Putsch : Fatoumata Diendéré suggérait la création d’une rébellion

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Le vendredi 29 mars 2019 au tribunal militaire, des écoutes téléphoniques interceptées en septembre 2015 lors du coup de force perpétré par certains éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et diffusées ont mis en exergue le général Gilbert Diendéré, Fatoumata Diendéré, épouse du général, Ismaël Diendéré, fils du général, Fatoumata Thérèse Diawara, fiancée du fils du général, Sidi Oumar Lamine, inculpé et l’ancien Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro.

« Ferme la porte et reste dans ta chambre. [Alassane] Ouattara est informé et je vais essayer d’informer tout le monde. Nous allons faire pression sur la Nonciature », ainsi parlait l’ancien Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro en s’adressant au général Gilbert Diendéré qui s’était réfugié à la Nonciature après le bombardement du Camp Naaba Koom II le 29 septembre 2015.

Dans cette visée, le général Diendéré, surnommé Delta dans la pièce sur les écoutes, a reçu des appels de son fils, nommé ”Delta fils” qui avait à ses côtés Fatoumata Diawara. Ces deux derniers informaient le général Diendéré d’ « actions entreprises » pour le faire quitter le pays. « Ils ont commencé des choses pour toi et l’autre (Djibrill Bassolé selon le Parquet militaire) pour vous faire sortir », relatait Fatoumata Thérèse Diawara. Le 30 septembre 2015, Delta fils disait ceci à son père : « on est en train de trouver des solutions, de passer des appels pour vous faire sortir (…) Tenez bon, ça va marcher ».

« Faure est rentré de New-York et il va gérer ton affaire »

Le 1er octobre 2015, alors que le fils s’affairait pour trouver une porte de sortie pour Delta, celui-ci s’était résigné. « C’est tard, je suis en train de partir ». Le fils (Ismaël Diendéré) insiste pour que le père (Gilbert Diendéré) appelle la mère (Fatoumata Diendéré). « Appelle maman, elle dit que ça va marcher (…). Faure a appelé Kafando qui a prévenu Zida (…). Ils savent que ça va marcher, c’est pour cela qu’ils mettent la pression », lance Delta fils. Le même appel est réitéré par Fatoumata Thérèse Diawara.

« Tonton pardon, écoute-nous pour une dernière fois. Ils ont appelé le Vatican. Ils ont appelé beaucoup de chefs (…). S’ils te prennent, ils ont enfreint la loi (…). Faure est rentré de New-York et il va gérer ton affaire (…). Toi si on te prend, ils vont t’éliminer (…). Il faut nous faire confiance une heure seulement », suggérait Fatoumata Thérèse Diawara.

Dans un autre élément sonore diffusé, le général Diendéré conversait avec « Deltarette » qui est, selon les enquêteurs, Fatoumata Diendéré, épouse de Delta. Celle-ci faisait savoir que des actions sont menées pour que le général quitte le pays. « La CEDEAO nous a laissés tomber. Je vais faire face à la justice et on sera condamné (…). Tu peux faire ce que tu peux, mais ce n’est pas évident que ça marche », est la réponse du général Diendéré. « Quelle peine ? », demande Fatoumata Diendéré. « Ça va être la peine maximale », reprend le général à l’autre bout de la ligne.

« Créer une rébellion dans la zone de Bazèga et de Pô »

En commentaire suite à cette réponse du général Diendéré, le Parquet estime que le présumé cerveau du putsch « facilite la tâche du Tribunal (…). Le général lui-même propose cette peine (…). Mais curieusement à la barre, il nie avoir planifié ni organisé ni exécuté le coup d’Etat ». Toujours dans ses commentaires suite à la diffusion d’un autre élément sonore, le Parquet a félicité le général Diendéré pour n’avoir pas « écouté son épouse ».

Dans cette écoute, il était question de « créer une rébellion dans la zone de Bazèga et de Pô ». A cette demande, le général Diendéré a posé des « inquiétudes logistiques ». A noter que Fatoumata Diendéré/Diallo est poursuivie dans le procès du Coup d’Etat de septembre 2015 pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre et coup et blessures volontaires. Actuellement, elle est toujours en fuite.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

Il y a 3 commentaires

  1. Plus on en apprend avec ces bandes audios, plus in devient évident que Diendéré ayant très rapidement compris qu’il avait perdu son coup de poker, cherchait à limiter la casse. Mais il y avait les jusqu’au boutistes avec à leur tête sa femme, Bassolé et Soro en tête.
    Seulement voilà. Peu de gens veulent voir cela car dans leur esprit, Diendéré n’est pas uniquement jugé dans ce procès pour ses actes pendant ce putsch, mais pour l’ensemble des crimes de sans imputés au RSP et à son ancêtre le CNEC de Pô.

  2. Donc, on peut par là comprendre certaines attaques contre l‘est du Burkina Faso. Dieu merci que ce coup de merde n‘ait pas marché, sinon c‘etait la purge comme en octobre 1987.

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