Terrorisme : Burkinabè, « résistez de nouveau » !

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Dans son adresse à la cérémonie officielle de démarrage des exercices militaires au camp général Zagré Bila, l’ambassadeur américain, qui ne cache pas sa fierté face à la résistance des Burkinabè lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et du putsch de septembre 2015, les invite à « résister de nouveau ».

Cela avait tout l’air d’un cours de patriotisme enseigné dans un amphithéâtre d’une université américaine à la suite des attentats de septembre 2001. Alors conseiller à l’ambassade américaine de Bamako au Mali, l’actuel ambassadeur américain au Burkina Faso a pu suivre le cours des événements de fin octobre 2014 et de la mi-septembre 2015.

Evénements auxquels son prédécesseur, Tulinabo Mushingi, aura été un des acteurs majeurs. Le 30 juillet 2015, dans le cadre de son traditionnel Roadshow, il s’était rendu à l’Université Norbert Zongo de Koudougou. Là, il avait indiqué pourquoi il avait laissé entendre qu’il n’y aurait pas de « lenga » pour le président déchu Blaise Compaoré. Tulinabo Mushingi interviendra également lors des négociations pour la remise du Général Gilbert Diendéré aux autorités burkinabè.

Ce lundi 18 février 2019, son successeur Andrew Young a tenté de faire un rapprochement entre la manière dont le peuple burkinabè s’organise pour combattre le terrorisme et sa résistance lors de ces deux événements clés de son histoire. Pour lui, il s’agit là également d’un autre « moment historique » que traverse le pays des Hommes intègres qui se sont « levés pour mettre [leur] pays sur la voie d’un gouvernement qui a été mis en place par les bulletins de scrutin et pas par les balles de fusils » et qui sont « descendus dans la rue pour stopper la tentative de coup d’Etat ».

De l’avis du diplomate, tout comme lors de l’insurrection et du putsch, des moments où « le Burkina Faso était un pays à la croisée des chemins », « les Burkinabè ont rendez-vous avec le destin » quatre ans plus tard. « Aujourd’hui, vous résistez de nouveau aux défis complexes (politique, économique et sécuritaire). Vous résistez à ces néants de terroristes », a déclaré Andrew Young. De nouveau « à une autre croisée de chemins, vous montrez au monde quel chemin prendre », apprécie-t-il.

Le Burkina Faso accueillie concomitamment avec la Mauritanie une partie des participants à l’exercice Flintlock 2019. L’heure était aux confidences ce matin au camp Général Zagré Bila au nord de la capitale Ouagadougou.  « USAFRICOM m’a demandé si le Burkina Faso serait prêt à devenir l’hôte principal de l’exercice en 2019. J’ai tout de suite dit oui », a partagé le diplomate qui dit avoir pris conscience de l’effort nécessaire fourni par les autorités burkinabè pour organiser un événement d’une telle envergure.

En effet, le pays abrite le commandement principal qui, de l’avis de Moumina Chérif Sy, ministre d’Etat, ministre de la défense nationale et des anciens combattants, s’inscrit dans le cycle des grands rendez-vous de la coopération militaire internationale tout en aidant à renforcer les capacités opérationnelles des unités spéciales des armées participantes dans la lutte contre le terrorisme.  

Pour l’histoire

Il ne lui en faudra pas plus pour relever le dynamisme des relations bilatérales dans ce domaine. « En acceptant d’abriter Flintlock 2019, et ce pour la seconde fois en 10 ans, le Burkina Faso confirme d’une part, son ferme engagement et surtout sa détermination à faire face au fléau du terrorisme, de la criminalité transfrontalière et du banditisme aux côtés des autres pays et partenaires et d’autre part, l’excellence des relations de coopération entre notre pays et les Etats-Unis dans ce domaine particulier de la coopération militaire », a caricaturé Chérif Sy.

Au moment où l’exercice débute, Andrew Young se projette dans le temps. Il pousse les troupes des pays participants et celles des partenaires à en faire autant pour les 20 années à venir au moment où les historiens vont écrire l’histoire de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel sur cet instant où l’enjeu de la sécurité de la région était en cause.

« Les historiens vont parler de qui était là pour répondre à ce défi. Et vous tous, allez pouvoir dire, j’y étais. Vous allez tous pouvoir dire, moi, j’ai apporté ma pierre à l’édifice de la sécurité dans le Sahel. Trouvons l’inspiration dans le cycle de USAFRICOM. On va y arriver», a-t-il laissé entendre.

Oui KOETA

Burkina24

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