Les méditations du pénitent │ Ramadan, mois de la solidarité, et après ?

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Ceci est une chronique animée par l’imam Halidou Ilboudo à l’occasion du mois de Ramadan

« Celui qui donne de quoi rompre à un jeûneur obtient la récompense d’un jeûne sans que cela diminue le salaire du jeûneur » Hadith

« La meilleure aumône est celle faite en ramadan » hadith

« Cherchez le paradis ne serait-ce que par la moitié d’une datte » hadith

Ces propos du prophète Mohammad (SAW) ont fécondé la riche tradition de l’iftar qui est d’offrir le repas de la rupture. Ainsi donc, on voit en ramadan des individus, des bonnes volontés et des organisations caritatives s’activer à donner à manger dans les mosquées, les quartiers et dans les familles.

Rompre le jeûne à la mosquée devient alors aisé pour le besogneux et l’indigent quand bien même tout le monde en profite. La solidarité musulmane et la fraternité islamique sont bien visibles en ramadan par les quantités de sucre, de dattes, de vivres véhiculées. Les préceptes de partage sont mis en application dans les lieux de rupture où chacun partage son repas avec son frère. Ceux qui sont dispensés définitivement du jeûne paient pour chacun jour manqué une mesure de céréales. A la fin du mois, elle trouve son couronnement dans la zakat el fitr ou aumône de la rupture qui sanctionne la fin du jeûne : cette aumône est prélevée sur tout sujet musulman même sur l’enfant né avant l’apparition du croissant. L’objectif est de fournir assez de vivres aux familles démunies car le prophète a dit « épargnez aux pauvres la mendicité le jour de la fête ».

Ramadan fascine par cette organisation de la solidarité à tel point que les non musulmans apportent aux parents, amis et connaissances de quoi les accompagner ; céréales, dattes, sucres, boissons.

Tout serait parfait si malheureusement les bonnes œuvres ne s’arrêtaient pas dès le mois fini. Les pauvres qui avaient besoin de quoi rompre en ramadan vivent toujours avec nous hors du ramadan. Il est vrai qu’il y aura des familles qui auront assez et auront mis quelque chose de côté mais les plus nombreux ne bénéficiaient des largesses qu’au jour le jour et se retrouveront coincés la fête passée. Et plus personne ne pense à eux !

Et pourtant un des objectifs du jeûne est de nous faire partager la dure expérience de la faim et de la soif pour mieux penser à ceux qui les vivent quotidiennement. Et l’objectif du partage en ramadan est de nous entrainer à continuer durant le reste de l’année. Ne jamais oublier que ramadan est une école : celle des vertus et du bon comportement. Alors si la solidarité s’arrête à la porte de ramadan, c’est que nous n’avons pas bien saisi l’objectif éducationnel du jeûne.

Ou bien encore c’est notre obsession du paradis (paradis dont on va parler bientôt) qui nous conduit ainsi. Comme il est promis Arrayane(haut lieu du paradis réservé aux jeûneurs) aux jeûneurs et le paradis à ceux qui donnent à rompre aux jeûneurs, et qu’on n’a rien dit sur ceux qui leur donnent à manger les autres jours de l’année, nous avons déduit que cela n’est pas important.

Mauvaise déduction car il y a plus de textes qui parlent d’aider son prochain chaque fois que de besoin alors qu’il n’y a que 2 ou 3 textes qui parlent de ramadan. Et si notre solidarité est juste un calcul (j’aide mon frère juste pour le paradis), le chemin pour nous d’atteindre à la piété semble toujours loin. Qu’Allah nous aide. Bonne suite de ramadan !


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B24 Opinion

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