Burkina : Contre le terrorisme, le NTD propose les comités citoyens de vigilance

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A un an des nouvelles échéances électorales, le Nouveau temps pour la démocratie (NTD), parti membre de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), peaufine une stratégie à même de lui permettre de rester dans les arcanes du pouvoir après 2020.  

La première session du bureau exécutif national du parti, ce 26 janvier 2019, a été l’occasion de dresser le bilan de positionnement du parti en attendant les élections à venir. Selon les données livrées par Zalissa Koumaré/Ouillio, secrétaire générale du NTD, le parti a  pu atteindre 40 provinces sur les 45, à l’exception  du Nahouri, du Sourou, de la Kossi, des Banwa et des Balé.

Cependant, relativise-t-elle, « ce n’est pas aussi vide que cela » en raison de l’identification de leaders dans ces provinces pour porter le NTD.

Vincent Timbindi Dabilgou, président du parti, ministre des transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière a partagé ses attentes avec ses camarades du parti, responsables des sections à qui il recommande d’aller dans les villages.

« C’est là-bas que le parti se construit réellement. Si on ne prend pas le potentiel des gens dans les villages, nous portons le danger de nous retrouver avec des gens qui nous aiment et qui ont voulu venir à notre parti mais nous ne sommes pas venus tôt pour les enrôler et ils sont allés ailleurs malgré leur bonne volonté pour le NTD », peaufine le président du parti.

Se hâter face au « printemps politique »

Le ministre, visiblement bien informé, se veut prévoyant. En fin connaisseur de l’arène politique, Vincent Dabilgou, ancien membre du CDP, invite ses camarades du parti à se hâter pour coopter le maximum de citoyens prêts à s’engager en politique à leurs côtés avant que ces derniers ne se tournent vers d’autres formations politiques par défaut.

« Il faut prendre les gens au moment où il faut les prendre parce que le printemps politique est en train de démarrer. Il y aura encore des partis politiques qui vont se créer. Ceux qui sont endormis vont se réveiller parce qu’il y des gens qui ne se réveillent que lorsqu’il y a des élections. Or les élections sont annoncées », lance-t-il.

Membre de l’alliance présidentielle avec trois députés à l’hémicycle, fort de ses 645 conseillers municipaux et de ses militants élus maires dans deux communes « pas les moindres (Banfora et Sebha) » de l’avis de la secrétaire générale, le NTD, qui entend être de la partie après les échéances, affûte ses armes. « Nous devons travailler à consolider nos acquis surtout accroître ses capacités sur l’échiquier politique qui est en perpétuelle mutation », ambitionne  Zalissa Koumaré/Ouillio.

La session a aussi servi de cadre pour le bureau exécutif du parti de renouveler sa confiance et son choix à demeurer dans l’APMP en accompagnant « l’œuvre inlassable de Roch Kaboré de tirer le pays de cette impasse », de même qu’en ne ménageant aucun effort pour renforcer la capacité de mobilisation politique à soutenir la mise en œuvre du programme présidentiel.

De même qu’au-delà des prochaines élections ? Le président Kaboré a déjà levé l’équivoque sur sa candidature pour 2020. « Où que nous nous trouvons, nous devons nous mettre en posture politique de succès pour 2020. Gagner les élections, c’est assurer à notre candidat la victoire pour 2020 », a déclaré Vincent Dabilgou.

Se hâter face au « printemps politique » qui se profile à l’horizon.

« Resserrer (les liens) et tisser un tissu social de paix, d’acceptation de l’autre »

En attendant, le vivre-ensemble et l’autorité de l’Etat se trouvent compromis par le terrorisme qui sème peu à peu les germes d’affrontements communautaires et de repli identitaire. Pour éviter l’effritement de la cohésion sociale, le NTD propose la création sur toute l’étendue du territoire de comités citoyens de vigilance (CCV) « apolitiques, non confessionnels, et multiethniques » avec pour mission de contribuer à la sécurisation des personnes et des biens et la dénonciation.

« Parce que nous venons d’être frappés par ce déchirement entre communautés, nous devons pouvoir donner le message le plus fort sur la nécessité pour les Burkinabè que nous sommes de resserrer (les liens) et de tisser un tissu social de paix, de tolérance, d’acceptation de l’autre pour que nous puissions valoriser le vivre-ensemble », invite le ministre.

C’est là, selon lui, un impératif sur le chemin qui mène à la création d’un « Etat-nation où des communautés vivent ensemble pour progresser ensemble vers le développement ». Optimistes pour l’avenir, les militants du parti invitent leurs compatriotes à « voir l’avenir avec optimisme tout en étant capables de se forger en tant que peuple conscient de ses défis et de transformer son destin par le travail et la responsabilité ».   

Oui KOETA

Burkina24

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