers, la réduction du risque de corruption.

« Ça permettra d’éviter beaucoup le contact avec les acteurs judiciaires. Ce qui va éviter le risque de corruption et aussi la célérité dans le traitement des dossiers. Si vous demandez un casier judiciaire, (…) il suffit d’un clic pour que le magistrat sache si vous avez été condamné ou pas. C’est rapide et va réduire les lenteurs judiciaires. Il en est de même pour les dossiers judiciaires. Si les procédures sont informatisées, les gens n’auront plus à aller au palais. Il suffit d’aller sur le site et de savoir les pièces à fournir », explique-t-il.

Pour lui, l’intérêt de ce programme n’est plus à démontrer et d’ajouter que lorsqu’au niveau de la justice les choses sont bien faites, cela joue sur le développement du pays.

Remise symbolique d’ordinateurs au ministre de la justice par le chef de file de l’Union Européenne

Cependant, le ministre du développement de l’économie numérique et des postes, Adja Fatoumata Sanou, voit plus loin, le bénéfice d’un tel projet à terme pour l’usager et le professionnel de justice.

« Est-ce que vous voulez vous faire juger par des robots ?  On vous le demande aujourd’hui ailleurs.  On peut y arriver, dit-elle, et  pour cela, il faut bien sûr que toute la chaîne judiciaire soit digitalisée. Je pense que c’est ce que vous avez voulu faire à travers ce schéma directeur informatique. Si toute la chaîne est informatisée, en collectant ces données, on peut programmer des robots, (…) qui vont remplacer, aider les magistrats ».

57 projets sont déterminés pour la mise en place de ce vaste projet prévu pour durer 5 ans (2018 – 2022) pour un coût total de 9 milliards de F CFA.

Un lot de matériel de 131 ordinateurs, d’un coût total de 200 millions de F CFA, dédiés à l’interconnectivité des services concernés, a été remis par l’Union Européenne. Et son chef de file, Jean Lamy, de signifier l’intérêt de cet accompagnement : « Le plus important, ce n’est pas d’avoir juste des ordinateurs allumés dans les bureaux mais des ordinateurs qui fonctionnent pour avoir une chaîne pénale efficace. (…) Nous y attachons beaucoup d’intérêt pour améliorer l’efficacité du traitement des infractions et en particulier celles liées au terrorisme, à la délinquance économique et financière ».

A noter que ce programme a été  financé par l’UE à hauteur de 7 milliards FCFA pour (2014 – 2019).

Revelyn SOME

Burkina24

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