Journée nationale du paysan 2019 : Gaoua sera à l’honneur

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Après Kaya en 2017, cap sur Gaoua, cité du « Bafudji » pour la 21ème édition de la Journée nationale du paysan.

Sur la même table, les ministres de l’agriculture, de la recherche scientifique et de l’innovation, des ressources animales et halieutiques, leur collègue de l’eau et de l’assainissement et le représentant du ministre de l’environnement. Au cœur des échanges avec les journalistes, la vingt-unième édition de la journée nationale du paysan.

A cinq jours du démarrage des activités, capitalisation oblige, l’ombre de la Banque agricole du Faso (BAdF), promesse de campagne électorale du chef de l’Etat alors candidat à l’élection présidentielle, plane sur la manifestation. Le lancement officiel des activités de l’institution financière au capital de 14 milliards de francs CFA a été effectué en présence du chef de l’Etat le 29 mars dernier.

« Ça a été une demande des paysans », rappellera, Salifou Ouédraogo, ministre de l’agriculture.  Comme à Kaya, cette année, ils seront 1 040 Burkinabè issus de la paysannerie à pouvoir « dire leurs problèmes (au président du Faso), venir à une foire où ils pourront exposer toutes les réalisations, toutes les bonnes pratiques ».      

Des réalisations « comme dans le cadre du 11-Décembre »

Des réflexions sont en cours sur « la pertinence et la nécessité de procéder à des réalisations (périmètres aménagés, des magasins de stockage, approvisionnement en eau potable, aménagements pastoraux) comme dans le cadre du 11-Décembre », informe le ministre des aménagements hydroagricoles. En plus de la Centrale d’achat et d’approvisionnement en intrants et matières agricoles (CAIMA) prévue pour être « opérationnelle d’ici la fin de l’année », l’idée de la construction d’ouvrages hydrauliques, de productions et de transformations serait quant à elle « en train de se mettre en place ».

Et c’est là où les chercheurs du ministère en charge de la recherche scientifique et de l’innovation, fort de son bilan de 580 innovations en 2018, entrent en jeu. « Nous avons maintenant des solutions, des résultats », confie Alkassoum Maiga.

“Les ministères en charge des questions de développement ont compris que chacun dans son secteur a besoin de l’accompagnement de la recherche scientifique “, Alkassoum Maiga

Et des chercheurs qui en trouvent, il en existe. Seulement, titille-t-il, il leur faut « d’arrêter cette modestie légendaire et d’aller à l’offensive pour qu’effectivement ce qu’ils ont pu avoir comme résultats (paquets technologiques) puisse être mis à la disposition de ceux qui en ont besoin ».

L’agriculture, c’est aussi et surtout la disponibilité de la ressource eau. Avec les changements solaires, les paysans scrutent encore plus longtemps l’horizon avec l’espoir de voir les nuages annonciateurs de la pluie.  A en croire, Niouga Ambroise Ouédraogo, le personnel du ministère de l’eau, qu’il dirige, en a pleinement conscience. Seulement, constate-il amèrement, « le pays est plat ». Conséquence, le potentiel de 2 000 milliards de m3 d’eau qu’il « tente de mobiliser » coule « pour l’essentiel vers l’océan » faute d’absence de « vallées suffisamment profondes pour stocker de façon raisonnable l’eau ».

A ce handicap infligé par la géographie s’ajoutent des « difficultés » de construction des ouvrages à raison des oppositions des populations dont une partie des superficies exploitables sont situées sur le lit des réalisations prévues. « Depuis trois ans, il y a au moins six barrages que nous n’avons pas pu construire à cause des revendications. A la phase études, dès que vous traversez les champs, la brousse, ce sont déjà les problèmes », fait-il savoir.  Alors que, relève Salifou Ouédraogo, il faut « la maitrise totale de l’eau afin de permettre de rallonger le cycle de production, de permettre de produire trois fois dans l’année ».

Le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques est bien au parfum des «paquets technologiques» qu’offrent les chercheurs du Centre National de Recherche Scientifique et Technologique (CNRST). Eux qui arrivent à permettre l’amélioration des rendements en fournissant des semences améliorées, en apportant des intrants et matières agricoles à travers la centrale d’achat pour « permettre que les exploitations familiales soient professionnelles et qu’ils (paysans) puissent produire de telle sorte que si nous mettons à l’échelle 100 000 producteurs, que nous puissions rapidement atteindre l’autosuffisance alimentaire ».

Oui KOETA

Burkina24

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