8-Mars 2019 au Burkina : Quand la réflexion contre le terrorisme remplace le djandjoba

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La communauté internationale a commémoré ce vendredi 8 mars 2019 la  162e Journée internationale de la femme. Au Burkina Faso, l’événement a été célébré à Koupèla dans le Centre-Est sous le thème : « contribution de la femme à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion sociale». La cérémonie a été présidée par l’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré.

Situation sécuritaire oblige, cette année la journée internationale de la femme a été commémorée de la façon la plus sobre au Burkina, la préoccupation étant de trouver des  solutions  contre les attaques terroristes  qui sévissent depuis janvier 2016 au Burkina. Cette fois, la gente féminine a fait abstraction des traditionnels djandjoba et défilés pour s’interroger sur sa contribution à la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation.

En effet, ce sont les femmes qui payent le lourd tribut dans cette situation d’insécurité avec des cas d’atteinte d’intégrité physique, mais aussi la perte de leurs époux et  de leurs enfants qui sont en général  les pourvoyeurs de revenus.

Selon la ministre de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire Hélène Marie Laurence Ilboudo /Marshall,  les attaques terroristes ont occasionné de nombreuses pertes en vie humaine, la déstabilisation du système éducatif, des conflits intercommunautaires, le déplacement massif de plus 86 000 personnes, entre autres.

 « Cette bataille ne peut être l’affaire seule du gouvernement, encore moins des Forces de Défense et de Sécurité. La contribution de chaque citoyen, particulièrement [des femmes] est indispensable », dira la première responsable du département en charge de la promotion de la femme.

A l’en croire, les femmes ont toujours joué un rôle intermédiaire dans les situations de conflits en facilitant la communication et les négociations. Les femmes ont la capacité,  de pouvoir détecter les premiers signes de radicalisation de leurs enfants et de comprendre les facteurs susceptibles d’influer leur choix, a-t-elle expliqué.

En choisissant le thème : « contribution de la femme à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion sociale », l’objectif est d’attirer l’attention sur l’impérieuse nécessité de prendre en compte la femme dans la prévention et dans la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, dira pour sa part la Première dame Sika Kaboré. Elle a indiqué que les femmes sont porteuses d’initiatives et solutions efficaces contre  l’extrémisme violent et la radicalisation.

Au cours de cette commémoration du 8 mars 2019, Sika Kaboré a exhorté toutes les populations à collaborer solidairement avec les FDS et à s’approprier la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme à travers des dénonciations de comportements suspects.

Quelques actions réalisées en 2018 en faveur de la femme burkinabè

Faisant le bilan des actions réalisées au profit des femmes en 2018, la ministre Hélène Marie Laurence Ilboudo/Marshal  a fait cas de la  tenue d’un dialogue direct le 8 mars 2018 entre le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré et les femmes, l’effectivité de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, la délivrance d’actes de naissances  au profit de 17 820 femmes, parmi lesquelles 4620 ont  bénéficié de la Carte Nationale d’Identité burkinabè (CNIB) et dont 10% vivent avec un handicap, la dotation de 87 associations de matériels de transformation, la prise en charge des  frais de formations de 60 adolescentes en filière de formation professionnelle innovante, la dotation de 50 femmes en engrais, etc.

Cette cérémonie a également été mise à profit par le ministère en charge de la promotion de la femme pour exprimer la reconnaissance de la Nation à travers des décorations à  plusieurs  personnalités qui se sont distinguées par leurs œuvres à l’épanouissement de la femme.

Prince Akim, officiellement parrain des femmes du Centre-Est…

L’autre temps fort de cette cérémonie a été l’installation de Fasnewendé Minoungou dit Prince Akim comme parrain des  femmes du Centre-Est. Désormais, cet opérateur économique et président de la chambre consulaire régionale du Centre-Est,  aura pour mission de guider et conseiller les femmes de sa région, de les appuyer dans la mobilisation des ressources financières pour la mise en œuvre des actions prioritaires des femmes, et de les accompagner dans leurs initiatives de développement, entre autres.

L’occasion a été également belle pour la ministre de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire de présenter au nom de toutes les femmes leurs meilleurs vœux pour l’année 2019 à Sika Kaboré.

Des décorations et du football

A noter qu’une quarantaine de personnes qui se sont illustrées dans la promotion de la femme mais également en s’investissant particulièrement dans la solidarité et l’entraide sociale ont été distinguées. Parmi eux, un acteur des réseaux sociaux très connu et dont la renommée dans le bienfait pour autrui est reconnu et salué. Il s’agit de Alain Traoré, plus reconnaissable sous le surnom Alino Faso.

Par ailleurs, initiée en collaboration avec la Fédération burkinabè de football féminin, la première édition de la Super Coupe Dames Football, inscrite désormais dans le cadre du 8-Mars, a connu le sacre de l’équipe de l’Union sportive des forces armées (USFA) a remporté le trophée devant Etincelles football club. Cap est mis sur 2020 pour la prochaine célébration de l’autre moitié du ciel.

Maxime KABORE

Burkina 24

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