Forêt de Kua : « C’est tout à fait normal que les acteurs réagissent » (Remis Dandjinou)

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Au point de presse du gouvernement, ce jeudi 23 mai 2019, trois ministres étaient face aux Hommes de médias. Remis Fulgance Dandjinou, avant de répondre aux questions portant sur l’actualité nationale, a laissé la parole à ses collègues en charge de l’éducation nationale, Pr Stanislas Ouaro, et de la santé, Dr Léonie Claudine Lougué/Sorgho.

C’est le ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales qui a été le premier à se jeter à l’eau. Son intervention a porté essentiellement sur la mise en œuvre des instructions du Conseil des ministres du 30 avril 2019, les préparatifs des examens et la situation des écoles fermées.

Concernant le premier point, le Pr Stanislas Ouaro, a indiqué que suite au mot d’ordre de boycott lancé par la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE), le Conseil des ministres a pris des mesures visant à finaliser la rédaction du projet de statut valorisant et apurer le traitement des indemnités et actes de bonification d’échelon à titre exceptionnel accordé au personnel occupant les emplois spécifiques du ministère avant le 31 mai 2019.

1.933 établissements fermés, 326.152 élèves et 9.042 enseignants affectés

Il a salué les « belles performances » au niveau de ces dossiers. Le ministre a également félicité les syndicats réunis autour de la CNSE « pour leur hauteur de vue, leur esprit de sacrifice et de patriotisme qui a permis aux différents acteurs d’arriver à des consensus qui permettront de sauver l’année scolaire, en témoigne la levée de tous les mots d’ordre pour compter de ce jour ».

Par rapport aux préparatifs des examens, « à ce jour, les jurys sont constitués pour tous les examens et les numéros de procès-verbaux sont attribués aux candidats », a-t-il dit. Le budget des examens de la session 2019 est de 14.536.685.184 F CFA.

 En 2018, il était de 14.475.738.055 F CFA. Malgré des difficultés liées à l’acquisition des matériels et des consommables, le ministre a rassuré que les épreuves seront disponibles dans les centres d’examens suivant les délais.

La situation des écoles fermées a aussi été dressée par le premier responsable en charge de l’éducation nationale. A la date du 17 mai, au total 1.933 écoles et établissements post-primaires et secondaires ont été fermés. 326.152 élèves et 9.042 enseignants sont affectés par cette situation, selon le ministre. Face à cette, le gouvernement a élaboré une stratégie de scolarisation de élèves des zones à forts défis sécuritaires.

Grève du SYNTSHA : « Ces morts ne sauraient survenir si… »

Le Professeur de Mathématiques a ensuite cédé la place à sa collègue en charge de la santé. Le département du Dr Léonie Claudine Lougué/Sorgho est en pleine ébullition, une situation marquée par la grève du 21 au 25 mai décrétée par le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA). Cette grève sera suivie d’un boycott des gardes et permanences du 25 mai au 3 juin pour exiger la satisfaction de sa plateforme revendicative.

A écouter la ministre, deux cas de décès ont déjà été signalés, un enfant à Ouagadougou et un nouveau-né à Mogtédo, probablement à cause de cette grève. « Ces morts ne sauraient survenir si les partenaires sociaux et nous, on s’était entendus. Et on a foi qu’on va se comprendre, on va s’entendre. Je ne considère pas cela comme étant un échec que tous les syndicats de la santé aillent en grève », a-t-elle formulé.

Par ailleurs, « nous nous sommes employés à ce que dans les 13 régions il y ait un minimum de continuité de soin dans les services vitaux, les services d’urgences. Le service minimum est une stratégie pour que les gens puissent avoir les soins. Si le public est dépassé, que les privés qui acceptent nous accompagner, puissent prendre en charge les patients », a fait savoir Dr Léonie Claudine Lougué/Sorgho.

Forêt de Kua et cas Djibrill Bassolé

Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés avec le ministre Remis Dandjinou. « Pour ce qui est du site (forêt de Kua), il y a eu différentes polémiques autour. Aujourd’hui, il y a eu différents sites qui ont été proposés. D’autres ont été acceptés, d’autres ont été refusés. Ce site-là, il a été celui qui a été plus ou moins retenu par les acteurs. Maintenant, il y a le processus qui doit permettre de déclasser cette forêt-là. On ne présage rien.

Mais, si au final, le ministère de l’environnement nous dit que ça va être difficile, puisqu’il faut une étude d’impact environnemental, le gouvernement tranchera. Mais, je pense que, pour l’instant, c’est ce site qui a été celui qui acquiert l’accord de tous les partenaires. C’est tout à fait normal que les mouvements de défense de l’environnement se mettent en place, que les acteurs réagissent. Cela montre la vivacité, le dynamisme de notre démocratie et surtout l’importance de la participation citoyenne dans la gestion de l’Etat », a-t-il dit sur la question du déclassement d’une partie de la forêt de Kua.

Pour ce qui est du cas du Général de Gendarmerie, Djibrill Bassolé, Remis Dandjinou s’est voulu bref et précis : « Je sais qu’il a été évacué et qu’il est revenu. Pour le reste, je lis, comme vous, des éléments dans les médias, des prises de positions des acteurs. Ce n’est pas plus que ça. Si effectivement son conseil médical et ses avocats estiment qu’il y a nécessité à ce qu’il soit ré-évacué quelque part, il va l’être. Je n’y vois pas pourquoi cela va poser un problème aujourd’hui. De toute façon, les conditions et les garanties sont prises pour qu’il puisse répondre devant la justice ».

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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