JNP 2019 : Les efforts des acteurs du secteur agricole reconnus

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141 acteurs du développement rural ont vu leur mérite reconnu ce vendredi 26 avril 2019 à Gaoua, cité du Bafuji (source de vie en langue birifor). Ces hommes et femmes l’ont été au nom des efforts qu’ils fournissent pour nourrir les habitants du Burkina Faso.  

La région du Sud-Ouest qui accueille la 21e édition de la Journée nationale du paysan (JNP), c’est ce territoire de 16 533 km2 frontalier d’avec le Ghana et la Côte d’Ivoire et qui a un « patrimoine forestier impressionnant avec 133 700 hectares de domaines classés », un « potentiel culturel et touristique reconnu » à l’image du site « des ruines de Loropéni ».

La région est surtout marquée par « une pluviométrie abondante » contribuant ainsi à l’enregistrement « régulier d’une couverture céréalière excédentaire de 4 410 728 tonnes en moyenne par an ». A cela s’ajoutent des « ressources hydrauliques abondantes » et un potentiel de bas-fonds aménageables d’environ 85 000 hectares dont « seulement 5 000 ha » le sont.

Certaines de ces déclarations du colonel Nitiema Tagséba, gouverneur de la région se laissent vérifier lorsque l’on dévie à Pa dans les Hauts-Bassins en prenant la direction Sud-ouest. Le couvert végétal est bourgeonné dans cette zone. Certains arbres et arbustes qui perdent leur feuillage et n’en retrouvent qu’en début de saison pluvieuse en ont déjà. « C’est une région riche qui vous reçoit », finira par dire le gouverneur.

Parce que l’arbre ne doit pas cacher la forêt, le colonel Nitiema n’est pas passé par quatre chemins pour faire part de la principale menace qui pourrait anéantir les efforts de développement de cette région au « potentiel minier avéré ». « Parmi ces défis, il y a celui fondamental de la sécurisation foncière. Si la région veut positionner l’agriculture au cœur de son développement, le défi urgent de la sécurisation foncière gagnerait à être relevé. La plupart des conflits que nous connaissons dans la région y trouvent leur origine. Sur les 78 cas de conflits enregistrés dans la région en 2018, 59 cas sont liés au foncier », a partagé le gouverneur.

En attendant de lui soumettre leurs préoccupations demain samedi, le millier d’acteurs du secteur rural, « principal levier du développement de notre pays », se sont contentés d’une poignée de main échangée avec le chef de l’Etat. Les plus méritants, 141 exactement, ont vu leurs efforts récompensés par le titre de chevalier de l’ordre du mérite en cette journée spéciale qui leur est dédiée.

« C’est une occasion de plus qui m’est offerte pour témoigner ma reconnaissance aux productrices et producteurs, acteurs de premier rang de notre tissu économique et social. Vous consacrez votre vie à garantir l’un des droits de l’Homme les plus fondamentaux : se nourrir. Recevez la reconnaissance de la nation pour vos efforts et contributions au développement de notre pays », s’est adressé à eux le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Salifou Ouédraogo.

Reconnaissance du mérite de 141 acteurs du développement rural.

Le président de la Chambre nationale d’agriculture ne cache pas sa joie de voir « magnifier les efforts des acteurs du monde rural qui s’investit inlassablement pour assurer l’essentiel de nos besoins alimentaires ». Ce qui n’est pas une fin en soi pour Moussa Koné qui milite pour la prise de « mesures correctives » face à la « perpétuelle régression » des performances du secteur agro-sylvo pastoral halieutique et faunique.

A cette situation vient se greffer le déplacement des populations, ce qui contribue systématiquement à fragiliser leurs moyens d’existence. « Nous essayons de faire le maximum avec les forces de défense et de sécurité de façon à faire en sorte que nous puissions faire reculer ce danger autour de nos frontières de manière à permettre à ces populations de regagner leurs terroirs et de pouvoir occuper leurs champs », a déclaré le chef de l’Etat Roch Kaboré à la fin de la cérémonie avant l’étape visite de l’aire de l’exposition.

Visite de l’aire où des participants à la JNP sont venus exposés leurs produits.

Certes appréciée, l’opérationnalisation de la banque agricole du Faso n’est pas elle non plus une fin en soi pour le porte-parole des acteurs du monde rural. « L’entière satisfaction des producteurs sera atteinte lorsque cette institution arrivera à nous fournir des produits financiers adaptés à nos spéculations et fera véritablement la différence avec les autres institutions bancaires », a-t-il indiqué du haut de la tribune.

C’est pour « donner un nouveau regard à l’activité agricole parce que plus qu’une activité, elle est aussi et surtout un métier, une vocation », explique le ministre de l’agriculture, que le gouvernement a procédé à l’adoption des décrets d’application de la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale halieutique et faunique. Avec l’espoir que « ces textes [incitent] à la mobilisation de la jeunesse du monde rural et académique dont la contribution est attendue pour la transformation structurelle du secteur » rural.

Oui Koueta

Burkina24

  

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