100 ans du Burkina, 50 ans du FESPACO et une statue à hauteur de Thomas Sankara

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Le territoire de l’ancienne Haute-Volta, rebaptisé Burkina Faso par le père de la révolution d’août 1983, a 100 ans ce 1er mars 2019. L’occasion pour le chef de l’Etat de rendre hommage aux « pionniers auxquels nous devons notre légitime fierté d’appartenir à cette belle et noble nation, respectée, promise à un bel avenir ».

Créé en 1919, le Burkina Faso sera démembré au profit principalement de de la Côte d’Ivoire, du Mali (Soudan Français d’alors) et du Niger en 1932 en raison de l’importante main-d’œuvre que constituait ce territoire avant sa reconstitution en 1947 au sortir de la seconde guerre mondiale. Comme bon nombre de colonies françaises, le pays accédera à l’indépendance le 5 août 1960.

Six ans plus tard interviendra le soulèvement populaire qui emportera le premier président Maurice Yaméogo. Sa réélection l’année précédente à 99% ne l’épargna pas. Il sera contraint à la démission par la rue. L’armée saisira l’occasion pour accaparer le pouvoir auquel elle ne renoncera pas de sitôt. Pas même au sortir de l’’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a marqué la fin du règne du Capitaine Blaise Compaoré (octobre 1987 – octobre 2014).

Placé à la tête du pays juste après, le lieutenant-colonel Isaac Zida, alors numéro 2 de l’ancienne garde présidentielle passera les commandes au président Michel Kafando à la date 17 novembre 2014. Ce dernier sera ainsi le deuxième chef d’Etat civil à diriger le pays depuis son accession à l’indépendance. Se succéderont entre temps le général Aboubacar Sangoulé Lamizana (1966-novembre 1980), le colonel Saye Zerbo (novembre 1980 – novembre 1982), le médecin commandant Jean Baptiste Ouédraogo (novembre 1982- 4 août 1983), Thomas Sankara (août 1983 – octobre 1987).

Un an après sa prise de pouvoir, le révolutionnaire rebaptisera la Haute-Volta en Burkina Faso. Il aura dirigé le pays pendant quelques trois années mais son nom y est plutôt bien collé, indélébile comme les tâches sur le corps d’un léopard ou d’un guépard. La commémoration du centenaire se déroule dans la même année que le FESPACO.

Le festival du cinéma a pour pays invité le Rwanda. Son président Paul Kagamé est arrivé cet après-midi à Ouagadougou pour prendre part à la clôture samedi dans la soirée. De même que le président malien Ibrahim Boubacar Keita. La matinée sera, elle, consacrée au dévoilement d’une statue à l’effigie du président Sankara sur le site du Conseil national de la révolution là où il a été tué avec 12 de ses compagnons le 15 octobre 1987.

Dans un post sur sa page Facebook, le président Kaboré a rendu un hommage aux pionniers dont « fait partie Thomas Sankara » et auxquels les Burkinabè doivent leur « légitime fierté d’appartenir à cette belle et noble nation, respectée, promise à un bel avenir ».

« A tous les artisans de notre indépendance nationale et à tous les Burkinabè de toutes les couches, dont l’écho de la lutte héroïque et la réputation ont dépassé les frontières nationales, je renouvelle la reconnaissance de la Nation. En ce centenaire de la création de ce que nous ont légué les bâtisseurs de cette « Terre des Hommes intègres » je voudrais engager la génération actuelle à tenir et maintenir haut le flambeau », a écrit le chef de l’Etat.

 L’œuvre, création du sculpteur Jean Luc Bambara, qui sera dévoilée ce samedi le sera en présence l’ancien président ghanéen, le capitaine John Jerry Rawlings du Ghana. Haute de 8 mètres, elle « se veut à la hauteur du grand espoir que le Président Thomas Sankara a suscité, en engageant jadis, son pays, le Burkina Faso, sur les sentiers de la Révolution » selon un communiqué de presse émanant de la présidence du Faso.

Le chef de l’Etat termine son post par une invitation lancée à ses concitoyens : « Nous devons nous donner la main, renforcer notre vivre-ensemble, conjuguer nos efforts et travailler aujourd’hui pour que les enfants du bicentenaire de notre pays, se reconnaissent en nous ».

Synthèse de Oui KOETA

Burkina24

Oui Koeta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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