Cohésion sociale dans la région de l’Est : Une étude a été réalisée à Diapaga

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Le Groupe de Recherche-Action sur la Sécurité Humaine (GRASH) a organisé une enquête sur la cohésion sociale en avril 2019 dans la région de l’Est à Diapaga. Cette étude a été réalisée à travers le « Projet de renforcement de la résilience à l’extrémisme violent des populations des communes de Diapaga et de Kantchari ». Les résultats ont été divulguées à l’occasion d’un forum à Diapaga.

A Mangou, Kogdangou, Kanda et à Diapaga une enquête menée par le Groupe de Recherche-Action sur la Sécurité Humaine (GRASH) à travers le « Projet de renforcement de la résilience à l’extrémisme violent des populations des communes de Diapaga et de Kantchari » du 03 au 25 avril 2019.

Les discussions étaient organisées avec 16 focus groupes à raison de quatre 4 focus par localités, et 15 entretiens individuels (leaders communautaires, la communauté musulmane, le chef du village, le conseiller, communauté évangélique, conseiller village de développement) avec des autorités locales.

Le forum, qui a lieu  à Diapaga, visait à présenter les résultats de la RAP (recherche action participative) et les engagements pris, permettre aux populations de proposer des idées d’actions SMART sur les problématiques générales (conflits fonciers, justice, relations entre FDS et populations civiles, autres actions de résilience pertinente) et mettre en place un comité de suivi composé de 7 personnes qui sera chargé de suivre la mise en œuvre des actions smart proposées. 

Selon les conclusions des discussions en groupe, les faits les plus récurrents qui défavorisent la cohésion sociale, en plus des problèmes fonciers (43%) et des problèmes agriculteurs et éleveurs (43%), ce sont autres problèmes (14%) notamment politiques, d’eau potable, la méfiance des uns envers les autres et les conflits de chefferie.

Concernant les solutions pour garantir la cohésion sociale dans la localité, la population de Diapaga a proposé d’abandonner les champs qui sont dans l’aire de passage des animaux, délimiter les zones de pâturage et les zones réservées pour l’agriculture, faire des boules pour abreuver les animaux, faire des sensibilisations sur la cohésion sociale, accompagner les jeunes dans leurs projets, faire des rencontres entre agriculteurs et éleveurs en début de saison de pluies.

Pour savoir si la population de Diapaga a recours à la justice pour résoudre les litiges, il est ressorti dans 67% des focus groupes que la population n’a pas recours à la justice pour résoudre les problèmes qu’elle rencontre. Pour certains (30%), les juges sont corrompus et il est difficile d’avoir confiance en eux et que la justice,  « c’est pour les riches ».

Par contre, les résultats des entretiens individuels ont indiqué qu’en cas de problème, le premier recours est l’autorité traditionnelle, citée par 42%, suivie de l’autorité locale selon 39% des populations et la justice est en dernière position avec 19%. L’étude a voulu comprendre si la population locale était satisfaite du rapport avec les forces de défense et de sécurité.

Il ressort dans l’ensemble des entretiens en groupe qu’il y a une bonne collaboration entre les forces de défense et de sécurité (FDS) et la population (78%) contre 22%. Les reproches érigés à l’endroit des FDS sont qu’elles ne sont pas à la hauteur pour résoudre les problèmes entre les agriculteurs et les éleveurs.

Pour une bonne cohésion sociale à Diapaga, l’étude a révélé qu’il faut mettre en place un comité de sensibilisation sur la cohésion sociale, accepter de se pardonner et écouter les conseils des personnes âgées.

Tout comme à Kantchari, l’enquête a révélé que toutes les composantes de la population expriment la volonté de s’engager à travers des actions communautaires pour renforcer la cohésion sociale, ce qui contribuerait à réduire leur vulnérabilité à des maux tels l’extrémisme violent et le terrorisme.

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