« Duga , les charognards » : Miroir sur la société

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Il est l’un des trois longs métrages burkinabè en compétition pour l’« Etalon d’or du Yennega ». « Duga les charognards » s’en tire avec le prix Signis et le prix spécial UEMOA et un bon accueil de la part du public. Après l’euphorie de la fête du cinéma à Ouagadougou puis à Bobo-Dioulasso, il revient en salle, au Ciné Burina et ce du 1er au 7 avril 2019.

« Duga », « les charognards » en dioula, un film de Abdoulaye Dao et Eric Lingani, questionne sur l’effritement de la société, la perte des valeurs morales. Un drame teinté de comique mais qui relate les réalités. Le manque d’humanité, l’argent est le maître mot, les services de l’Etat sont sans état d’âmes, les religions n’en font pas mieux.

Rasmané, vieil orpailleur se retrouve avec le cadavre d’un de ses amis orpailleurs, Pierre sous les mains. Pierre, qui  pour avoir renié auparavant le trône dans son village et épousé une étrangère, n’a pas droit à une sépulture dans son village, ni aux rituels mortuaires de sa communauté.

D’un côté, des jeunes marginaux de la société, appelés « les charognards » découvrent un bébé abandonné dans la brousse et décident de l’amener à la police. Les « charognards » comme ces oiseaux répugnants mais qui nettoient la ville des animaux en putréfaction, ces jeunes, le sont, car ils récupèrent tout pour les recycler, jusqu’au cadavre de Pierre.

Ces jeunes tenant un kiosque, ne sont pas vus d’un bon œil. Rasmané à qui ils louent le kiosque menace de les chasser du lieu. Rejeté par les différentes composantes de la société, le cadavre de Pierre fera le tour des religieux, les catholiques ne le reconnaissant pas puisqu’il n’a pas été baptisé par leur congrégation, les musulmans ne commettront pas ce « haram » en inhumant un non musulman.

La quête de l’argent sans moralité.

Garder le cadavre à la morgue est question de « deal » avec le gardien. Gouda, le chauffeur du mini bus transportant la dépouille l’abandonne en pleine brousse. Deux amis orpailleurs sont prêts à exhumer le corps de Pierre pour retrouver leur or.

Le parallélisme entre la vie et la mort

Ici naître n’est pas source de bonheur, la mort qui devrait être le repos comme on le dit, ne l’est pas. Ce bébé qui nait sans connaitre ses parents et Pierre dont le cadavre est renié par les siens.  Dans les deux  cas, il y a problème. Les charognards ont maille à partir avec la police et le service de l’action sociale pour avoir trouvé le bébé. Rasmané errera avec le cadavre sous la main.

Ce film veut donner un peu d’humanisme à la société. Chaque être humain a une importance dans la vie et peut y contribuer pour peu qu’on lui donne l’occasion. Les réalisateurs questionnent le vivre ensemble à travers des faits presque banals mais qui ouvrent la lucarne pour faire réfléchir, rire ou pleurer, peut-être mais aussi apprécier la vie et l’être humain.

Au FESPACO à Ouaga comme à Bobo, le film plait au public. Eric Lingani dit avoir gagné l’ « Etalon de diamant », celui du public, car c’est pour le public que le film est fait.

Le film est concocté par un trio, Guy Désiré Yaméogo au scénario et réalisé par Abdoulaye Dao connu pour ses séries, « Vis-à-vis » et Eric Hervé Lingani, avec des comédiens et pas des moindres, Abdoulaye Komboudri, Serges Henri, Ildevert Méda, Charles Wattara, Joséphine Kaboré et bien d’autres.

Le film est déjà à la conquête du public à l’extérieur. Il est sélectionné  au festival du cinéma d’Afrique en Angers qui se tient du 2 au 7 avril 2019.

Revelyn SOME

Burkina24

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