Les questionnements de Ablassé Ouédraogo sur “la maison de la Jeunesse La Ruche”

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Ceci est une déclaration de Ablassé Ouédraogo, président du parti Le Faso Autrement, sur “La Ruche” à Ouagadougou.

Avant toute chose, je voudrais lever toute équivoque ou mauvaise interprétation dont pourrait faire l’objet mon questionnement en faisant tout simplement mien l’adage de nos ancêtres qui dit que « Sokre la Baangré ». En français facile, cela se traduit par : « quand on veut savoir, on demande ».

Je voudrais, en outre, saluer la qualité des relations diplomatiques et de partenariat qui existent entre le Burkina Faso et la France et  féliciter les différents acteurs concernés  pour tous les efforts qui sont déployés pour qu’il en soit ainsi.

Le vendredi 19 octobre 2018, les Ministres Français et Burkinabè des Affaires étrangères, Messieurs Jean Yves LE DRIAN et Alpha BARRY ont procédé à l’inauguration à Ouagadougou, tambour battant, de « La RUCHE » la maison dédiée à la jeunesse africaine pour la promotion de jeunes talents dans des domaines tels que la formation, l’entreprenariat et la culture.

A cette occasion, le Ministre Jean Yves LE DRIAN a rappelé que le Président Français, SEM Emmanuel MACRON, avait promis à la jeunesse africaine au cours de sa visite à Ouagadougou  du 27 au 29 novembre 2017, un cadre d’expression des jeunes au Burkina Faso. Les Burkinabè et les Africains avaient applaudi fortement à l’annonce de cette nouvelle donnée par le Président MACRON. Et tout le monde attendait impatiemment la réalisation de cette promesse, la seule retombée matérielle de la visite présidentielle française  de novembre 2017 à Ouagadougou.

La maison de la jeunesse africaine, « La RUCHE », accueillera et hébergera  l’ONG France Volontaires qui recevra annuellement 800 volontaires français, Campus France et Canal France International. Il est important d’indiquer que c’est l’ancienne Paierie de France, qui a été convertie pour le besoin. Le bâtiment  est situé dans la zone rouge de très haute sécurité, entre la Direction Générale de la Police Nationale et la Direction Régionale des Douanes sur le Boulevard de l’Indépendance. L’accès à la « RUCHE » n’est certainement pas facile aux utilisateurs ciblés.

La maison de la jeunesse africaine, donc destinée à toute la jeunesse du Continent telle que promise par le Président Français Emmanuel MACRON, ne saurait être l’ancienne Paierie de France même rénovée.

Rappelons à titre de comparaison, la promesse faite par l’ancien Président Français Jacques CHIRAC lors de sa visite à Ouagadougou les 5 et 6 décembre 1996, de construire à la demande du Président Blaise COMPAORE, un Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique. Celui-ci sous le nom Charles de Gaulle est sorti de terre, concrétisant ainsi la réalisation d’une promesse. Mon collègue, Ministre de la Santé d’alors et aujourd’hui Premier Ministre, Christophe DABIRE et moi-même avons été des témoins actifs et privilégiés des négociations ayant abouti à sa construction.

Le « joyau » inauguré le 19 octobre 2018 ne correspond absolument pas aux attentes des Burkinabé et des Africains. Mieux, et si je ne m’abuse, le bâtiment dont il s’agit est une propriété de l’Etat Burkinabè que le gouvernement voltaïque avait mis à la disposition de l’Ambassade de France pour servir de Pairie et faciliter ainsi le paiement des pensions des anciens combattants voltaïques. Nous n’avions pas compris que la promesse du Président Macron consistait en fait à une simple  rétrocession immobilière.

De ce qui précède, on comprend que le citoyen burkinabè ordinaire se pose des questions sur ce qui ressemble à de la duperie et qu’il serait approprié que notre Ministre des Affaires étrangères, SEM Alpha BARRY apporte des éclaircissements  sur l’inauguration du 19 octobre 2018 de l’ancienne Paierie de France comme la Maison de la Jeunesse Africaine offerte par le Président Emmanuel MACRON.

Le Président du Faso, SEM Roch Marc Christian KABORE, patron de la politique étrangère de notre pays, est ici vivement interpellé pour qu’il ne s’endorme pas et laissé ainsi enterrer cette promesse faite en toute amitié à la jeunesse africaine par SEM Emmanuel MACRON, Président de la République Française. C’est quand même la France.

De mon expérience dans la vie, j’ai retenu que dans les relations internationales et surtout en matière de diplomatie, l’activisme démesuré produit généralement du vent. Le perdant est le pays puisqu’on fait la promotion de sa personne sur le dos dudit pays que l’on prétend servir.

Malheureusement, la diplomatie burkinabè est devenue depuis un certain temps un tremplin pour des individus au lieu d’être une arme de développement au service de notre pays. A cette allure, on ne doit pas s’étonner de voir l’influence du Burkina Faso reculer dans le monde et sa diplomatie accumuler des échecs, le plus retentissant étant le financement du PNDES, un catalogue de vœux pieux et un leurre. Et notre diplomatie est incapable de convaincre les partenaires autour de ce programme de gouvernement du Président KABORE, contrairement aux attentes de tout un peuple.

Plus récemment aussi, notre diplomatie s’est encore illustrée négativement à travers l’échec de la candidature burkinabè au poste de Secrétaire général adjoint de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT).

Dans le même registre, rappelons aussi que le Burkina Faso a rétabli ses relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine depuis bientôt un an, avec l’ouverture d’Ambassades résidentes dans les capitales des deux pays, mais nos compatriotes sont toujours obligés d’aller chercher les visas pour voyager en Chine dans les pays voisins.

Ce qui pose d’énormes problèmes dans le développement des échanges commerciaux entre les deux pays comme peut attester le fait qu’à ce jour nos opérateurs économiques ne bénéficient pas des autorisations d’exporter sans taxes vers  la Chine de produits burkinabè comme le sésame, obligeant ainsi nos compatriotes à exporter sous le couvert de pays voisins afin d’éviter de payer les taxes imposées.

Dans la même dynamique, l’ouverture sans délai d’un Consulat général dans les villes fréquentées par nos compatriotes comme Goanzu ou Shanghai s’impose comme un arrangement complémentaire à l’ouverture de l’Ambassade du Burkina Faso à Bejing, si l’on veut mieux protéger réellement nos compatriotes et leurs biens dans cette juridiction diplomatique. Cela participerait à l’ouverture au commerce international de nos opérateurs économiques qui n’aspirent qu’à participer au développement économique de notre chère patrie.

 Aussi, au lieu de continuer à se chatouiller pour rigoler et faire semblant que notre politique étrangère était productive et servait aux ambitions de développement de notre pays, vivement que nos plus hautes autorités ouvrent enfin les yeux et comprennent que la position du Burkina Faso se rétrécie dans le monde.

Que Dieu sauve le Burkina Faso.    

Dr Ablassé OUEDRAOGO

Président du Parti

Commandeur de l’Ordre National

B24 Opinion

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