CPI : Les États-Unis annulent le visa de Fatou Bensouda

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La décision des États-Unis d’annuler le visa de Fatou Bensouda, la procureure générale de la Cour pénale internationale, CPI, n’est pas une surprise. Donald Trump entend ainsi empêcher l’éventuelle ouverture d’une enquête sur des présumés crimes de guerre commis par des soldats américains en Afghanistan.

L’annonce de la révocation du visa de la procureure générale de la Cour pénale internationale, CPI, Fatou Bensouda, par les Etats-Unis a été confirmée par son bureau. « Nous pouvons confirmer que les autorités américaines ont révoqué le visa d’entrée aux États-Unis de la procureure », a assuré le bureau de Fatou Bensouda, dans un communiqué publié ce vendredi 5 avril. Selon le document, cette dernière devrait continuer à « accomplir ses devoirs sans peur ni favoritisme » d’autant plus qu’elle dispose d’un « mandat indépendant et impartial ».

Cette dernière actualité touchant à la CPI pourrait être vue comme un autre revers pour cette juridiction internationale après les acquittements successifs du Congolais Jean-Pierre Bemba et des Ivoiriens, l’ancien Chef d’Etat, Laurent Gbagbo et de son ministre, Charles Blé Goudé.

Déjà en 2017, la procureure Fatou Bensouda avait obtenu des juges de la CPI l’autorisation d’ouvrir une enquête sur des présumés crimes de guerre perpétrés par les soldats américains en Afghanistan.

Les Etats-Unis réalisant le danger de cette instruction contre ses militaires ont annoncé en mars 2019 des restrictions de visa pour tenter d’empêcher l’aboutissement de cette enquête. Le premier avril 2019 dernier, le président de la CPI, Chile Eboe-Osuji, avait appelé le pays de Donald Trump à soutenir la Cour et à adhérer à son traité fondateur, le Statut de Rome.

En effet, même si Washington n’a pas ratifié le texte signé par 123 pays, le CPI dispose des outils juridiques pour engager des investigations. Le Statut de la procureur lui permet d’ouvrir ses propres enquêtes, sans permission des juges, à la condition qu’elles impliquent au moins un pays membre, comme c’est ici le cas avec l’Afghanistan.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU                                                                                                                 

Burkina24

Source : Jeune Afrique

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