Musique au Burkina : “Celebration Day” pour Alain Gires

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Après « Ainsi va la vie » en 2013, le lauréat de Faso Academy  de 2011, Alain Gires, de son vrai nom Giresse Djimon Hounnou, revient avec son nouveau-né de 6 titres  intitulé « Celebration Day ».  Burkina24 lui a accordé une interview afin qu’il dévoile ce nouvel opus qui a vu le jour le dimanche 17 février 2019.

Burkina24 (B24) : Que cache votre sobriquet Alain Gires ?

Giresse Djimon Hounnou (Alain Gires) : Alain Giresse est le nom d’un grand footballeur français qui  m’a été donné par mon oncle à ma naissance. C’était un très grand footballeur. Cela a marqué cette génération en son temps. Mon oncle a jugé bien de me donner ce nom dans le but qu’il me porte bonheur. Aujourd’hui, je peux dire que le nom me porte bonheur. 

Il y a quelques jours de cela, un (acteur) du showbiz burkinabè m’a approché et m’a fait savoir que lors d’un plateau télé sur Canal+, on a posé la question à Alain Giresse s’il était au courant qu’au Burkina, il y a un certain Alain Gires qui a remporté un prix en Afrique. Qu’il a répondu Waouh ! qu’il n’était pas au courant mais qu’il est très content d’apprendre que son nom va en Afrique et que son nom aussi fait le tour du monde et que ça serait un plaisir pour lui de me rencontrer un jour.

B24 : Ce nom vous a-t-il prédisposé à jouer au football ?

Alain Gires : Ce nom m’a influencé parce que j’avais commencé à jouer dans le quartier avec des camarades. On faisait des cours et des tournées. Mais entre-temps, la musique est venue ventiler. Je suis Alain Gires le chanteur et non le footballeur.

B24 : Vous venez d’ailleurs de mettre sur le marché de disque un nouvel album.

Alain Gires : L’album vient de sortir le dimanche 17 février 2019, 6 ans après le 1er album sorti en 2013. L’album est purement gospel. C’est la musique tradi-moderne, un album de l’espoir.

B24 : Pourquoi avoir attendu 6 ans avant de réapparaitre sur le marché de disque ?

Alain Gires : Il m’aura fallu du temps pour composer, arranger et trouver les ressources financières qu’il fallait mais difficilement. C’est pourquoi j’ai mis tout ce temps avant de revenir avec cet album de 6 titres qui parle d’espoir.

B24 : Pourquoi avez-vous choisi de faire un album purement  gospel ?

Alain Gires : Dieu fait des merveilles dans la vie de son peuple à travers des louanges, des adorations. Cet album comporte des titres dansants mais qui parlent d’adoration. Très souvent,  on dit c’est la musique qui nous a choisi, ce n’est pas nous qui l’avons  choisi. Gospel m’a choisi. Je me sens dans ce registre, il y a mon public dans ce registre.

Après Faso Academy, j’ai eu des hommes de médias qui m’ont proposé de faire de la musique profane où on ne parle pas de Dieu ni de Jésus pour faire des trucs marketing où il y a de l’argent. Dans le premier album, il y avait du tout, de la musique profane et du gospel à tel point qu’à la fin, je ne me sentais pas dans cet album. J‘ai fait pas mal de choses qui n’étaient pas mon registre juste pour dire merci à mes fans qui m’attendaient.

B24 : Le titre de votre album est « celebration Day ». Pourquoi en anglais ?

Alain Gires : « Celebration Day » est un terme qui veut dire célébrer Dieu un jour. Cet album est chanté en plusieurs langues, en anglais, en français, en mooré et en Igbo, une langue nigériane. Ce choix est que je fréquente une équipe nigériane, j’ai puisé mes racines là-bas.

B24 : Vous êtes le lauréat de Faso Académy 2011. Quel a été l’apport de ce concours dans votre carrière musicale ?

Alain Gires : Faso Académie a beaucoup apporté dans le début de ma carrière. Elle a été une plateforme préparée pour que je puisse mieux me faire une place dans une carrière musicale. Grace à Faso Academy, je ne souffre pas pour faire connaitre mes œuvres. Souvent, j’arrive dans certains lieux, les gens me reconnaissent souvent rien que par le nom Alain Gires. Faso Academy est une plateforme de promotion des artistes.

B24 : Aujourd’hui, quelles sont vos relations avec les organisateurs de cette émission ?

Alain Gires : On a gardé de très bonnes relations. Souvent, ils ont besoin de moi pour aider les autres académiciens. Parfois aussi ils ont besoin de moi pour les prestations lors de l’émission.

B24 : Quelles appréciations faites-vous de l’organisation de Faso académy maintenant ?

Alain Gires : Actuellement, j’ai remarqué tous les changements qui sont là. Je pense que Faso Academy a besoin de rehausser de niveau sur le plan organisationnel. Il faut innover. Dans les autres pays, les gens essaient de faire de mieux en mieux, d’avoir une autre vision. Il faut un certain accompagnement sur le plan financier et sur le plan communication.

B24 : Quelle appréciation faites-vous de la musique burkinabè ?

Alain Gires : De nos jours, les gens ne mettent plus d’accent sur les thématiques. Ils font plus de la musique dansante, contemporaine que de véhiculer un message à travers la musique. J’aimerais attirer l’attention de tous les artistes d’ici et d’ailleurs de revoir, parce que notre musique est sensée adoucir les mœurs, apporter un plus dans la vie des gens. C’est vrai qu’au Burkina, les artistes ont beaucoup évolué comme Floby, Imilo, Dez Altino et sur le plan chrétien, nous avons notamment Serge Bethsaleel.

B24 : Etant artiste, quelle est votre appréciation sur la sortie médiatique du ministre de la culture, Abdoul Karim Sango ?

Alain Gires : Il y a des personnes qui se lèvent pour se lancer dans la musique pourtant ils ne sont pas appelées à faire de la musique. La musique, si ce n’est pas ton domaine, il ne faut pas forcer. Malheureusement, nous avons des studios qui sont là pour encourager ces médiocrités justes pour prendre les 25.000 FCFA et les 50.000 F CFA pour eux-mêmes se ravitailler.

Le ministre a entièrement raison. Si la musique ne marche pas, c’est qu’on n’est pas appelé à la musique. Sinon, il n’y a pas de raison qu’elle ne marche pas. 

B24 : Est-ce que la musique marche chez Alain Gires ?

Alain Gires : Je ne me plains pas. On dit souvent que quand il y a la santé, le reste viendra. Je peux dire que ça va parce que j’arrive à mieux me focaliser par rapport à ma carrière. (…)  En 2016, 2017, 2018, j’étais en tournée à Lomé, je suis très fréquent là-bas et sur le plan international, je peux dire ça va.

B24 : Quels sont vos projets pour la promotion de votre album ?

Alain Gires : Pour la promotion de l’album, nous avons un programme. Nous voulons organiser un concert le 22 avril prochain,  le lundi de Pâques sous le thème « Libérer par la puissance de louange ». Ce concert sera la première édition d’un évènement qu’on compte mettre sur pied car chaque année, si tout va bien, l’évènement aura lieu. A cet effet, nous avons commencé la promotion de l’album et de l’évènement  dans certaines radios et télés de la place.

Propos recueillis par Saly Ouattara

Burkina24

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