Santé sexuelle et reproductive des jeunes : PP Global persiste et sensibilise

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User de l’affluence vers les salles de cinéma tout au long du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou. L’astuce est de Planned Parenthood Federation of America (PPFA). L’organisation espère, à travers la diffusion de son spot axé sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes (parentalité planifiée), « avoir un impact plus grand » et par la même occasion contribuer à susciter la discussion autour de la question tout en engageant les décideurs politiques pour un accès facilité aux services de planification familiale.

« Faciliter l’accès des adolescents et des jeunes aux services de santé sexuelle et reproductive, permet de sauver leur vie et de préparer leur avenir ». L’organisation Planned Parenthood en a fait son crédo à travers son projet Voix pour la santé, implémenté sous le slogan la santé des jeunes d’abord. « En principe, les jeunes sont le socle du développement. Si on veut compter sur eux, il faut qu’ils soient en bonne forme. C’est pour cela qu’il faut leur permettre d’accéder facilement et avec les moyens adaptés aux soins et services de santé sexuelle et de la reproduction », explique Sheila Sandrine Sanouidi, coordinatrice des campagnes média à Planned Parenthood.

Pour l’adhésion de plus de voix à la problématique, le spot publicitaire sur la thématique réalisé et diffusé jusqu’ici sur des chaines de télévisions et à travers les ondes radios, a été projeté tout au long du FESPACO en marge de chaque projection dans les salles de ciné. 

Ce jeudi 28 février 2019, nous trouvons Sonia Kocty à la sortie du Ciné Burkina.  Elle a pu suivre à nouveau le spot qu’elle avait déjà vu sur son écran de télévision. « Personnellement, je n’ai pas été tout de suite dans le truc quand j’ai vu le spot. Je serais très gênée de parler de sexualité à mes enfants, avoue-t-elle. Mais, en réfléchissant plus loin, je me rends compte que c’est très important parce que les jeunes n’ont pas forcement de repères », relativise-t-elle.

« C’est très intelligent d’axer une communication sur la santé des jeunes », apprécie Sonia Kocty qui préconise « qu’on les approche de façon efficace, bien adaptée pour leur faire comprendre certaines choses, parce que c’est quand-même gênant de parler de sexualité avec un jeune ».

Nous rencontrons là aussi le jeune réalisateur Ismael Compaoré, co-auteur du documentaire Koglwéogo Land.  Marqué par un aspect du spot, il a tenu à le relever. « Quand en zone mossi, quelqu’un dit ‘ah haaannn’ ! Cela veut dire qu’il a compris. C’est l’un des messages d’un des parents dans le spot quand le médecin a expliqué ce que le jeune couple était venu chercher dans le centre de santé. Cela veut dire qu’il a compris. Si tout le monde, tous les parents pouvaient faire ‘ah haaannn’, ça allait être important ». Ismael Compaoré dit n’avoir « jamais » évoqué le sujet « tabou » avec ses parents. 

Et pourtant, dit-il, il y a bien de quoi en faire un sujet. « C’est important qu’à la maison, surtout pour les filles, qu’on puisse leur parler progressivement parce que l’adolescence est une période cruciale dans la vie d’une jeune fille. Le garçon aussi mais plus la fille parce qu’elle est dans une période risquée et c’est dans cette période que facilement elle tombe enceinte », continue-t-il.

Abstinence, condom

Autre lieu, même thématique. Autour de la sage-femme exerçant à la maternité de Kossodo et l’animateur pour le compte de l’organisation SOS jeunes et défis sur le siège du FESPACO, Rachida et ses amies. Les adolescentes seront rejointes par un groupe de jeunes passant par-là. Il ne faudra pas longtemps pour que les questions fusent de partout à leur endroit sur la santé sexuelle et reproductive.

« Le meilleur moyen, c’est l’abstinence. Sinon, il faut utiliser les condoms. Nous avons aussi la pilule du lendemain. C’est une contraception d’urgence. Mais il ne faut pas dépasser 72 heures après. Ce n’est pas une contraception régulière comme la pilule simple qu’on prend régulièrement », explique Souleymane Sawadogo, animateur pour le compte de l’organisation SOS jeunesse et défis. Il est assisté de Sanata Mané/Compaoré, sage-femme à la maternité de Kossodo. Le prétexte du tabou ne tient pas pour elle. « Il faut qu’on leur dise ce qu’il y a dans la sexualité. Ne rien cacher. Ça évitera beaucoup de choses désagréables », assure la sage-femme.

Passant par-là et attirés par l’attroupement, Rachid et ses camarades Wilfried et Mohamed observeront une halte pour savoir ce qui s’y passe. Ils auront droit eux aussi à une séance de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive.  « C’est utile, apprécie Rachid. On voit le nombre de grossesses précoces. C’est surtout dû au manque d’explications. Les jeunes manquent d’informations sur la chose (comprendre vie sexuelle). S’il y a des campagnes de sensibilisations, cela va vraiment aider. Pas à s’abstenir mais peut-être à contenir certaines choses ».

Son ami Mohamed est lui aussi favorable à l’évocation du sujet en famille comme tous les autres en lieu et place de se priver de parler de sexualité avec son enfant. « C’est ce qui pose le problème avec plusieurs enfants, surtout les filles. On les oblige à rester à la maison et après elles se cachent pour aller faire ces bêtises dehors. A la longue, on voit qu’il y a des grossesses qui apparaissent », déplore-t-il.

Impact ?

La campagne, Planned Parenthood a été lancée fin octobre 2018 en marge du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). « On est sur le bon chemin. On a un retour du public qui dit que c’est important de discuter de ces questions avec les jeunes. Maintenant quand ils voient le spot, partage Sheila Sandrine Sanouidi, ils ont le réflexe d’en discuter avec eux. On pense et on espère que ça va faire changer favorablement ».

Oui KOETA

Burkina24

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