Corruption en milieu scolaire : Diagnostic au lycée Philippe Zinda Kaboré

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La Radio B24 a organisé le 6e  numéro de son émission « Town show » avec les scolaires et le personnel du  Lycée Philippe Zinda Kaboré  le samedi 9 février 2019. « La Corruption en milieu scolaire », c’est ce thème qui a été débattu avec les panelistes Rodrigue Arnaud Tagnan  du REN-LAC et Biomon Bonzi de l’ASCE/LC.

Après le lycée provincial Mollo Sanou, c’était au tour du Lycée Philippe  Zinda Kaboré d’accueillir l’équipe de la Radio B24 pour l’émission « Town show ». Une émission qui sillonne certains établissements du Burkina pour réduire, voire contribuer à éradiquer la corruption en milieu scolaire.

Rodrigue Arnaud Tagnan du Réseau National de lutte anti-corruption REN-LAC et Biomon Bonzi  de l’Autorité Supérieur de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE/LC) se sont entretenus sur les manifestations, les causes et les conséquences de la corruption en milieu scolaire.

Pour  Biomon Bonzi, «la corruption en milieu scolaire est l’utilisation systématique  d’une charge publique pour un avantage privé qui a un impact significatif sur la disponibilité et la qualité des services et bien éducatif et à conséquence sur l’accès, la qualité et l’équité de l’éducation ».

Et Rodrigue Arnaud Tagnan du REN-LAC d’ajouter que cette corruption se manifeste à travers  le recrutement des élèves à travers la vente des places ou  les cotisations des Associations des Parents d’Elèves  (APE).  « Il n’y a pas une transparence dans la gestion, comme certaines cotisations des élèves gérées par les délégués généraux », a-t-il expliqué.

Cette corruption se manifeste aussi selon M. Bonzi par la surfacturation dans l’acquisition de certains biens, le détournement des aides qu’on donne aux élèves les plus vulnérables par ceux qui sont chargés de la gestion,  ou le détournement des produits qui sont destinés aux cantines scolaires par l’administration.

Récompenser les élèves modèles

En ce qui concerne les enseignants, il y a l’absentéisme des  professeurs du public au profit des heures de vacation dans les privés de telle sorte que  le nombre d’heures dispensées est en deçà  de ce qui est prévu au programme. Abdoul Aziz Ouédraogo de la classe de 3e, lui pense qu’on ne voit pas le rôle de l’APE dans les lycées et collège.

Le RENLAC, l’ASCE/LC comme d’autres structures pour freiner la corruption,  qui touche presque toutes les couches de la population, souhaitent que le règlement intérieur soit un outil respecté dans les écoles. Ils  proposent que les clubs anti-corruption instaurés dans certains établissements récompensent l’élève modèle, c’est-à-dire celui qui a un bon comportement.

 « Nous avons eu une rencontre avec les acteurs de la santé et ceux de l’éducation pour la mise en place d’un comité de suivi citoyen des prestations de service public dans le domaine de la santé et de l’éducation. C’est un projet que nous avons mis en place depuis l’année passée pour accroitre la participation des citoyens dans la lutte contre la corruption et à la redevabilité publique dans une plateforme « venem », un espace numérique dédié à la dénonciation », révèle Rodrigue Tagnan.

Lors de cette émission, les élèves du lycée Zinda ont formulé  des doléances à l’endroit de l’autorité pour l’acquisition d’un bus. Le Lycée Philippe Zinda Kaboré a ouvert ses portes en 1953 et compte aujourd’hui 3983 élevés dont 2063 filles.

Saly OUATTARA

Burkina 24

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