Entrepreneuriat au Burkina : 24 heures pour “hacker” les politiques nationales

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Comment accélérer la transformation numérique et contribuer à un développement plus équitable, inclusif et durable des économies et sociétés ? Pour y répondre, l’équipe de i4Policy a mis sur le cap sur Ouagadougou après Kigali, Dakar, Abidjan, Bamako, i4Policy. But visé: ’’hacker’’ les politiques publiques en matière d’entrepreneuriat sur le continent africain.

Ce vendredi 22 février 2019 a été consacré journée de co-construction et de proposition de solutions novatrices pour rendre l’écosystème entrepreneurial du Burkina Faso plus propice pour les start-uppers et les investisseurs.

Toute la journée durant, la soixantaine de participants attendus avaient à se pencher sans tabous sur les contours de l’entrepreneuriat. Le tout sous l’observation des représentants de i4Policy qui ont rallié Ouagadougou pour l’occasion et l’œil avisé de responsables de La Fabrique, incubateur et espace de co-working. C’est le cas d’Eva Sow Ebion, cofondatrice de Kinaya Ventures qui met en relation start-ups, corporate et investisseurs. Elle est par ailleurs en charge du community building pour l’Afrique francophone.

« On est convaincu qu’on ne pourra pas réussir à créer de la valeur sans nos gouvernements donc c’est un appel que nous leur lançons, pas pour leur dire que nous avons les réponses, mais tout simplement pour leur dire que nous sommes avec eux pour pouvoir leur apporter le savoir-faire que nous déroulons tous les jours », décline-t-elle. Le but visé par le mouvement est décliné dans le Manifeste de la Politique d’Innovation en Afrique.

Le directeur de l’Agence de financement et de promotion des petites et moyennes entreprises (AFP/PME) au ministère du commerce, de l’industrie et de l’artisanat ne doute pas de la pertinence de la démarche du mouvement qui incite les participants au Hackathon à s’engager dans le processus pour ainsi donner plus de légitimité aux réformes qui seront proposées par la suite.

Avant Ouaga, i4Policy a d’abord posé ses valises à Kigali, Abdjan, Dakar et Bamako. « Ces premiers occupent les premiers rangs dans le classement Doing Business 2019. Ce n’est pas de façon fortuite qu’ils ont décidé d’abriter ce genre d’initiatives », relèvera Honoré Kietyeta. Ces pays dont les capitales ont accueilli l’équipe de i4Policy sont respectivement 29ème, 122ème , 141ème et 145ème. Le Burkina Faso est lui 151ème sur la liste.

La conviction de viser un objectif commun

L’idée d’hacker pour aider à résoudre les problèmes dans le secteur plait bien à Honoré Kietyeta. Et pour cause ! « Les problèmes, nous en connaissons au Burkina Faso »  dit-il. Il voit dans ce hackathon qui réunit sur un même lieu, une même plateforme les acteurs politiques, les entrepreneurs mais aussi des innovateurs « une chance » pour le pays et pour les jeunes qui peuvent « laisser libre cours à leurs idées d’entreprises et leurs innovations futures ».

Des acteurs politiques, il n’en a pas manqué au rendez-vous de Ouagadougou. Kassoum Venegda, conseiller spécial du président du Faso sur les questions de jeunesse et d’emplois, y était. Il s’est rendu sur le campus de l’Institut 2iE où se tenait le Hackathon « pour les (jeunes) écouter, pour savoir quelles sont les difficultés qui se posent à eux » afin d’affiner la politique du « président du Faso (qui) a fait l’option de la promotion de la jeunesse vers l’auto-emploi ».

Le hackathon de i4Policy, c’est aussi et surtout l’analyse des problèmes rencontrés par l’écosystème entrepreneurial dans l’optique de proposer des pistes de solutions novatrices tout en contribuant à l’adoption de politiques publiques favorables à l’entreprise et donc à l’investissement.

« Ils veulent créer de l’emploi. Nous voulons devenir des employeurs donc main dans la main on peut faire de l’employabilité des jeunes plus un succès qu’une problématique comme c’est le cas aujourd’hui », oriente Eva Sow Ebion.

Le directeur de l’AFP/PME a hâte de disposer des propositions de ces influenceurs afin de les intégrer dans la chaine. « La compétitivité ça se gagne sur ce genre de détails », défend Honoré Kietyeta. Kassoum Venegda, conseiller spécial du chef de l’Etat, s’impatiente-lui aussi. « J’espère qu’à la fin de la journée, il y aura des propositions concrètes qui vont être faites et nous allons les traduire en politiques de façon opérationnelle sur le terrain », a-t-il déclaré.

Oui Koueta

Burkina24

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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