Education nationale : Vers un redéploiement du personnel pour « éviter des déserts administratifs »

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Sur le chemin du redéploiement du personnel dans le cadre de sa démarche pour « éviter des déserts administratifs », le ministre de l’éducation nationale peut compter sur le concours de celui de la fonction publique à travers le secrétariat permanent de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance.

« Mathématiquement parlant, en appliquant la règle d’un enseignant par classe, aucun déficit de personnel ne devrait se poser. Mais la réalité est tout autre. A côté de la pléthore d’agents constatée dans certaines structures, on assiste parallèlement à un manque de personnel dans d’autres », a déclaré ce dimanche 26 mai 2019 lors d’une réunion de cabinet le Pr Stanislas Ouaro, ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales.

Le professeur agrégé de mathématiques s’est appuyé sur les données collectées dans le cadre d’un recensement géographique du personnel et de description des postes de travail avant la phase redéploiement du personnel du ministère. A l’issue de la collecte des données, au niveau du formel, l’on dénombre au préscolaire 928 enseignants pour 461 salles de classe et au primaire 68 088 enseignants pour 50 124 salles de classe. Quant au niveau du non formel les effectifs font état de 942 formateurs pour 554 centres de formation pour adolescents et 5 680 formateurs pour 3 094 centres pour adultes.

Répartition des enseignants du primaire en classe selon le nombre de classes

La présentation des résultats a été faite par Jacques Sosthène Dingara, secrétaire permanent de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance. Le recensement a permis de recenser 170 247 agents (97 040 hommes et 57 086 femmes). 39 064 agents soit 22,95% des effectifs sont localisés dans la région du Centre. « Cela peut paraître paradoxal. Ça nous a aussi étonné. Habituellement, par rapport aux données théoriques, on dit qu’il y a 50% des agents qui sont à Ouaga. Mais ce n’est pas une réalité », rétablit Sosthène Dingara. 

Ils sont au total 68 088 enseignants du primaire à se retrouver « effectivement » dans les 50 124 classes du primaire recensées sur toute l’étendue du territoire. Au secondaire, ils 16 121 agents, soit 10 200 professeurs de l’Etat, 1 783 Professeurs du programme emploi-jeunes pour l’éducation nationale (PEJEN), 959 stagiaires, 62 SND et 3 117 vacataires. Du recensement, il ressort que la région du Centre-est avec ses 10 012 agents soit 10, 49% contre 9 989 agents pour la région du Centre, renferme le plus gros effectif du MENA.

« Le processus n’est pas encore achevé mais les résultats provisoires obtenus sont interpellateurs. On note d’emblée une inéquitable répartition des agents de votre département avec une grande concentration dans les centres urbains ou les chefs lieu de région, pendant qu’on enregistre un déficit dans les zones rurales, commente le ministre de la fonction publique. C’est même d’ailleurs la même tendance qui a été observée au niveau des autres ministères qui se sont soumis à l’exercice », a indiqué le Pr Séni Mahamoudou Ouédraogo. 

Ils ont deux jours pour trouver le meilleur mécanisme pour un redéploiement du personnel au ministère de l’éducation nationale.

« Beaucoup flanchèrent et certains résistèrent »

Ces données viennent confirmer les résultats auxquels était parvenue l’Assemblée nationale à l’issue de l’enquête parlementaire menée en avril 2017. Il en ressort que le personnel était « suffisant au niveau du primaire mais mal réparti, mal employé » et « concentré dans les grands centres aussi bien dans les écoles que dans les bureaux ».

Dans sa recherche de « solutions pour éviter qu’une partie des enfants de ce pays ne soit laissée au bord de la route parce qu’il n’est pas normal qu’ils ne puissent pas bénéficier de l’éducation et évoluer comme les autres enfants des autres régions de notre pays », le gouvernement peut compter sur le monde enseignant malgré la complexification de la situation qui a abouti à la fermeture de nombreux établissements scolaires pour raison d’insécurité.

Et même si cela peut « paraître incongru qu’un Premier ministre se trouve à un conseil de cabinet d’un département ministériel », selon ses propres mots, Christophe Joseph Marie Dabiré a fait le déplacement du secrétariat permanent du Programme de développement stratégique de l’éducation de base (PDESB) pour témoigner de sa solidarité avec le monde de l’éducation qui a payé un certain tribut au terrorisme. Mais aussi féliciter ces femmes et hommes qui continuent d’« assurer la présence de l’Etant dans les zones les plus difficiles ».

« C’est un choix délibéré pour soutenir le monde de l’éducation qui a continué à travailler malgré l’adversité, qui a continué à assurer la présence de l’administration sur le territoire national, félicite le chef du gouvernement. A travers vous (enseignants), j’adresse mes félicitations et mes encouragements à tous les représentants de l’Etat qui continuent à travailler dans ces zones malgré les difficultés que nous connaissons ».   

Avant lui, le Pr Stanislas Ouaro, pour trouver les mots justes dans son appel à la résistance contre l’obscurantisme que veulent imposer les terroristes, s’est adressé au personnel enseignant en se référant à l’hymne nationale : « Beaucoup flanchèrent et certains résistèrent. Mais les échecs, les succès, la sueur et le sang, ont fortifié notre peuple courageux et fertilisé sa lutte héroïque, vers l’horizon du bonheur. »

Oui KOETA

Burkina 24

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