Foubé : Les déplacés de Gassaliki y retrouvent un peu de quiétude

A Foubé dans le Sanmatenga, une des dernières localités frontalières d’avec la province du Soum, sourires et pleurs d’enfants s’entremêlent. Sur les trois sites de ce village (écoles A et B et collèges) se côtoient ainsi la désolation, le dénuement et l’espérance au vu de la présence de l’équipe du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) qui y a été dépêchée.

Il est 10h50, lorsque partis de bonne heure de la capitale, nous entrons à Foubé, sis à un peu plus de soixante kilomètres de Barsalogho où sont accueillis les déplacés en provenance de Gassaliki dans la province frontalière du Soum. Là, les salles de classe ne servent plus de lieux pour dispenser le savoir mais de sites de regroupement des déplacés de Gassaliki qui ont tout abandonné  à la suite de l’assaut des terroristes intervenu le 11 janvier 2019. « Comme ils ont dit qu’ils vont revenir, les gens ont commencé à fuir », indique ce déplacé.

Dans ce village, à l’image de Barsalogho, le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) est à pied d’œuvre pour, d’abord répertorier et ensuite procurer l’aide d’urgence à ces femmes et enfants qui ont dû partir de chez eux. « Il y a cinq jours de cela en effet, autour de midi, nous étions assis au marché. Les hommes armés sont rentrés dans le village. Ils ont assailli tout le village. Les armes crépitaient. Ce sont les survivants que vous voyez ici », relate Salam Sawadogo. Des survivants qui sont arrivés là  « sans rien, sauf les seuls habits qu’ils avaient sur eux ».

L’attroupement du jour n’est pas de gaieté de cœur. Assis sous ou adossés aux neems, les femmes allaitent leurs enfants non encore sevrés. Les cris et les pleurs s’entremêlent. L’équipe du CONASUR conduite par Aristide Somda s’organise. En commençant par le recensement des déplacés à l’aide de fiches conçues pour la circonstance. « Ils peuvent compter sur les conseillers (CVD) qui sont mobilisés pour les soutenir sur le terrain », oriente El Hadj Abdoulaye Pafadnam, maire de Barsalogho.

« Il était bon que le gouvernement vienne. Le président du Faso nous a dépêchés pour venir rassurer ces populations déplacées que nous serons à leurs côtés », a exprimé la ministre de la solidarité nationale et de la famille

Il est midi et demi. La ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille est annoncée. S’en suivra l’attroupement. « Dépêchée » par le président du Faso « pour venir rassurer ces populations déplacées » que le gouvernement est « à leurs côtés », l’arrivée de Laurence Marie Ilboudo/Marchal interrompt pour un temps le recensement par le CONASUR. « Il était bon que le gouvernement vienne. Vous avez vu des femmes apeurées, des hommes apeurés, des enfants qui suivent (ils ne savent pas de quoi il ressort) ? », interroge-t-elle.

La ministre de la famille ne s’est pas trompée sur les expressions des visages qu’elle a pu lire. Sur le site du CEG de Foubé, le représentant des déplacés ne cache pas non plus cet état de fait. « Nous avons besoin d’être secourus. Tout le temps, il faut fuir. C’est désespérant. Nous avons besoin de la sécurité pour rester chez nous. C’est notre doléance », pose le vieil homme.   En attendant le recensement définitif des déplacés, leur représentant estime leur nombre à plus de 5 000 personnes. Cinq milliers de femmes, d’enfants, de jeunes et d’hommes qui « ne parlent pas de manger, pas même d’habillement ».

Plus préoccupant à leurs yeux, c’est le problème sanitaire qui se pose. « Les enfants qui ont été envoyés au dispensaire, ils sont nombreux. Ce que nous demandons, c’est qu’on nous aide pour les soins et l’alimentation. On ne peut pas tout dire », plaide Salam Sawadogo. Ce tout, il nous l’avait confié auparavant. Ce sont les maisons qui ont été incendiées, les animaux qui ont disparu parce que « personne n’a pu emporter quoi que ce soit avec lui ».

L’occasion était aux remerciements à l’endroit des accueillants habitants de Foubé qui ont ouvert leurs portes aux déplacés le temps de l’arrivée du CONASUR. En plus des kits de survie, des regroupements familiaux par tente sont annoncés par la ministre de la famille.

Le mental n’est pas oublié. Une équipe de psychologue et d’agents sociaux a été dépêchée pour « accompagner toutes ces personnes déplacées à pouvoir retrouver leurs esprits et maintenant s’ils désirent retourner dans leur milieu d’origine ». Un retour à la maison pour lequel le gouvernement s’attèlerait selon celle qui s’occupe de « tout ce qui est humanitaire ».

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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