Putsch: Une proclamation datée du 6 septembre attribuée au Général Diendéré qui nie

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L’expert en investigation numérique, Younoussa Sanfo, a poursuivi sa déposition dans la matinée de ce mardi 19 mars 2019. L’ingénieur informaticien comparaîtra de nouveau le lundi 25 mars prochain. Mais, après cette décision du Président du Tribunal, une autre page du procès s’est ouverte. Il s’agit de la présentation des pièces à conviction et de la projection des éléments sonores et vidéos versés dans ce dossier de putsch manqué de septembre 2015.

L’audience de ce mardi 19 mars 2019 a débuté avec toujours la parole dans le camp des avocats de la Défense. Certains d’entre eux, en l’occurrence Me Dieudonné Bonkoungou, l’un des avocats du Général Bassolé, supputera que l’expert Youn Sanfo ferait partie des initiateurs de la radio de la résistance qu’il qualifie de radio pirate. Sur un autre sujet, l’informaticien  avoue avoir découvert dans le répertoire du Général Diendéré un numéro enregistré au nom de Sidi Lamine Oumar.

Mais, qu’après vérification auprès de l’opérateur de téléphonie, ce numéro était enregistré au nom d’une autre personne. Me Bonkoungou demande à l’expert la clé de ce « mystère ». « Ce n’est pas le travail d’un expert. Un expert ne donne pas des ordres au Juge. Il ne fait que ce qu’on lui a demandé. J’ai fait le constat et j’ai remis au Juge », réagit M. Sanfo. Après les questions et observations de l’auxiliaire de justice, le Capitaine Oussène Zoumbri est appelé au prétoire à la demande du Parquet.

L’accusé reconnaît certains messages échangés entre lui et le Lieutenant Jacques K. Limon. Pour prendre au dépourvu le prévenu, le Ministère public reproduit et brandit une nouvelle pièce contenant un relevé d’échanges incriminant les accusés cités. Lesdits échanges se seraient tenus entre le 15 et le 30 septembre 2015. Me Adrien Nion, avocat du Capitaine Zoumbri, sollicite une suspension d’audience afin de mieux examiner cette pièce qu’il juge « volumineuse ».

Quand un avocat perd ses documents en plein procès…

L’avocat du Lieutenant K. Jacques Limon, Me Mamadou Sombié, lui, tient à faire quelques observations : « Ce document ne veut rien dire. Ça ne vaut rien ». Le Parquet revient à la charge avec d’autres nouvelles pièces comportant des communications téléphoniques et des SMS et qui impliquent cette fois le Général Diendéré, le journaliste Adama Ouédraogo et l’ancien Bâtonnier Mamadou Traoré.

Le Président du Tribunal a décidé que les débats sur ces pièces puissent se dérouler le lundi 25 mars 2019 à partir de 9h avec toujours à la barre l’expert Younoussa Sanfo. Par ailleurs, après une brève suspension d’audience, Me Nion qui venait d’opiner sur une copie des pièces qu’il venait de recevoir ne retrouvent plus les siennes : « Monsieur le Président, je ne sais pas qui a pris mes pièces, mais je ne retrouve plus pour moi ». Le Procureur promet de lui en trouver dans les moments qui suivront.

L’audience se poursuit avec la présentation des pièces à conviction. Au total, quatre scellés ont été exposés dans la Salle des banquets de Ouaga 2000. Le premier lot est constitué d’un fer à repasser, d’une mallette de couleur noire et d’une statuette de couleur blanche représentant une femme. Selon le Parquet, il s’agit des biens provenant du domicile du défunt Président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo. Ces propriétés ont été saisies des mains de Fayçal Nanéma qui reconnait les avoir achetées.

Une déclaration en date du 6 septembre 2015 attribuée au Général Diendéré

Le second scellé présenté par le Parquet est une enveloppe contenant une déclaration du Conseil patriotique national pour la démocratie (CPND) datant du 15 septembre 2015, une déclaration sans date du Conseil national pour la démocratie (CND), un plan urgent et immédiat sans date, un programme d’activités du CND, une proposition de sortie de crise, une lettre du Président de la Transition et cinq communiqués manuscrits du CND datant du 17 septembre 2015.

Ces matériels, selon le Procureur militaire, ont été saisis pour le compte du Magistrat Colonel Abdoul Karim Traoré. Ce dernier a réfuté une partie du scellé notamment la lettre du Président de la Transition et la déclaration du CPND. Le troisième scellé est un ordinateur portable de marque HP de couleur noire contenant la déclaration du CPND datée du 6 septembre 2015. Pour le Parquet, c’est sans doute l’ordinateur du Général Diendéré. Mais, « Golf » dit ne pas reconnaître l’appareil car rien ne prouve que ce soit le sien.

Le quatrième et dernier scellé est une enveloppe contenant une clé de marque Imation qui comporte des conversations audio de six personnalités et une clé TOSHIBA comportant un communiqué du CND et des images prises à Ouagadougou. Après des débats houleux sur l’authenticité ou non et l’origine desdites pièces, place a été faite à l’étape suivante : le début de la projection des éléments sonores et vidéos. Trois écrans de télévision ont été configurés pour l’occasion. Mais, il est déjà 17h moins. La projection des éléments, probablement ceux de la clé TOSHIBA, débute donc ce mercredi 20 mars 2019 à 9h.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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