CHU dans la forêt de Kua : Appel à «ne pas politiser ce projet social de haute facture»

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Les déclarations médiatiques ont fait la place aux marches de soutien et de désapprobation autour du choix du site de la forêt de Kua pour y construire le futur Centre hospitalier universitaire. L’association pour le développement de la région des Hauts-Bassins, beaucoup plus réservée, appelle à la « prudence » en attendant les résultats de l’étude d’impact environnemental que le gouvernement a été obligé de commanditer.

L’affaire est loin d’être close. « L’hôpital sera bel et bien construit à Kua », tient mordicus le Mouvement citoyen pour le développement de Bobo. Ses membres ont manifesté leur volonté de voir sortir de terre le Centre hospitalier universitaire de Bobo-Dioulasso sur le site de la forêt classée de Kua qui pose « un problème qui divise les populations » ce jeudi 30 mai 2019.

Une contre-marche est annoncée pour le samedi 1er juin. La marche de ce jeudi intervient quatre jours après une conférence de presse organisée dimanche 26 mai 2019 par le Mouvement pour la Protection de la Forêt de Kua (MPFK) créé par le député Moussa Zerbo. Elle avait été émaillée par l’intervention sur les lieux de celle-ci par des habitants de la capitale économique favorables, eux, à la construction du CHU sur le site de Kua.

En conférence de presse ce jeudi 30 mai 2019 à Ouagadougou, l’association pour le développement de la région des Hauts-Bassins invite « les fils et filles du Burkina Faso à Bobo-Dioulasso à rester calmes en évitant toute confrontation inutile » et à « savoir raison garder en ne politisant pas ce projet social de haute facture qui bénéficiera à tout un chacun ».  

 Du choix du site, sujet à « problème »

Avant de s’exprimer sur le projet de construction du centre hospitalo-universitaire, don de la République populaire de Chine, une délégation de l’association pour le développement de la région des Hauts-Bassins, conduite par son président Michel Soungalo Sanou, a au préalable effectué le déplacement du site à problème mercredi 22 mai. Un compte rendu sera fait au bureau exécutif à la date du 26 mai lors d’une réunion tenue à Ouagadougou.

« Le Bureau exécutif relève à l’unanimité que l’importance d’une infrastructure de la trempe de cet hôpital n’est plus à démontrer », a rapporté ce jeudi 30 mai 2019 le président de l’association qui marque au passage sa « détermination sans faille à voir le projet de l’hôpital se réaliser à Bobo-Dioulasso »

En plus de la visite sur le site de la forêt de Kua, la délégation de l’association s’est également entretenue avec le maire de Bobo-Dioulasso. De ces échanges, il ressort que l’édile a reçu une lettre émanant du ministère de la santé portant sur le choix d’un site pour la construction d’un hôpital par la Chine Taiwan. Lors du discours sur la situation de la nation, le Premier ministre Christophe Dabiré avait indiqué que trois ou quatre sites avaient été proposés. Ce sont Borodougou, Belle-ville, Leguema, Banakeledaga et celui de Kua localisée dans la forêt classée.

Mais, « étant entendu que le premier site de Borodougou choisi par la Chine Taiwan ne convient pas à la Chine populaire, le maire (qui a montré le site de Borodougou à la République populaire de Chine qui ne l’a pas retenu) s’est ainsi mis à rechercher d’autres sites pour répondre au ministère de la santé », rapporte Soungalo Sanou. De là est parti le choix du site de la forêt de Kua qui était « à la convenance de la République populaire de Chine ». Site dont le choix sera entériné par le conseil municipal de la ville qui donnera « un avis favorable » en réponse au ministère de la santé.

« Neutres », les membres du bureau exécutif de l’association pour le développement de la région des Hauts-Bassins se refusent d’« influencer la population en faisant comme les politiciens qu’il faut tel ou tel site ». Ils optent pour la « la prudence » en attendant les résultats de l’étude d’impact environnemental et social qui détermineront leur position. C’est alors que l’association « se donnera les moyens de droit pour que les intérêts des populations soient sauvegardés au plan social, environnemental, économique, sanitaire et sécuritaire ».

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