Grèves au Burkina : “Aucun pays du monde ne peut évoluer positivement dans ces conditions”

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L’alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) a analysé l’actualité nationale ce lundi 29 avril 2019 à Ouagadougou. Les mesures de sortie de crise avec les agents du ministère des finances et la question de la fronde sociale ont été passées au peigne fin.

L’alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) a déploré le comportement des agents du ministère des finances qui se sont livrés à un « mouvement illégal » sur une période de plus de trois mois, empêchant les citoyens de s’acquitter de leurs obligations fiscales et « bloquant toutes les opérations budgétaires et financières de l’Etat ».

« Face à cette situation dramatique, et au regard de l’ampleur du mouvement que le gouvernement a été contraint, pour sauver la nation d’un naufrage programmé et d’engager des négociations avec les syndicats du ministère, lesquelles ont abouti à un protocole  d’entente qui  a permis de mettre fin à ce mouvement. L’APMP note avec satisfaction que les mesures prises s’inscrivent dans la légalité, en respectant les dispositions de la loi  des finances 2019, notamment en ses articles 92, 93 et 94.

L’APMP constate également que même si des avantages ont été concédés, leur incidence globale reste maîtrisée, en faisant passer des plus de 55 milliards du précédent fonds commun à peu moins de 20 milliards de FCFA », a déclaré le coordonnateur de l’APMP, Clément Sawadogo. A l’écouter, a l’issue de cette sortie de crise, d’autres acteurs sociaux ouvrent de nouveaux fronts d’agitation sur la base de « comparaisons mécaniques et d’une insuffisante analyse de la situation ». 

« La prise en otage intempestive de l’économie nationale, des années scolaires ou de la santé des populations, ou encore de la justice, pour des motifs catégoriels est inadmissible, et aucun pays du monde ne peut évoluer positivement dans ces conditions », a insisté Clément Sawadogo.

L’APMP lance un appel pressant au calme à l’ensemble des travailleurs de l’Etat, en particulier à leurs organisations syndicales, et les invite à faire preuve d’objectivité en renonçant aux « prétentions exagérément corporatrices et égoïstes ».

Par ailleurs, la majorité présidentielle a affirmé que la loi qui encadre la grève est désuète. Ce qui ne permet pas de sanctionner le type de mouvement utilisé par les agents du ministère des finances. Une nouvelle législation sur l’encadrement de la grève a été souhaitée.

« Il faut que toutes les ressources et tous les résultats de développement profitent à toute la population et non pas seulement pour quelque agents de l’Etat, soit 180 000 travailleurs qui engloutissent 70% des recettes. Si, à la fin du mois de mai les travailleurs n’étaient pas payés par la faute des agents du MINEFID, tous les syndicats sans exception  allaient être dans la rue. C’est ça la vérité. C’est pourquoi il fallait négocier pour  éviter une insurrection populaire. Avec tout syndicat, il faut toujours négocier », a-t-il fait savoir sur la nécessité de négocier.

Jules César KABORE

Burkina 24

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