Cameroun : L’ONU évoque une situation humanitaire « urgente »

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Le Cameroun était au cœur d’une réunion informelle inédite du Conseil de sécurité, le lundi 13 mai 2019, à l’issue de laquelle, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock a reconnu que ce pays était en bute à une urgence qui nécessite « d’accroître l’aide humanitaire et à la financer », a-t-il déclaré.

La crise au Cameroun avec ses 500 000 déplacés internes inquiète la communauté internationale. A en croire le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock, « un Camerounais sur six a besoin d’aide humanitaire, de protection », soit 4,3 millions de personnes, notamment des enfants et des femmes, a-t-il affirmé avant de poursuivre en indiquant que « huit régions sur les dix du pays sont touchées par la crise humanitaire ». Cette session convoquée par les Etats-Unis s’est tenue contre le quitus de Yaoundé et des membres africains du Conseil.

Le spectre d’une crise humanitaire se profile à l’horizon au regard des rapports d’ONG dont notamment le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group. En vingt mois, le conflit a fait 1850 morts.

En réaction, le gouvernement camerounais pondait un communiqué dans lequel, il relativisait l’importance de la réunion de l’ONU qui selon lui consistait juste à un « échange de vues » et n’engageait « en rien » son Conseil de sécurité. Toujours selon le document gouvernemental, cette initiative de l’ONU démontre  « l’obsession de certains pays et autres acteurs à agiter et exagérer le spectre d’une crise humanitaire » au Cameroun « dans le vain espoir de susciter une intervention dite humanitaire ».

Selon Anatolio Ndong Mba, l’ambassadeur de Guinée équatoriale, membre non permanent du Conseil et s’exprimant également au nom de l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire, les deux autres pays africains de cette instance, la situation humanitaire au Cameroun « n’est pas une menace pour la paix et la sécurité internationales » et « elle doit être gérée par le gouvernement camerounais », a-t-il déclaré, ajoutant que « ce sont les Africains qui doivent régler les problèmes africains », au travers de leurs organisations organisations régionales « pour autant que les autorités camerounaises le souhaitent », a-t-il précisé.

Kouamé L.-PH. Arnaud KOUAKOU/Burkina24

Source : Jeune Afrique

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