Burkina : Les administrateurs civils en grève pour 72 heures

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 Les administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs marquent un arrêt de travail de soixante-douze (72) heures pour compter du mercredi 22 mai 2019.

Depuis le 26 avril 2016, le Syndicat national des administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs du Burkina (SYNACSAB) dit avoir déposé sa plateforme revendicative auprès du Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Elle contient la réclamation de l’adoption d’une loi portant institution du corps préfectoral, d’un plan de promotion, d’un décret portant modalités d’exercices de la fonction de secrétaire général de collectivité et la gestion de l’état-civil dans les représentations diplomatiques du Burkina Faso par les administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs.

A ce jour, informe Adama Bidiga, secrétaire général du syndicat, « il est servi aux administrateurs du dilatoire » en lieu et place de la prise en compte des préoccupations à même de permettre de « juguler les problèmes liés à l’autorité de l’Etat, à la mal gouvernance et d’asseoir une administration territoriale forte et efficace ».

Pour les administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs, un renforcement de l’Etat de droit à la base passe par la « restauration » de leur image. Et s’ils en réclament, c’est parce qu’à ce moment précis où il est question de restaurer l’autorité de l’Etat, les dépositaires de l’autorité qu’ils sont se retrouvent « désemparés, déboussolés, délaissés, démotivés face à l’indifférence du premier responsable du département ».

« Les événements de Yirgou et de Zoaga démontrent suffisamment que le Burkina Faso a terriblement mal à son administration du territoire. Le pays est certes gouverné parce que les décisions sont toujours prises depuis le palais présidentiel de Kossyam mais n’est certainement pas administré parce que ces décisions ne sont pas répercutées au niveau déconcentré », déduit-on du côté du SYNACSAB.

Rapportant les échos de la « rupture de la chaîne de commandement » combinée aux « velléités de réformes politiciennes hasardeuses qui risquent de précipiter le pays vers le chaos », les administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs « désemparés, déboussolés refusent d’être les témoins silencieux de [la] politique de destruction de l’administration territoriale et de la fragilisation du tissu social ».

Pour ce faire, ils annoncent un arrêt de travail de soixante-douze heures pour compter du mercredi 22 mai 2019 sur toute l’étendue du territoire qui sera ponctué d’une marche qui partira de la bourse du travail de Ouagadougou à l’immeuble du Faso abritant le ministère de l’administration territoriale le vendredi 24 mai.

« Réhabilitation effective du corps » des administrateurs.

Quel syndicalisme pour la réhabilitation effective du corps des administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs, est le thème interrogateur retenu pour le premier conseil syndical du SYNACSAB. Si les responsables syndicaux en viennent à parler de « réhabilitation effective du corps» c’est qu’« au fil des ans, fait savoir Adama Bidiga, la situation des administrateurs s’est dégradée ».

Venant du « ministère (où) se joue la vitalité de notre démocratie », Fulgence Bayala, commissaire aux comptes manque de mots pour exprimer ce qu’il ressent. Ce qui transparaît dans sa gesticulation. Estimant le problème de la politisation de l’administration « suffisamment présent dans ce ministère », cet administrateur civil, qui a été préfet par le passé, juge qu’« après les réformes entreprises au ministère de la justice, c’est au tour du ministère de l’administration territoriale si nous voulons sortir de l’ornière ».

C’est pour limiter les dégâts, que le syndicat a inclus dans sa plateforme revendicative le souhait de voir adoptée une loi portant institution du corps préfectoral, d’un plan de promotion et d’un décret portant modalités d’exercices de la fonction de secrétaire général de collectivité. « Cette loi devrait pouvoir dépolitiser l’administration du territoire. Vous ne pouvez demander aux administrateurs civils d’apporter leur contribution dans la résolution d’un certain nombre de conflits communautaires et continuer à encourager la politisation du corps », s’agace le secrétaire général du SYNACSAB.

Des SG de mairies, « garçons de courses »

« Il ne faut plus laisser le président du conseil de collectivités continuer à faire du SG de mairies son garçon de courses », réclame le secrétaire général du syndicat.  Pour y mettre un terme, Adama Bidiga propose de travailler à faire adopter un décret portant modalités d’exercices de la fonction qui va donner plus d’autonomie, d’indépendance au secrétaire général de collectivités. Sur ce point précis, ils n’entendent « pas baisser la garde ».

De même que sur le volet gestion de l’état-civil dans les représentations diplomatiques. « Il est inconcevable que dans nos représentations diplomatiques l’on permette que des profanes continuent de gérer l’état-civil », a déclaré Adama Bidiga. Selon le syndicaliste, ce sont les femmes de diplomates qui gèrent l’état-civil. Alors que, déplore-t-il, il y a un « profil adéquat pour mieux faire le travail ». C’est fort de « l’impression que l’Etat a démissionné dans sa politique d’administration du territoire », qu’administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs militent « pour redorer le blason des chefs de circonscriptions administratives » afin de pouvoir « anticiper certaines crises ».

Oui KOETA

Burkina24  

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