Rencontre gouvernement/Syndicats : Ce que l’UAS a dit

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La rencontre gouvernement/syndicats, qui devrait avoir lieu ce 21 mai 2019, s’est terminée en queue de poisson. Les syndicats ont posé un préalable avant le démarrage du dialogue. Le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré, dans un tweet, a regretté cette situation et a souhaité une reprise des négociations “dès que possible”.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Messieurs et Mesdames les Ministres,

Camarades Secrétaires généraux des organisations syndicales,

Messieurs et Mesdames les journalistes.

Permettez-mois, au nom de l’Unité d’Action Syndicale, de saluer l’ouverture, enfin, ce jour 21 mai 2019 de la rencontre Gouvernement/Syndicats, au titre de l’année 2017 et qui se tiendra autour du cahier de doléances déposé le 1er mai 2017.

La présente rencontre, tant attendue par le mouvement syndical, fait suite à celle de l’année 2016 qui s’est déroulée, faut-il le rappeler, du 24 janvier au 1er février 2017.

Excellence Monsieur le Premier Ministre !

Inutile de vous rappeler, l’Etat étant une continuité, que la traditionnelle rencontre Gouvernement/Syndicats est une rencontre annuelle, sensée se tenir au cours du dernier trimestre de chaque année. Comme nous l’avons indiqué dans notre correspondance, jusqu’en 2017, les rencontres annuelles Gouvernement/Syndicats se sont régulièrement tenues autour des cahiers de doléances de l’année en cours. Mais nous observons que depuis 2017, le Gouvernement ne s’est plus préoccupé de rencontrer les organisations des travailleurs alors que les autres rencontres (secteur privé, paysans, jeunes, … se sont régulièrement tenues.

Nous estimons que les travailleurs et leurs organisations méritent plus de considération, ne serait-ce que pour notre contribution à l’échec du putsch de 2015 du RSP, ce qui a permis le rétablissement de l’ordre constitutionnel et l’élection du pouvoir MPP à la présidentielle du 29 novembre 2015 ! Notre indignation est d’autant plus grande que des demandes d’audience introduites par l’UAS sont restées sans suite.

Comme vous le savez, cette absence de rencontre en 2017 nous a conduits à ne pas déposer de cahier de doléances en 2018 et en 2019. 

Le manque de considération à l’égard du mouvement syndical s’est encore illustré   tout récemment par le report de la présente rencontre (prévue initialement pour le 20) sans aucune explication.

Par ailleurs, nous observons une tendance du gouvernement à   fouler au pied les engagements pris avec les organisations syndicales.

Le cas de l’IUTS prélevé sur les primes et indemnités servies aux travailleurs du privé et des établissements publics et parapublics de l’Etat est illustratif de cette attitude contraire à l’esprit du dialogue social tant chanté par le Gouvernement. En effet, surprise de constater que le Gouvernement a fait inscrire le prélèvement de l’IUTS sur les primes et indemnités servies dans le public dans la loi de finances 2017 (votée le 15 décembre 2016) sans aucune concertation préalable avec les organisations syndicales sur cette question qui faisait pourtant l’objet de discussions entre les deux parties, l’UAS avait été contrainte d’évoquer cette question comme un préalable lors de l’ouverture de la dernière rencontre Gouvernement syndicats le 24 janvier 2017.

Permettez-moi de rappeler à cet effet, cet extrait du Communiqué final de la rencontre Gouvernement/Syndicats au titre de l’année 2016 qui s’est achevée le 1er février 2017 : « les organisations syndicales de travailleurs ont posé, comme préalable à la poursuite des négociations, que le Gouvernement donne une réponse satisfaisante à la question relative à l’impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) prélevé sur les primes et indemnités servies aux travailleurs du privé et des établissements publics et parapublics de l’Etat.

A l’issue des discussions sur ce sujet, le Gouvernement s’est alors engagé à maintenir le statu quo en ce qui concerne les fonctionnaires et à convoquer d’ici la fin février 2017 une session extraordinaire du cadre bipartite Gouvernement / Syndicats pour examiner les conclusions du Comité bipartite créé à cet effet. Au cas où les conclusions nécessiteraient une révision de la loi de finances, cela sera fait à la prochaine session de l’Assemblée nationale au mois de mars 2017. »

Excellence !

Aujourd’hui, plus de deux ans après, le constat est amer car la situation de l’IUTS prélevé sur les primes et indemnités servies aux travailleurs du privé et des établissements publics et parapublics de l’Etat est restée en l’état ! D’autres vieux dossiers qui tiennent à cœur l’UAS, tels que le Code du Travail, le check off, les permanents syndicaux traînent depuis de nombreuses années.  Comment peut-on construire dans ces conditions un dialogue social crédible et fécond ?

En tout état de cause, pour protester contre cette attitude du Gouvernement qui évoque régulièrement le dialogue social et dans la pratique fait le contraire, l’Unité d’Action Syndicale exige, comme préalable à l’examen du cahier de doléances de 2017, le traitement de la question relative à l’IUTS prélevé sur les primes et indemnités servies aux travailleurs du privé et des établissements publics et parapublics de l’Etat.

Je vous remercie.

Pour l’Unité d’Action Syndicale :

Le Président de Mois des Centrales Syndicales,

Yamba Georges KOANDA

Secrétaire Général /USTB

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