Tueries à Zoaga et Arbinda : Invite à « se départir de toute tentative de justice sommaire »

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Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2019 à Zoaga, commune de Zabré, dans le Centre-Est du pays, huit personnes ont trouvé la mort. Quatre autres ont été blessés à la suite de ces affrontements liés à la succession du chef coutumier. Presqu’au même moment, sept personnes dont le Cheikh, son fils aîné et son cousin, succombaient dans le département d’Arbinda dans le Soum, région du Sahel.

Simultanéité. Les affrontements ont lieu le même jour dans la soirée. Pendant que dans le village de Hamkane, département d’Arbinda, province du Soum le Cheikh (leader religieux) et deux membres de sa famille (son fils et son cousin) étaient tués par des individus.  Dans le même intervalle de temps, à Zoaga, commune de Zabré, province du Boulgou, le domicile du chef coutumier faisait l’objet de l’irruption « d’hommes armées venus de villages frontaliers du Ghana ». Résultat, « cette attaque a fait huit (08) morts et quatre (04) blessés », selon un communiqué du ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale.

Dans un post sur sa page Facebook, l’ancien ministre de la culture démissionnaire, Tahirou Barry partage son indignation face à ces « attaques terroristes, barbares et lâches, représailles communautaires, crises de chefferies sanglantes, montée de l’incivisme et de l’intolérance à tous les niveaux ». Dans un communiqué rendu public ce mercredi 3 avril 2019, le président du Faso, rentré de Dakar où il a pris part à l’investiture de son homologue Macky Sall, appelle « en ces moments difficiles où la cohésion sociale est diversement mise à rude épreuve au renforcement de la culture de la tolérance, de la paix et du dialogue ».

Renvoi de la balle

A un an des prochaines échéances électorales, les partis politiques de l’opposition et ceux du pouvoir n’ont de cesse de lancer des accusations dans l’air. Le MPP, parti au pouvoir, s’est fendu dans un communiqué dans lequel, il « dénonce la manipulation communautaire et politique orchestrée par de sinistres individus aux ordres et dont les populations sont les innocentes victimes dans le septentrion et dans le Centre-Est ».

Toute chose qui ne contribue pas à apaiser les esprits de part et d’autre obligeant le chef du gouvernement à jouer les médiateurs. Christophe Dabiré a entrepris une série de rencontres avec les acteurs politiques. Après l’Alliance des Partis de la Majorité Présidentielle (APMP), le chef de l’exécutif était au siège du chef de file de l’opposition politique (CFOP) ce 1er avril pour dit-il recueillir les « observations et des critiques sur la manière dont le pays est dirigé » dans l’optique de savoir comme le « conduire vers une destinée meilleure ».

Après avoir été briefé sur les deux crises au lourd bilan humain, le chef de l’Etat « condamne avec la plus grande fermeté les évènements dramatiques » survenus dans ces deux localités. Tout en annonçant que « des instructions fermes ont été données aux Forces de défense et de sécurité pour qu’elles renforcent la sécurité des populations desdites localités », Roch Kaboré invite les protagonistes à faire preuve de « calme et à la retenue, et à se départir de toute tentative de justice sommaire ».

Le même communiqué informe qu’« une enquête sera diligentée sur les circonstances de ces événements, afin que les coupables subissent la rigueur de la loi ». Un nouvel renvoi de la balle dans le camp du pouvoir judiciaire vers lequel les regards sont tournés depuis l’insurrection populaire dans un pays fort assoiffé de justice.

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