Algérie : la dure expérience du vide constitutionnel

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Le successeur du président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika ne sera pas connu de sitôt. Le Conseil constitutionnel algérien a annoncé ce dimanche 02 juin l’impossibilité de tenir l’élection présidentielle comme prévu le 4 juillet 2019. L’Algérie rentre ainsi dans une période de vide constitutionnel ouvrant la porte à des arrangements politiques.

En l’absence d’élection début juillet, l’Algérie sera sans président constitutionnel et devrait plonger dans un vide constitutionnel.

A ce stade, plusieurs interrogations trottent dans les esprits des autorités militaire et politiques. Notamment à qui confier l’organisation de la transition ?  Qui en seront les interlocuteurs et surtout la question de la place des manifestants affiliés à aucun parti ou organisation de la société civile.

L’association des Oulémas a aussitôt ce dimanche 2 juin 2019 proposé la mise en place d’une instance présidentielle de trois à cinq personnes. D’autres organisations de la société civile s’attèlent à proposer des feuilles de route de sortie de crise.

Certains observateurs, en l’occurrence Mouloud Boumghar, professeur de droit public et spécialiste des questions juridiques en Algérie, estime que la décision du Conseil constitutionnel risque de propulser l’armée dans un rôle de maître du jeu.

« Alors, un des scénarios possibles, c’est celui du dialogue sérieux comme le dit celui qui exerce le pouvoir réel, c’est-à-dire le chef d’état-major, dit-il. Les conditions du dialogue avec le pouvoir réel ne sont pas remplies, notamment de son côté. De son côté, elles tiennent à l’arrêt de la répression, au démantèlement progressif du contrôle sur la société, et deuxièmement il y a aussi autre chose, c’est l’objet du dialogue», a-t-il confié à RFI.

Et de poursuivre : « l’objet du dialogue aujourd’hui tel qu’il est proposé par le chef d’état-major est d’appliquer sa solution à lui. Sa solution à lui est d’aller vers l’élection présidentielle sous son contrôle, sous le contrôle du régime. Ils vont essayer de trouver des interlocuteurs qui vont leur sauver la mise, c’est-à-dire qu’ils vont accepter d’aller à l’élection présidentielle. Et ils vont faire cela par le biais d’un dialogue qui va essayer peut-être de débaucher dans l’opposition ceux qui veulent aller à l’élection présidentielle, et il y en a».

Même si cette disposition n’est pas prévue par la constitution algérienne, selon le Conseil constitutionnel, le chef de l’État pourra convoquer à nouveau le corps électoral et de parachever le processus jusqu’à l’élection du président de la République et la prestation de serment.

Ce vide constitutionnel interprété par Mouloud Boumghar est la conséquence d’une véritable décrédibilisation des institutions.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

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