Burkina : C’est parti pour la Semaine des énergies renouvelables !

418 0

C’est parti pour sept jours de promotion des énergies renouvelables. A travers la Semaine des énergies et des énergies renouvelables d’Afrique (SEERA), Ouagadougou veut attirer des investisseurs et soutenir le développement durable du secteur de l’énergie en vue d’une transition énergétique réussie.

La chaleur suffocante dès 10h du matin sur la capitale donne « tout son sens » à la tenue de la troisième semaine des énergies renouvelables d’Afrique qui se tient du 4 avril au samedi 6 avril au centre international de conférences de Ouagadougou. « Vous voyez combien il faut chaud », fera remarquer le ministre de l’énergie Bachir Ismael Ouédraogo au sortir de la cérémonie d’ouverture de la troisième édition de la Semaine des énergies renouvelables d’Afrique.

A l’intérieur du centre, Issiaka Topan, promoteur dans le domaine des énergies renouvelables, écoute d’une oreille attentive les explications des exposantes du Programme national de biodigesteur (PNB) sous la supervision de la responsable technique Gladys Sandwidi. « C’est un grand intérêt pour moi de visiter les différents stands sur place ici que j’admire. Je suis en train de déguster avec beaucoup de passion », partage-t-il.

Le biodigesteur, caricature Gladys Sandwidi, « c’est une aubaine pour nos populations rurales ». Et pour cause, explique-t-elle, « au sein du ménage, celui qui a le biodigesteur peut s’autosuffire et pourquoi pas revendre le surplus de production, de composte pour se créer des revenus ». Ce qui fait passer cette technologie adaptée au monde rural à « un tout » en un à ses yeux.

Le biodigesteur, « tout un système intégré » qui permet de « vivre mieux au village »

Avec « la production énergétique à partir des sources fossiles ne peuvent plus être disponibles autant que nous l’aurions souhaité », le doute ne traverse pas l’esprit du Premier ministre Christophe Dabiré. C’est là selon lui le signal qu’« il faut amorcer très rapidement la transition énergétique » en se tournant vers les énergies renouvelables pour renforcer les capacités de production et de distribution.

Lassina Zerbo, secrétaire exécutif de l’Organisation du traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), parraine pour la deuxième fois consécutive la SEERA. Face aux « défis énergétiques (qui) demeurent une contrainte pour la transformation structurelle », contraignant les Etats à développer d’autres sources d’énergies – celle nucléaire étant exclue – le géophysicien se réjouit de constater que les autorités de son pays, l’un des plus ensoleillés du continent avec plus de 3 000 heures de soleil par an, ont misé sur le solaire en construisant la centrale solaire photovoltaïque de Zagtouli d’une puissance de 33 Mégawatts.

« On n’a pas besoin d’aller loin. Chacun a une lampe solaire dans tous les coins reculés du Burkina », relève l’ingénieur. Les intervenants à la tribune s’accordent de dire qu’il y a là de quoi attirer les investisseurs afin de soutenir le développement durable du secteur de l’énergie. « La transition énergétique est une ambition majeure et passe par le choix des politiques qui prennent en compte l’innovation », concède Bachir I. Ouédraogo.

C’est dans l’optique d’atteindre d’ici 2020 une puissance de 1 000 mégawatts, un taux d’accès national à l’énergie de 45%, un taux d’électrification rural de 19% et une part de 50% des énergies renouvelables dans le parc énergétique national que la loi 014-2017/AN visant la promotion des énergies, des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique a vu le jour le 20 avril 2017. Pour Lassina Zerbo, l’implication pour « faire en sorte que chacun ait la lumière » vaut amplement le coût. « La lumière ramène la paix, le développement de l’énergie nous aidera à faire avancer les choses pour un Burkina prospère, émergent ».

La troisième édition de la SEERA a pour pays invité d’honneur le royaume du Maroc qui a mis en place  « une stratégie volontariste et ambitieuse dont le principal pilier est le développement des énergies renouvelables ». Avec son programme d’électrification rurale global (PERG), vante l’ambassadeur Farhat Bouazza, son pays a pu porter le taux de 14% en 1990 à 98% actuellement. C’est fort d’ «une politique électrique cohérente et industriellement bien pensée » avec pour pilier principal le développement des énergies renouvelables (hydrauliques, éolienne et solaire), poursuit-il que son pays a pu se « positionner comme l’un des pionniers de la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique  en Afrique ».

Avec le programme national de biodigesteur, Gladys Sandwidi et ses collaborateurs proposent de « vivre mieux au village ». Elle explique : « Pour les besoins de la cuisson, la femme ne va plus aller parcourir des distances pour couper le bois avec tous les risques qu’on connait. Il y a l’éclairage donc les enfants vont étudier aisément les soirs. C’est tout un système intégré. Le ménage peut se créer des revenus à travers l’embouche. C’est vraiment vivre mieux au village. Tu as tout et puis tu es à l’aise au village. Tu n’as rien à envier à ceux de la ville ».

Oui KOETA

Burkina24

Oui Koeta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'
.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article du même genre