Burkina : «Le mariage des enfants entrave le développement durable »

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La deuxième session ordinaire de l’année 2018 de la plateforme multisectorielle de prévention et d’élimination du mariage d’enfants s’est tenue ce vendredi 14 décembre 2018 à Ouagadougou. Cette rencontre a été l’occasion pour les acteurs de la plateforme de faire le bilan du plan d’action opérationnel et d’en adopter un nouveau pour 2019-2021.

Dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Prévention et d’Elimination du Mariage d’Enfants (SNPEME) adoptée en 2015, le ministère de la femme, de la solidarité nationale et de la famille organise des sessions ordinaires de la plateforme multisectorielle de prévention et d’élimination du mariage d’enfants. La deuxième session de l’année 2018 qui s’est tenue ce vendredi 14 décembre 2018 a pour principal objectif de faire le bilan des activités de promotion de l’abandon du mariage d’enfants. Elle vise aussi à valider un nouveau plan d’action opérationnel pour 2019-2021.

Le premier plan d’action opérationnel 2016-2018 de la SNPEME, qui prend fin en décembre 2018, a enregistré des motifs de satisfaction au titre desquels on peut citer des sensibilisations de plus de 39 5171 personnes, la prise en charge de 5 830 filles et 192 garçons, la mise en place de cellules de veille dans 740 villages, le maintien de 7 190 filles dans le système scolaire et l’adoption du code pénal révisé qui prévoit des sanctions contre toute forme de mariage de mineur au Burkina Faso.

Malgré ces acquis, de nombreux défis restent à relever pour venir à bout de ce fléau comme le souligne Yvette Dembélé, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille, Chargée des Affaires Sociales, des Personnes vivant avec un Handicap et de la Lutte contre l’Exclusion. «Il y a lieu d’admettre qu’il y a eu des acquis, mais nous comptons intensifier les actions au niveau de chaque acteur pour la lutte contre le mariage des enfants. Nous avons besoin des leaders religieux et coutumiers et de toutes les couches sociales dans cette quête », a-t-elle dit.

Une femme sur trois âgées de 20 à 24 ans dans les pays en développement a été mariée en étant mineure. C’est en se basant sur ce constat que l’UNICEF accompagne le gouvernement burkinabè dans la lutte contre le mariage des enfants. C’est une manière pour elle de contribuer à augmenter l’éducation des filles, améliorer la santé reproductive et réduire la pauvreté.

« A l’heure où les défis du développement sont au centre des préoccupations du gouvernement, le mariage des enfants avant l’âge de 18 ans constitue un frein au développement. Il impacte directement et fortement la croissance démographique et ralentit considérablement le rôle que pourraient jouer les adolescents et adolescentes dans l’avenir du pays. En effet, le mariage des enfants perpétue le cycle de la pauvreté, sape les efforts faits pour réduire la mortalité maternelle et néonatale et empêche les jeunes filles de contribuer au développement économique et à la prospérité de leur pays. On peut donc affirmer sans hésitation que le mariage des enfants entrave au développement durable ».

Dr Ame Vincent, représentante résidente de l’UNICEF au Burkina

La plateforme multisectorielle de prévention et d’élimination du mariage d’enfants est la structure nationale de pilotage de toutes les actions en matière de promotion de l’abandon du mariage d’enfants. Elle se réunit en session ordinaire deux fois dans l’année et accomplit les missions suivantes : élaborer, mettre en œuvre et évaluer les plans d’actions triennaux et les programmes d’activités annuels, examiner les rapports d’activités d’accélération de l’élimination du mariage d’enfants et créer une synergie d’action entre les différents intervenants en matière de lutte contre le mariage d’enfants.

Basile SAMA (stagiaire)

Burkina 24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.
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