Diaspora : Les Burkinabè d’Espagne veulent une ambassade

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Nebon Babou Bassono est le président de l’Association des Burkinabè de Barcelone et le délégué de la diaspora burkinabè en Espagne au sein du Conseil Supérieur des Burkinabè de l´Extérieur, CSBE. Ce natif de Ténado a obtenu en 1986 une bourse d’étude à Cuba en Amérique Latine où il a poursuivi ses études secondaires et polytechniques option Technicien en Montage et Réparation de Machines-Outils à l’institut Polytechnique Julius Fucik de la capitale, Santiago de Cuba. Installé à partir de 2007 en Espagne « pour des raisons familiales et professionnelles » depuis son expatriation, Nebon Babou Bassono a su ajouter plusieurs cordes à son arc : Agent de voyages, expert en Coopération Internationale et Aide au Développement obtenu à l’Institut Européen d’Études en Entreprenariat. Il est en outre le Coordinateur de Projets de Coopération au compte de l’Association Pa I Mel/Burkina

B24 : A combien estimez-vous les Burkinabè vivant à Barcelone regroupés au sein de l’Association des Burkinabè de Barcelone  ?  

N.B.B. : Ici à Barcelone, nous sommes un peu plus de 200 Burkinabè réunis au sein de notre Association. La particularité de notre association réside dans le fait que nous avions également des membres du pays d’accueil, des ONG, des professionnels qui ont travaillé par le passé au Burkina Faso et qui en ont gardé un lien indéfectible. Nous comptons en notre sein, également, de simples sympathisants. Ces deux catégories de membres assistent à nos réunions au même titre que n’importe quel Burkinabè, je dirais les Burkinabè d’origine.

La première obligation de l’association est de venir en aide à tous les Burkinabè résidents à Barcelone, voire en Espagne lorsqu’un compatriote est dans le besoin. Faciliter l’intégration et l’insertion des Burkinabè dans le pays d’accueil, promouvoir les relations culturelles et de coopération internationales entre la Catalogne et le Burkina Faso.

Nous menons des activités dont les principales sont la tenue de réunions mensuelles, s’entraider et s’assister mutuellement et faciliter l’insertion sociale des nouveaux arrivants (Burkinabè) en Espagne. Nous travaillons à promouvoir la culture de notre pays, le Burkina Faso au cours d’activités culturelles et artistiques.

En fin de compte, nous nous évertuons à contribuer au développement économique du Burkina en réalisant des projets de coopération destinés au pays ainsi que des projets de support communautaire. Nous citerons à ce sujet Migrano de Arena qui est en fait une campagne de crowfunding en vue d’assister le Burkina Faso face à ses défis alimentaires.

B24 : Quel genre de relation entretient votre association avec la représentation  diplomatique du Burkina Faso ici en Espagne ?

N.B.B.: Nous entretenons des relations cordiales avec le consulat honoraire du Burkina Faso à Barcelone. Nous l’invitons et le tenons au courant de nos activités. En retour, il nous transmet les notifications reçues  de l`ambassade du Burkina Faso basée en France, des autorités du pays et du pays d’accueil.

Il en est autant avec la première responsable du consulat honoraire du Burkina Faso à Madrid. Elle est également d’un soutien important pour notre communauté. Nous tenons, par ailleurs, à leur témoigner notre gratitude.

B24 : Vous êtes également délégué CSBE. Dites-nous les principales attentes de vos compatriotes vis-à-vis des autorités du Faso. En d’autres termes, quels sont les défis auxquels sont confrontés au quotidien les Burkinabè de Barcelone et en général de l’Espagne ?

N.B.B. : Lors  du forum national de la diaspora qui s’est tenu du 11 au 13 juillet 2018 à Ouagadougou, nous avions plaidé au nom de toute la diaspora burkinabè d’Espagne pour l’implantation effective d’une représentation diplomatique du Burkina Faso en Espagne.

Notre préoccupation est d’autant plus fondée que l’article 72 du nouveau code électoral  nous disqualifie d’office de notre droit d’exercer notre devoir citoyen, celui du vote. En outre, nous pensons qu’une  représentation diplomatique contribuera à dynamiser les relations commerciales et de coopération entre l’Espagne et le Burkina Faso et à  donner plus de visibilité à la diaspora burkinabè en Espagne quand il s’agit de formuler des propositions et faire des propositions concrètes pour le développement du Burkina Faso et pour le bien-être de nos concitoyens.

B24 : Quel est le sentiment général des Burkinabè en Espagne au regard du nouveau code électoral et principalement du chapitre des pièces de votation pour la présidentielle 2020 au Faso ?

N.B.B. : Nous constatons hélas que le débat a été politisé et regrettons le manque de solidarité  au sein même de la diaspora burkinabè à travers le monde. Tandis que les Burkinabè vivant en Espagne luttent pour leur droit de vote, la question des pièces de votation est au cœur d’une polémique.

L’article 72 du code électoral, qui stipule qu’« à l’étranger, il est créé un bureau de vote dans chaque ambassade et/ou consulat général dont la juridiction diplomatique compte au moins cinq cents Burkinabè immatriculés. En cas de nécessité, il est créé plusieurs bureaux de vote au sein de l’ambassade ou du consulat général », nous disqualifie d’office de notre droit de vote. Pourtant l’Espagne est le troisième pays européen où vit un grand nombre de Burkinabè, selon les données de l’OCDE. Curieusement, le débat est transporté ailleurs.

Nous avons à cet effet, produit une déclaration dans laquelle nous appelons les autorités de notre pays à œuvrer à l’ouverture d’une ambassade du Burkina Faso en Espagne au regard des chiffres produits avancés sous peu avec toutes les contingences que cela comporte mais également vu les échéances à venir.

B24 : Au chapitre de l’intégration des Burkinabè à Barcelone, pensez-vous que vos compatriotes sont suffisamment intégrés  ?

 N.B.B. : Il est difficile de répondre avec précision à cette question. Toutefois, nous je peux vous assurer que nombreux de nos compatriotes résident depuis plus de 20 ans ici en Espagne. Ils gagnent leur vie en travaillant comme les nationaux. D’autres sont installés à leur propre compte. Malheureusement, un bon nombre d’entre nous est confronté au problème lié à leur immigration régulière. Ce sont ceux qu’on appelle les « Sans Papiers ». Ces derniers sont particulièrement éprouvés par leur condition de vie et de travail très précaires.

B24 : Votre mot de fin sur la situation sécuritaire qui prévaut au Burkina Faso

N.B.B. : Nous sommes tristes et très préoccupés par la situation sécuritaire au pays. Les informations qui nous reviennent font état d’attaques terroristes régulières causant une dégradation de la situation sécuritaire nationale. Nous attendons comme tous les Burkinabè vivant au Faso, une réponse proportionnelle et beaucoup plus ferme de la part de nos autorités. Au nom de toute la diaspora burkinabè d’Espagne, je présente mes sincères condoléances aux familles des victimes des attentats terroristes au Burkina Faso. Toutes nos félicitations et  tous nos encouragements à nos forces de défense  et de sécurité (FDS). Je vous  remercie.

Interview réalisée par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU 

Burkina24

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